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Publié le 16/11/2020 - Par Guillaume Trécan

Pierre Le Ber (Edenred) : « trouver des partenaires qui vont pouvoir nous accompagner dans la durée »

Le directeur achats du spécialiste des solutions transactionnelles au service des entreprises Edenred déploie un programme de digitalisation des process achats en s’appuyant sur une méthodologie agile à laquelle son parcours dans l’informatique la familiarisé.

Comment la direction des achats d’Edenred accompagne-t-elle les objectifs stratégiques du groupe ?

La fonction achats chez Edenred a été créée il y a moins de quatre ans pour relever le défi de traiter à l’échelle globale les besoins des différentes filiales du groupe. Edenred est une entreprise dont les filiales sont, par nature, très autonomes. Elles ont besoin de réactivité et d’agilité localement pour se développer. Il y a malgré tout un certain nombre de besoins communs avec un marché fournisseurs global. C’est le cas par exemple des achats de cartes à puce, de papier sécurisé pour nos titres papier ou d’IT. Sur certaines catégories, il est intéressant de mutualiser les besoins pour s’adresser à des fournisseurs mondiaux. Massifier nos achats nous permet de bénéficier d’effets de volume, d’avoir de meilleures conditions et de développer des partenariats.

L’objectif n’est pas de couvrir tous les achats du groupe mais d’adresser en priorité les besoins globaux avec un marché fournisseur global. Nous devons rester agiles pour apporter de la valeur aux business units quand elles en ont besoin et ne surtout pas freiner les Opérations. Nous intervenons sur des catégories standards avec un marché fournisseur au moins continental. Notre rôle consiste à proposer un cadre, notamment contractuel, mais aussi à challenger les besoins.

Qu’achète Edenred ?

L’IT représente la majeure partie de nos achats (software, abonnements Saas…) pour lesquels l’intérêt de mutualiser est immédiat. Nous intervenons notamment sur tout ce qui est réseau et sécurité au niveau du groupe. Edenred gère un volume d’affaires de 31 milliards d’euros par an, ces achats sont donc importants. Nous achetons aussi de l’hébergement, des services professionnels et beaucoup de Saas. Certains services IT en revanche sont plus locaux, nous négocions essentiellement des conditions pour le siège. Les achats directs sont une autre partie importante, où nous mettons en place avec nos partenaires globaux ou régionaux des contrats cadre pour que les filiales à travers le monde puissent s’approvisionner auprès de nos partenaires aux meilleures conditions.

Quel est l’impact de la crise sur la fonction Achats d’Edenred ?

Au niveau des Achats nous avons été extrêmement vigilants. Nous avons appelé nos partenaires pour mieux connaître leur situation et faire en sorte que nous traversions au mieux cette période, ensemble. Sans être coercitifs, nous avons essayé de faire en sorte que nos partenaires nous accompagnent du mieux qu’ils pouvaient. Nous nous sommes évidemment adaptés également, et n’avons pas demandé les mêmes efforts aux grandes ESN ou aux petites sociétés en difficulté. Nous avons privilégié au maximum la réduction des périmètres d’intervention plutôt que l’arrêt des prestations.

Comment se traduisent les nouvelles ambitions placées par le groupe dans la direction des achats et son programme de transformation ?

L’un des axes sur lesquels nous travaillons est la digitalisation des process et la mise en place d’outils propres à faciliter la vie de nos utilisateurs. Nous avons commencé par la partie bons de commandes, ce qui nous permet de mieux connaître nos dépenses. Mettre en place un système de demande d’achats dans lequel l’utilisateur doit exprimer un besoin lui permet aussi de prendre un peu de recul par rapport à sa demande.

Notre méthode consiste à avancer progressivement en commençant par faire la preuve du concept au siège, avant de le déployer en Europe avec des pays qui sont demandeurs dans la foulée du déploiement de notre ERP (Oracle). Nous fonctionnons par itération. Je viens de l’IT et je suis familier avec cette méthodologie agile. Le but étant de démarrer et d’améliorer le process au fur et à mesure.

La suite naturelle sera la numérisation de la facture avec rapprochement automatique entre l’ordre d’achats, le bon de réception et la facture. Nous remonterons ensuite le process vers la partie Source to Contract pour proposer un outil à la communauté d’acheteurs que nous sommes en train de constituer. Nous pourrons alors rajouter une couche supplémentaire pour passer à l’analyse de dépenses.


EN CHIFFRES

Chiffre d’affaires : 1,6 Md d’€ en 2019

Effectif total : 10 000 collaborateurs dans 46 pays

Volume des achats : 400 M d’€

Effectif achats : 10 personnes

Publié le 16/11/2020 - Par Guillaume Trécan

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