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Etude RSE

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Publié le 30/06/2021 - Par Guillaume Trécan

Observatoire Gesat : les Esat et EA doivent encore évoluer pour effacer les séquelles de la crise

La crise a durement frappé le secteur du travail protégé et adapté. Habitué à développer de nouvelles activités pour suivre les besoins de ces clients, les Esat et EA ont les ressources nécessaires pour réagir. Mais les pratiques achats doivent également évoluer vers plus d’ouverture.

La quatrième édition de l’Observatoire économique national des achats responsables auprès des Prestataires Esat-Ea affiche un taux de participation en hausse de 30 % par rapport à l’édition 2018, avec 856 répondants, dont 550 entreprises clientes et 306 acteurs du secteur adapté et protégé, Esat et EA. C’est un beau succès d’estime pour ce secteur du STPA représenté en France par 1 400 Esat et 850 EA qui emploient 150 000 personnes en situation de handicap et cumule un chiffre d’affaires de 2,4 milliards d’euros. Mais derrière ce chiffre macroéconomique se cachent des situations individuelles parfois délicates, dans la mesure où seules 22 % des entreprises du STPA ont eu un chiffre d’affaires stable ou en augmentation en 2020. C’est 62 points de moins qu’en 2018. Et en effet, côté client, 46 % des grandes entreprises et ETI et 36 % des PME interrogées par le Gesat déclarent avoir baissé leurs achats aux STPA à cause de la crise Covid.

Certains secteurs de prédilection des Esat et EA ont été particulièrement touchés par la crise, le secteur restauration hébergement et services touristiques, par exemple, dans lequel 34 % des Esat ont développé des activités, ou encore le secteur événementiel et séminaires, où elles sont 12 % à être actives. D’autres ont tiré leur épingle du jeu, comme les 11 % d’entreprises du STPA qui ont développé des activités de logistique, picking et e-commerce.

Si l’aide de l’Etat qui, durant six mois, a pris en charge la rémunération de leurs travailleurs, leur a permis de garder la tête hors de l’eau, les entreprises du STPA sont tout de même 27 % à accuser un déficit sur l’exercice 2020 (en hausse de 16 points par rapport à 2018).


Une offre en voie de diversification rapide

Aussi inquiétant que puisse être le bilan 2020, l’étude du Gesat ne manque pas de mettre en exergue les capacités intrinsèques des entreprises du STPA à réagir et à s’adapter. Pour survivre et se développer, elles ont pris de longue date l’habitude de s’adapter en permanence à l’évolution des besoins de leurs clients. Elles affichent en effet un très faible taux de dépendance avec en moyenne 50 % du chiffre d’affaires réalisé auprès d’une vingtaine de clients.

En 2020, malgré la crise, elles sont 77 % à avoir réalisé des investissements (- dix points par rapport à 2018) et 62 % des entreprises du secteur se sont lancées dans une nouvelle activité, un chiffre cette fois en hausse de 12 points par rapport à 2018. Ces investissements ciblent une grande variété de secteurs d’activité : restauration, hébergement et services touristiques (16,9 %) ; production industrielle (14,2 %), conditionnement, logistique et transport (12,6 %) ; production alimentaire (12,6 %) ; énergie, environnement, gestion des déchets (9,3 %) ; nettoyage et entretien (8,7 %) ; communication et marketing (6,1 %)…


Des sourcing encore stéréotypés

Face à tant d’agilité reste à savoir si les clients sauront être à la hauteur et casser leurs a priori. Il y a de quoi douter quand on sait que sept donneurs d’ordres sur dix n’intègrent les entreprises du STPA que dans 20 % de leurs consultations. L’approche du STPA reste en effet très stéréotypée avec trois prestations principales qui demeurent l’entretien d’espaces verts (16 %), le nettoyage (14 %) et le conditionnement, logistique transport (12 %). Suivent les prestations d’impression reprographie (10 %) ; les prestations administratives, en hausse de trois points à 7 % ; les prestations dans le secteur énergie, environnement, déchets en hausse de trois points, à 7 % ; ou encore les prestations IT en hausse de six points à 5 %.

Les pistes pour 2021 ne permettent malheureusement pas de rêver à de grands bouleversements, avec seulement 53 % des donneurs d’ordres qui souhaitent développer leurs achats auprès du STPA, contre 64 % en 2018. Des développements qui profiteront qui plus est en priorité aux prestations d’entretien d’espaces verts et de jardinage (17 %), de nettoyage et d’entretien (13 %) et de services généraux (10 %). L’achat auprès des Esat et des EA est décidément un projet de conduite du changement qui reste à parfaire.

Portrait type des clients du STPA

80 % sont des entreprises du secteur privé

80 % sont localisés dans la même région que leurs fournisseurs Esat et EA

68 % d’entre eux sont des TPE ou des PME

33 % des entreprises positionnent l’insertion et la diversité dans les priorités dans leur politique RSE, ce qui place le sujet loin derrière les enjeux environnementaux qui sont prioritaires pour 53 % des donneurs d’ordres interrogés.

53 % des entreprises ont désigné une personne responsable des relations Esat EA, cette personne étant le plus souvent positionnées dans la direction achats (43 %) ou dans la direction des ressources humaines (20 %) mais aussi dans 15 % des cas rattachés à la direction générale, ce qui représente une progression de dix points par rapport à 2018.

69 % des acheteurs réalisent un reporting relatif aux achats responsables.

Observatoire économique national des achats responsables auprès des Prestataires Esat-Ea

Publié le 30/06/2021 - Par Guillaume Trécan

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