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Publié le 30/01/2020 - Par la rédaction

Future of Procurement : bientôt des robots acheteurs tueurs de paperasse

Le grand rassemblement d’éditeurs organisé par Losam Agency et le CNA en partenariat avec Deloitte à Paris, jeudi 30 janvier a permis de faire le point sur les promesses de l’IA dans les Achats. Si l’IA fait ses preuves sur le processus Procure to Pay, sa pertinence reste encore à prouver sur l’amont du processus achats.

Une règle tacite veut qu’il y ait dans toute conférence sur le digital dans les Achats au moins une image de robot. Future of Procurement n’a pas dérogé à cette règle avec une vidéo sur les angoissants robots quadrupèdes de Boston Dynamics, diffusée dans le cadre de sa prise de parole sur « le potentiel de l’innovation et de l’intelligence artificielle » par le fondateur de la startup Whoz, Jean Philippe Couturier. Que l’on se rassure, les robots tueurs ne sont pas encore pour demain dans les Achats. Pas de robots « Cost Killers » et encore moins de robots tueurs d’acheteurs si l’on en croit la directrice des achats du groupe L’Oréal, Régine Lucas, qui rappelle le credo de son groupe – « mettre l’humain au cœur ». Ce qui se traduit pour les Achats par « un rôle clef dans le fait de faire évoluer les fournisseurs » ; « tout le reste n’est qu’un "enabler" », jure-t-elle en franglais dans le texte.

 

Assistant virtuel

Lorsque Régine Lucas a tendu le micro à sa consœur, Béatriz Mendez, directrice des achats biens et services d’Arkema, celle-ci a toutefois signalé l’intérêt pour les Achats de s’entourer de robots tueurs… mais des tueurs de paperasse. « Dans le Procure to Pay, le digital est une réalité et cela va nous aider parce que c’est un domaine où nous avons encore beaucoup de tâches ingrates », juge-t-elle. Son espoir pour l’avenir : « passer moins de temps derrière nos piles de paperasse et plus de temps avec nos écosystèmes. » Pour avancer sur le sujet, Arkema teste actuellement la version de l’assistant virtuel de l’éditeur Jaggaer… entre autres, puisque Beatriz Mendez précise avec malice qu’en matière de digitale elle est persuadée que « l’avenir sera hybride ».

Chez l’Oréal, la robotique c’est pour très bientôt, avec de premiers projets de RPA (Robotic Process Automation) dès 2021. « Nous avons dans les mains un trésor, toutes les données de dépenses de l’entreprise », explique Régine Lucas, qui rappelle que l’exploitation de cette mine d’or ne peut se faire que sous condition : « il faut prendre la question dans le bon sens : d’abord nettoyer la donnée » et chez L’Oréal, désormais, elle est « propre ».

 

D’abord nettoyer la donnée

Le directeur des achats groupe de Thales, Roque Carmona, le reconnaît, il n’en est pas encore là : « je ne suis pas "clean" au niveau de mes datas », confesse-t-il. Et justement, pour lui, l’intelligence artificielle sert encore essentiellement à nettoyer la donnée. Quant à l’innovation digitale, pour l’instant, il la voit surtout à l’œuvre dans le Procure to Pay et pas assez dans la gestion des relations fournisseurs. Une réalité bien triviale au regard de ses priorités stratégiques. « L’important, explique-t-il, c’est la position des Achats : l’acheteur doit être au niveau de la demande et de la création de l’achat. » Plus que dans ses outils, c’est donc dans la structuration de son organisation achats et dans le management de ses acheteurs que Roque Carmona concentre ses forces. Sur 1 600 personnes aux Achats de Thales, un tiers travaille sur l’amont de l’achat (développement fournisseur, innovation…) et moins d’un tiers travaille sur la négociation.

« Transparence, gains de temps, efficacité, innovation », les promesses de l’IA dans les SI-achat rappelées plus tôt dans la matinée par le directeur général EMEA de Determine, Gérard Dahan, n’ont pas encore fait la jonction avec les priorités des directions achats. Ainsi, Régine Lucas ne s’appuie pas sur ses outils pour mener à bien sa stratégie de « travailler en entreprise étendue », incluant dans le management du groupe les 500 000 collaborateurs employés par ses fournisseurs de rang 1. « Nous sommes en train de partager avec eux la stratégie de L’Oréal. Nous changeons les business modèles avec eux : la stratégie packaging, la stratégie digitale, la réflexion sur des matières premières plus durables, etc », explique-t-elle.

 

Une relation fournisseur humaine avant tout

Encore une fois, c’est un rapport avant tout « humain » qui caractérise la relation de la direction des achats de L’Oréal avec ses fournisseurs et même un rapport individualisé, quand il s’agit de convaincre des fonds de miser sur certains partenaires du groupe. « Les Achats sont un instrument pour trouver les financements, accompagner les fournisseurs et leur montrer dans ces démarches », défend Régine Lucas.

Beatriz Mendez partage aussi cette vocation des Achats « gestionnaires d’écosystèmes ». « Nous allons continuer à travailler sur la bottom line, mais aussi sur la top line », rappelle la directrice des achats d’Arkema, listant ses nouvelles missions : innovation, acquisition de nouvelles pépites, renforcement de la valeur extra-financière de la société, création d’écosystèmes d’économie circulaire, etc. Des missions qui sous-entendent forcément un haut niveau de collaboration avec d’autres fonctions de l’entreprise. Ce que Beatriz Mendez a intégré jusque dans son rapport aux outils e-achat, puisqu’elle a ouvert sa suite Jaggaer à d’autres communautés que les seuls acheteurs et formé 3 000 personnes à son usage.

Publié le 30/01/2020 - Par la rédaction

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