Publicité

Etude

Actualité

Publié le 11/01/2022 - Par La redaction

Etude Agile Buyer-CNA 2022 : Pénuries, hausses des prix, relocalisations, des tendances Achats très attendues.

Rien de tel qu’un bon sondage de fin d’année pour bien démarrer l’année d’après. Nous y sommes ! La désormais traditionnelle enquête AgileBuyer-CNA – 13e édition - administrée en décembre dernier livre aujourd’hui ses premières conclusions. Elles ne détonnent guère : les Achats subissent en effet diverses pénuries, des hausses de prix, des fournisseurs récalcitrants et renoncent d’autant plus à leurs perspectives de réduction des coûts qu’ils doivent aussi reporter des choix décarbonés…

Cette année, l’étude AgileBuyer-CNA Tendances et Priorités des Départements Achats en 2022 enregistre près de 900 réponses contre environ 700 pour la même étude en 2021. C’est une progression significative. Comme tous les ans, cette étude va partir en tournée et fera donc l’objet de nombreux débats au sein de l’association des acheteurs. Voici ici quelques éléments pour les alimenter. Autant le préciser, nous ne les avons pas reformulées. Telles qu’elles nous sont parvenues avec tous leurs chiffres, nous les avons reproduites. Les priorités des Départements Achats en 2022 telles qu’elles ont été identifiées par les promoteurs se résument en quelques points (L’étude complète fait près de 62 pages) :

Une volonté beaucoup plus forte de relocalisation en Europe et en France : Les crises vont pousser 47% des directions achats à relocaliser. C’est 17 points de plus qu’en 2021. Si le prix demeure un frein (13% en 2022 contre 18% en 2021), il est avant tout difficile d’acheter français car certains produits ne sont pas disponibles sur le territoire français (pour 30% des répondants). En 2022, les zones de relocalisation des achats se situeront essentiellement en Europe (à 80%) avant la France (72%).

Nous ne sommes plus dans l’évolution mais la révolution. Ainsi, les ruptures d’approvisionnement et les contraintes sur le bilan carbone poussent les entreprises à relocaliser certaines de leurs activités. La relocalisation est un sujet stratégique et un objectif de plus en plus affirmé car le management du risque nécessite de redéfinir des chaines d’approvisionnement plus robuste, plus agile,notamment en exploitant des filières de proximité et une intégration verticale sous contrôle.

Le secteur de l’automobile est le premier concerné par la relocalisation. Ainsi, 65% des directions achats sont poussées par les crises à relocaliser. Suivent le secteur de la mécanique- métallurgie-équipement-meubles/textiles (59%) et la consommation-distribution (58%).

Une crise marquée par des pénuries : 68% des sociétés sont confrontées à des pénuries. Des pénuries que l’on retrouve dans des secteurs stratégiques comme l’automobile (78% des répondants) ou encore la mécanique/métallurgie- équipements-meubles et textile (75%). Ces pénuries ont eu un fort impact sur les marges de l’entreprise selon 65% des répondants. Les métaux (23%), les matières premières (hors métaux et chimie) (17%) et l’électronique (14%) arrivent en tête du classement des pénuries pointées du doigt par les directions achats. Suivent de près l’Informatique (à 13%) et les transports (à 12%). Ainsi, le manque de semi-conducteurs impacte fortement la production dans le secteur de l’électronique, de l’IT mais également de l’automobile.

Des relations déséquilibrées et/ou défavorables imposées par les fournisseurs : 82% des directions achats ont, selon elles, des relations déséquilibrées et/ou défavorables avec certains fournisseurs. Ils n’étaient que 61% en 2021. C’est une hausse significative de 21%. Et donc un point marquant de cette étude. Pas un seul secteur d’activité n’est épargné et notamment ceux qui subissent la crise de plein fouet : la mécanique-métallurgie, les équipements, les meubles et textiles (95%), l’automobile (95%) et la consommation-distribution (93%).

Les relations déséquilibrées se traduisent par une augmentation de prix : C’est vrai pour l’essentiel des répondants (97%) qui évoquent aussi la menace de rupture d’approvisionnement (83%). Avec cette prédiction des auteurs : si dans le B to B, l’augmentation des prix est forte, demain cela impactera le consommateur final et pourrait entretenir une spirale inflationniste. Seule(s) bonne(s) nouvelle(s) : la déstabilisation et/ou l’intimidation baissent fortement (de 26% à 5%) tout comme les plaintes auprès de l’administration (de 5% à 1%). Ainsi, les déséquilibres des relations entre les directions achats et les fournisseurs semblent ne plus reposer sur des attitudes d’intimidation mais sont liées à la conjoncture avec des effets économiques.

Une sécurisation des approvisionnements toujours d’actualité : 82% des directions achats mettront en place des actions de sécurisation des approvisionnements contre 74% en 2021. La continuité et la sécurisation des approvisionnements sont jugées plus importantes cette année par 45% des directions achats. Du fait des retards de livraison et de la crise des matières premières, 79% des directions achats anticipent des difficultés de livraison avec leurs fournisseurs stratégiques. Ces difficultés de livraison se retrouvent dans les secteurs très dépendants de l’approvisionnement en matières premières et composants électroniques. Les secteurs de la mécanique-métallurgie (à 97%), l’industrie lourde (à 91%) et l’aéronautique-défense (à 86%) sont durement touchés par les difficultés de livraison. Le respect des délais de paiement vis-à-vis des fournisseurs demeure un sujet de préoccupation pour 66% des directions achats qui ne peuvent se permettre de mettre en péril les trésoreries de leurs fournisseurs au risque de ne plus pouvoir acheter auprès de ces derniers. Certaines directions achats soutiennent leurs fournisseurs en leur garantissant un meilleur traitement de leurs factures.

Une baisse historique de l’objectif de réduction des coûts fournisseurs : Seulement 55% des directions achats auront un objectif de réduction des coûts. Jamais cet objectif de réduction n’a été aussi bas. Cela s’explique en partie par le fait que l’objectif premier des achats en période de crise économique et de pénuries des matières premières est avant tout centré sur la sécurité des approvisionnements et une meilleure gestion des risques fournisseurs. Toutefois,des secteurs stratégiques qui subissent la crise de plein fouet comme la défense, l’aéronautique, l’automobile ou l’industrie lourde continueront à réduire les coûts. Ainsi, dans les secteurs de l’aéronautique-défense, 74% des directions achats auront comme objectif premier la réduction des coûts. Il en est de même pour 71% des directions achats dans l’automobile ou 61% des directions achats dans l’immobilier et le BTP.

La négociation reste la première arme des directions Achats : Pour réduire les coûts, la négociation reste incontournable puisque citée à 61% en 2022 contre 53% en 2021), Mais cet objectif de réduction des coûts passe également par un ajustement des spécifications et revues des besoins (51%),une mutualisation/globalisation (40%)ou encore un changement de fournisseurs (39%). Un des plus forts écarts entre 2021 et 2022, concerne l’engagement sur volume qui gagne 11 points (33% en 2022 contre 22% en 2021). Outre la sécurisation des approvisionnements, l’engagement sur volumes auprès des fournisseurs reste un axe fort à la fois dans la réduction des coûts et la gestion du risque fournisseurs.

Une large participation à l’objectif de réduction de l’empreinte carbone : La RSE est à l’honneur dans les Achats. Face aux nouvelles réglementations liées à la neutralité carbone,73% des directions achats participent en priorité à la réduction de l’empreinte carbone inscrite dans la stratégie de l’entreprise. Les enjeux des achats responsables et notamment de la décarbonation sont souvent convergents avec les objectifs de relocalisation (voir plus haut) pour gérer des circuits courts voire éco-circulaires. Enfin, c’est une recherche de cohérence entre son marché, sa territorialité économique et la relocalisation de ses filières d’achats. Si 61% des directions achats des grandes entreprises (plus de 5000 salariés) auront des objectifs achats liés au développement durable ou à la RSE en 2022, contre 57% des ETI et 52% des PME, il est intéressant de noter l’écart entre les années 2020, 2021 et 2022. Ainsi, les plus fortes progressions de ces objectifs achats liés au développement durable ou à la RSE concernent les TPE (50% contre 30% en 2021), PME (52% contre 38% en 2021) et ETI (57% contre 49% en 2021). A noter toutefois un résultat surprenant : 77% des directions achats ne mesurent pas l’empreinte carbone de leurs fournisseurs.

Le Made in France ou Achat local pas forcément suivi : Bien qu’acheter Made In France ou plus local soit une volonté de la part de certaines directions achats, 69% des entreprises ne suivent pas ce pourcentage d’achats français ou local. A noter encore : 54% des directions achats ont des contraintes pour acheter du Made in France (contre seulement 32% en 2019 et 45% en 2020). Enfin, 61% des directions achats considèrent le Made In France(ou achats locaux)dans leurs critères d’attribution business, contre 47% en 2021. Cette progression s’explique en partie par les leçons de la crise. Une plus grande proximité des fournisseurs est un gage de réactivité et implique des frais de transports moins onéreux avec un meilleur bilan carbone.

Des directions achats attendues sur leur contribution au chiffre d’affaires : La performance des directions achats est toujours évaluée en priorité sur les économies réalisées (60%). Mais si les directions achats sont encore attendues sur les économies réalisées, le virage stratégique de la fonction semble définitivement acquis. Ainsi, entre 2020 et 2022, les attentes des directions générales sur des économies réalisées par les directions achats chutent de plus de la moitié(55% en 2020 contre 26% en 2022). La crise actuelle ne ferait qu’accélérer le processus de la perception de la fonction achats au sein de l’entreprise avec en ligne de mire un rôle de business partner. Les directions sont 19% à être attendues sur la contribution au chiffre d’affaires (contre 8% en 2021), 19% sur la RSE (contre10% en 2021). A noter : plus de la moitié des directions achats (54%)auront un objectif d’augmentation du taux de la couverture achats en 2022. Ce qui veut donc dire qu’une partie des Achats n’est pas complétement sous le contrôle de la fonction Achat.

Le rattachement Codir/Comex progresse toujours : Comme en 2021, 62% des directions achats sont rattachées au président du Codir/Comex. Elles le sont plus encore dans des secteurs jugés stratégiques avec des achats souvent plus matures comme l’automobile (80%) ou l’aéronautique-défense (74%).

La digitalisation s’accélère : les outils collaboratifs arrivent en tête des outils qui impactent les directions achats. Ils concernent 54% de ces dernières. Après les outils collaboratifs, 36% des outils liés à l’automatisation des tâches (RPA,) impactent également les directions achats tout comme la data (pour 30% d’entre elles). L’ensemble de ces outils sont avant tout utilisés à 63% pour le reporting et la performance suivi par le sourcing (52%), l’approvisionnement (48%) et le contract management (44%).



Méthodologie

L’étude AgileBuyer - Conseil National des Achats (CNA), « Les priorités des Départements Achats en 2022 », a été réalisée entre le 16 novembre et le 2 décembre 2021 via un questionnaire en ligne adressé à un panel ciblé de personnes exerçantdans les Achats,tous secteurs confondus. En tout, ce sont 893 professionnels ont répondu à cette étude intégralement (la majorité des réponses partielles n’ont pas été prises en compte). Il s’agit donc d’un panel qui reflète bien la fonction, dont les réponses permettent de déterminer les tendances du métier et les priorités.


Quelques graphes valent peut-être mieux que mille mots









Publié le 11/01/2022 - Par La redaction

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play