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Publié le 13/09/2021 - Par François-Charles Rebeix

Edito 100% web #13 : Une rentrée en lunettes roses

Une rentrée en lunettes roses ? Pourquoi pas vertes ? Oui, aussi, pourquoi pas ? Les Achats ont basculé massivement dans les impératifs – que personne ne peut nier – de la transition écologique. La crise Covid est toujours là mais à l’heure où il faut espérer qu’elle se résolve enfin, il peut y avoir bien des envies de repeindre l’actualité d’une couleur moins sombre qu’elle ne l’est peut-être en réalité. Mais revenons aux chiffes et aux dates pour tenter d’éclairer les semaines à venir.

Optimisme raisonné

En matière économique, il y a des lignes de force qui n’ont pas beaucoup évolué durant l’été : les tensions sur les prix des matières premières – acier, bois, agricoles, énergies, composants électroniques – restent élevées de mêmes que les prix des transports internationaux. Se sont ajoutées, à mesure que la reprise s’affermissait, les difficultés à recruter dans certains secteurs d’activité, les services notamment. Tout ceci est connu et largement documenté d’autre part.

Plus près de nous, et dès les premiers jours de la rentrée, notre Médiateur, Pierre Pelouzet, a repris son bâton de pèlerin, pour ne pas dire son antienne, à propos des règlements fournisseurs et des délais de paiement : payez et le plus tôt sera le mieux. Les acheteurs auront compris que le message s’adressait à eux sinon aux financiers de leurs entreprises qui continuent, semble-t-il, de tenir très fermement les cordons de la bourse. A rapprocher de ce contexte toujours aussi surréaliste d’argent abondant et pas cher tandis que tous les observateurs semblent guetter le moment où les taux commenceront à remonter et où l’inflation viendrait (à dose homéopathique ?) irriguer un peu ces masses de crédit en circulation… Pour l’heure, l’inflation constatée était, cet été, de 5,4% aux Etats-Unis et de 2,2% en Europe. Ce n’est pas encore ici que l’activité donne des signes de surchauffe (PIB à -3% en 2020 par rapport à 2019). Pourtant, certaines projections circulent : toujours en zone euro, les coûts de productions auraient progressé, à la fin du 1er semestre, de près de 10% et l’inflation attendue serait plus près de 3,3% à terme. Au-dessus des objectifs de la BCE (2%). En attendant, le Médiateur a repoussé l’hypothèse « du mur de faillites annoncé par certains. ». La fin du quoiqu’il en coûte ? Même pas peur !

Chiffres à l’appui

Tombés là encore au beau milieu de l’été, les premiers chiffres des résultats du CAC 40 pour le 1er semestre 2021 ont confirmé le rebond de l’activité. Ainsi, selon le cabinet de conseil PwC France, les chiffres d’affaires auraient progressé de 20,6% par rapport à 2020 (672 milliards pour le panel étudié soit 37 sociétés) tandis que les résultats nets dépasseraient les 58 milliards d’euros contre 44 en 2020. Le retard de chiffre d’affaires est de moins de 3% tandis que la progression des profits est plus conséquente (30%) … Ce dernier chiffre est à rapprocher, même sans rapport direct, du recul des faillites de 27.6% sur un an entre juillet 2020 et juillet 201 selon une note de la banque de France). Résultats en hausse, défaillance en baisse, l’exécutif s’auto-congratule de ses mesures de soutien à l’économie mais annonce dans le même temps la fermeture du guichet… Les mesures de soutien devraient s’estomper sinon disparaitre tout à fait. Elles se dilueront sans doute dans les différents chantiers de relance qui, eux, restent tout à fait d’actualité.

Volontarisme

La période électorale qui s’annonce ne devrait pas signer la fin du volontarisme économique d’Etat. Mais en attendant le résultat des élections allemandes (le 26 septembre prochain) qui nous donneront quelques indications sur ce qu’il sera possible de faire ou pas en Europe, les quelques candidats déclarés à l’Elysée en 2022 promettent déjà beaucoup. Argent public, relocalisations industrielles, territoires, salaires feront partie des mots clés. A noter que le lointain ministre du Redressement productif (entre temps devenu entrepreneur), Arnaud Montebourg revient affronter celui qui lui succéda à Bercy, Emmanuel Macron, devenu depuis Président de la République et qui devrait logiquement solliciter sa réélection. A l’époque réunis dans le même creuset, il n’est pas exagéré de dire qu’ils avaient aussi de solides divergences. Pourquoi les évoquer ici ? Parce que le ministère de l’Economie, sous ses diverses appellations, peut être considéré comme le ministère de tutelle des… Achats. C’est bien aujourd’hui encore dans les couloirs de Bercy que se discutent les enjeux de futures politiques industrielles. Le CNA (Conseil National des Achats) ne ménage pas ses efforts pour le faire valoir. De son temps (2012-2014), Arnaud Montebourg n’affichait pas beaucoup de considération pour les acheteurs. Son départ rapide de Bercy ne nous avait pas permis d’en parler plus avant. La parution de son livre L’engagement (Grasset, novembre 2020) devait nous fournir une nouvelle opportunité. Las, la Covid a sans doute bouleversé agendas et priorités malgré une sollicitation en bonne et due forme. Un jour, peut-être... Il n’empêche, dans cet ouvrage, il revient sur ses deux ans et les efforts que lui et ses équipes ont produit au service d’entreprises en difficulté. C’est détonnant sinon toujours convaincant. L’écrire ici c’est uniquement pour susciter le débat. En aucun cas manifester une quelconque proximité avec ses convictions politiques.

Calendrier resserré

A côté de ces grandes échéances, retenons quand même que le calendrier des Achats s’annonce particulièrement riche ces prochaines semaines. Le coup d’envoi, ce sera ce jeudi 16 septembre avec les Trophées de Décision Achats, notre confrère, qui organise - avec le CNA - chaque année un vote suivi d’un évènement pour désigner les décideurs de l’année. Le 21 septembre, cette fois en région, à Nantes, la chaire Audencia Achats et Innovation Digitale soutenue par Axys Consultants dévoilera les premiers résultats de son observatoire dédié aux outils du SI Achats, Sirius. Le 29 septembre, ceux qui ont manqué la présentation de l’étude Insideboard et son baromètre du succès de la digitalisation des Achats auront droit à une session de rattrapage. Du 5 au 7 octobre, ce sont des salons cette fois qui ouvriront leurs portes : le SDAET (Salon des Achats et de l’Environnement de Travail) et le Salon Solutions e-Achats d’ouvrir concomitamment leurs portes (Parc des Expositions Porte de Versailles). Leurs organisateurs respectifs espèrent oublier leurs déboires de 2020 (reports ou manifestations quasi désertes). A noter que le salon e-Achats y fêtera aussi ses 20 ans avec un programme copieux de tables-rondes.

Des tables rondes et des échanges tout aussi dynamiques sont aussi au programme des HA Days (Républik) prévus les 14 et 15 octobre prochain à Deauville avant un Gala des Achats de clôture mi-décembre à Paris. Entre temps, le 21 octobre, ce sera au tour du duo Losam-Deloitte pour un webinar FOP 2 (Future of Procurement 2e édition de l’année) qui sollicitera à nouveau le soutien des éditeurs du SI Achats. Mais le clou de la saison devrait être les Universités des Achats, le grand événement solo du CNA, qui annonce un programme nourri de conférences on Iine (plus prudent ?) du 22 au 26 novembre prochains. Les thèmes de la table ronde inaugurale résument à seuls tous les enjeux Achats du moment : la compliance, un levier stratégique pour les Achats ? Souveraineté des Achats : avons-nous vraiment la main ? Enjeux de la décarbonation : quelle contribution pour les Achats ? Prometteurs. Retrouvez tous ces évènements sur la page Agenda du site. A suivre...



Publié le 13/09/2021 - Par François-Charles Rebeix

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