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Publié le 17/10/2021 - Par La rédaction

De la Charte au Label : vers un parcours national des achats responsables

Délais de paiements, énergie, matières premières, plan Industrie, achats responsables, Bercy ne manque pas de fers au feu. Le 11 octobre, le secrétariat d’Etat chargé de l’Economie sociale, solidaire et responsable, le Médiateur des entreprises et le CNA (Conseil National des Achats) ont présenté ensemble le Parcours national des achats responsables qui conduit de la charte au label Relations fournisseurs et achats responsables en passant par un outil d’autodiagnostic en ligne. Voilà des achats bien encadrés…

La détermination de l’Administration de faiblit pas : les achats seront responsables… Il y aujourd’hui pas moins de 2 200 organisations privées et publiques qui ont signé la charte Relations fournisseurs responsables (RFR) et 62 (seulement) labellisées « Relations fournisseurs et achats responsables » (RFAR). La Charte, lancée en 2010 et création commune de la Médiation et du CNA, s’inclura désormais dans un Parcours national des achats responsables. A cette occasion, elle devient la Charte Relations fournisseurs et achats responsables.

Cette dénomination alignée, charte-label, traduit bien les objectifs de ses promoteurs : il s’agit bien de « renforcer la solidarité entre les entreprises » et que cela se traduise aussi par la transformation des signatures de charte en démarche de labellisation. Signer ne suffit plus… Cette première étape ne traduit qu’un engagement, labelliser c’est engager plus profondément son entreprise ou son organisation. C’est être en mesure de prouver ce que l’on avance. Le 11 octobre, jour même de sa présentation, 11 acteurs publics et privés ont déjà signé la nouvelle charte RFAR.

Achats à impact positif

Décerné par le Médiateur des entreprises et le Conseil national des achats, adossé à la norme ISO 20400, le label Relations fournisseurs et achats traite spécifiquement de l’équilibre et de la qualité des relations entre donneurs d’ordre et fournisseurs pour garantir des achats « à impact positif », autrement dit intégrant une (très) large palette de critères : performance économique et compétitivité, intégration de critères environnementaux et sociaux, responsabilité et ancrage territorial, culture de médiation, etc. Voilà aussi l’ensemble du dispositif porté par les pouvoirs publics. Les grands donneurs d’ordre du privé y seront sans doute sensibles mais tous les opérateurs du secteur public ne pourront que s’y inscrire…

Les créateurs du Parcours ont pensé à tout : ils ont créé dans la foulée un outil d’autodiagnostic qui sera disponible sur la plateforme www.Impact.gouv.fr dans les prochaines semaines. Ses concepteurs l’annoncent « simple et pédagogique, [pour] permettra d’éclairer les dirigeants de structures privées comme publiques sur ce que recouvrent concrètement les achats responsables ». Le dispositif leur donnera surtout la possibilité de situer le niveau de maturité de leur entité. Au fil des questions, il devrait faire ressortir les acquis que les organisations ont déjà sur le sujet des achats responsables et surtout leur donner envie de faire acte de candidature au label.

Pouvoirs publics engagés

A noter qu’en mars 2021, Pierre Pelouzet, le Médiateur des entreprises avait remis à Olivia Grégoire, secrétaire d'État chargée de l'Économie sociale, solidaire et responsable, un rapport avec 39 recommandations pour le développement du label Relations fournisseurs et achats responsables (voir La Lettre des Achats, 39 propositions pour imposer le label Relations fournisseurs et achats responsables). Ce développement passait notamment par l’engagement des acteurs publics sur la voie de la labellisation afin de donner plus de crédibilité et de notoriété à ce label. Une des mesures phares de cette évolution consiste à atteindre l’objectif de 80% des achats de l’Etat labellisés d’ici fin 2022. Plus que jamais, le secteur public montre son emprise sur la vie des entreprises. Mais celles-ci ne devraient pas être en reste pour démontrer leurs (bons) résultats en termes de responsabilité sociétale et environnementale.

« La richesse des éléments analytiques apportés par l’outil d’autodiagnostic » pour reprendre l’expression de Jean-Luc Baras, Président du CNA (mais surtout Directeur des Achats d’Eiffage), si elle est démontrée et utilisée, ne pourra que les y aider. L’annonce de cette plateforme d’évaluation est sans doute l’élément le plus importation de cette communication des pouvoirs publics. Puissent aussi les différents acteurs de l’écosystème Achats (conseils, formateurs, éditeurs de plateformes logicielles) s’en emparer pour la faire vivre.


Photo Le Médiateur des entreprises

La Charte Relations fournisseurs et achats responsables

Pésentation de l'outil d'autodiagnostic RFAR

Publié le 17/10/2021 - Par La rédaction

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