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Publié le 18/06/2020 - Par Guillaume Trécan

Covid-19 : Une nouvelle étude souligne l’état d’urgence pour les Achats

L’ADRA, le cabinet de conseil Buy Your Way et la Médiation des entreprises viennent de dévoiler les résultats d’une étude sur l’impact de la crise Covid-19 sur les chaînes d’approvisionnement et sur les pratiques achats. Coup de projecteur sur l’intensité de l’action des Achats depuis le 15 mars, une intensité propre à susciter des espoirs de repositionnement stratégique pour la fonction, mais qui met parfois en lumière ses lacunes.

Menée dans un premier temps sous forme de sondage en ligne entre le 12 et le 26 mai 2020 (61 réponses provenant de 60 entreprises, essentiellement des grands groupes), puis sous forme d’entretiens (25 responsables achats) entre le 13 mai et le 4 juin 2020, cette étude rappelle bien sûr l’impact majeur de la crise sur les chaînes d’approvisionnement (cité dans 64 % des cas) et la montée du risque, avec 57 % des répondants « d'accord » ou « tout à fait d'accord » pour dire que cette crise a entraîné l'identification de nouveaux risques liés aux achats. Il faut croire que les répondants qui ne se reconnaissent pas dans cette affirmation avaient listé le risque de pandémie dans leur cartographie. Pour autant, ils n’ont pas tous une parfaite connaissance de leur chaîne d’approvisionnement, puisque 62 % du panel avoue des lacunes en la matière.


Quelles compétences pour gérer les risques

C’est sans doute pour cela que 81 % du panel de ce sondage place la gestion du risque en tête des nouvelles compétences privilégiées en termes de "hard skills". À ce sujet, un responsable achats d’une entreprise du secteur de la transformation des matières premières cité en verbatim précise le manque à combler : « la gestion des risques ne devra plus seulement être traitée en "hard" via des outils, mais être intégrée en "soft" dans le rôle de l’acheteur. Ce sera grâce à son comportement que la gestion du risque pourra être gérée de manière efficace ou non. »

Et cette compétence de l’acheteur c’est principalement dans le dialogue qu’elle devra s’exprimer, mais pas seulement avec ses fournisseurs, comme l’affirme la directrice des achats de Covéa et présidente de l’Adra, Sylvie Noël. « Quand nous avons des fournisseurs dont le ranking passe en quelques jours de cinq à un, ce ne sont pas les directions métiers ni les DG qui le voient. Il faut le factualiser et le montrer tout de suite », explique-t-elle, avant de rappeler l’urgence pour les directions achats de « faire preuve de pédagogie pour expliquer ce qu’est un fournisseur critique et comment on doit le gérer. »

Si le dialogue avec les fournisseurs et les parties prenantes internes ressort de l’étude comme la principale clef de la réussite des Achats dans la crise, une hypothèque plane sur ce qu’il en restera dans quelques mois. Le fait est que 95 % du panel estime que cette crise a permis des collaborations renforcées avec les fonctions stratégiques de l’entreprise (64 % « tout à fait d’accord » ou « d’accord ») ; 85 % du panel affirme ainsi avoir collaboré de façon renforcée avec la direction financière ; 85 % avec la direction juridique et 79 % avec la direction des ressources humaines. Mais ceux qui pensent que cette expérience induira un repositionnement durable de la fonction sont déjà un peu moins nombreux : seuls 44 % se disent « tout à fait d’accord » ou « d’accord » avec cette hypothèse.

Certains verbatims mettent d’ailleurs en lumière des situations contrastées en la matière. Un responsable achat du secteur agroalimentaire déplore notamment ne pas avoir « eu du tout d’interaction avec le comité de direction », avant de déplorer : « les contacts se sont effrités ».


Gare aux injonctions contradictoires

Cette autre citation d’un responsable achats du monde du luxe donne une idée des pressions que vont devoir subir les Achats dans les mois à venir, avec la montée en puissance des fameuses « injonctions contradictoires : « la collaboration avec les services juridiques s’est fortement renforcée et nous a permis une grande réactivité. Cela a été plus compliqué avec la direction finance et comptabilité, du fait de devoir à la fois protéger notre compte de résultats et les fournisseurs. »

« La notion de risque versus la notion de coût va être à expliciter, notamment aux comités de direction et aux directions métiers », confirme Fanny Bénard, co-fondatrice du cabinet de conseil en achats responsables Buy Your Way. Mais si l’on suit Sylvie Noël, il est urgent d’agir pour combler d’éventuelles lacunes en termes de dialogue en interne. « La nature humaine a une propension à l’oubli extrêmement importante. Nous avons une fenêtre de tir éphémère. Nous allons très vite revenir dans un quotidien où toutes les bonnes choses que nous avons pu faire seront oubliées », s’alarme-t-elle avant d’avancer un conseil très opérationnel : « nous allons tous construire nos budgets durant l’été. Etayons les avec des éléments factuels de carence que nous avons pu identifier et proposons des plans de progrès. »


Impacts présents et futurs de la Covid-19 sur les chaînes d’approvisionnement et les pratiques achats

Publié le 18/06/2020 - Par Guillaume Trécan

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