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La Lettre des Achats - Septembre 2011 N°197
Septembre 2011

Tendances

Chronique

Vert comme une orange

Par François-Charles Rebeix fcrebeix@lettredesachats.fr

Vert comme une orange

De crises en crises, économiques ou écologiques, la conversion au mieux disant environnemental semble générale et le mouvement inéluctable Alors, osons ! Réduction des consommations, réduction de l’empreinte carbone, réduction des coûts, même combat. Les achats ne se dopent plus seulement aux vitamines, mais se mettent au vert. Le développement durable – parce que c’est bien de cela dont il s’agit – permet aussi aux achats de se (re) mettre dans la course à l’innovation. C’est ce que nous ont confirmé les plus récentes enquêtes sur le sujet (BearingPoint-Essec versus Ecovadis-HEC Management), dont nous nous sommes fait ici géné­reusement l’écho (voir " La Lettre des Achats" n° 195 – juin et "La Lettre des Achats" n° 196 – juillet-août). Mais cette fois, finis les statistiques imparables, les commen­taires implacables, les données forcément confidentielles (et stratégiques, bien sûr), les yeux fixés sur la ligne verte des… Vosges. Pour notre dossier de rentrée, il fallait du vrai, du tangible. Des réalisations concrètes.

Nous avons ainsi défini trois terrains d’applications : l’écoconception (approche ­industrielle visant le produit et/ou le service), l’écogestion (maîtrise des consommations) et l’écosocial (solidarité). Dans ces trois domaines, démonstration est faite de l’implication des achats dans la recherche de nouvelles solutions, de nouveaux fournisseurs, dans la captation d’innovations. Pas (trop) de langue de bois (un matériau déjà plus écologique que le plomb encore en vigueur dans les services communi­cation). Bref. Les achats ne font pas tout. Marketing et R & D restent largement à la manœuvre, mais, déjà, nous pouvons réentendre les expressions « intégration en amont », « coopération », « approche transversale », « coût total de possession ». Toutefois, le glossaire achats ne cesse de s’enrichir pour nous proposer d’autres ­appellations (seront-elles durables, sans éclipse ?) : « équipe radar innovation inside/outside » (Danone), « coïnnovation et développement durable achats » (Renault), « achat social en mode projet » (BPCE). Au-delà des modes d’organisation, des obstacles subsistent : la limite des offres fournisseurs, celle des consommateurs face aux surcoûts (mais qui tendent à se réduire au fur et à mesure de l’arrivée à maturité des produits ou des process), des modes coopératifs (comment les généraliser ?), des modèles d’évaluation de la contribution elle-même des acheteurs. Sur ce plan, les entreprises doivent peaufiner leur approche. Il manque encore des « indicateurs de performance durable » (à ajouter au dictionnaire des achats).
Toujours dans la série « Les achats progressent », cette nouvelle étude, mondiale, signée cette fois par AT Kearney (voir page 8). Septième du genre depuis 1992, date de son lancement, l’édition 2011 (165 réponses) laisse apparaître une forte motivation des troupes : 41 % des répondants estiment que leur fonction bénéficie désormais d’un statut équivalent à celui de la finance, du marketing, des ventes ou des opérations. Ils n’étaient que 30 % en 2008, comme en 2004. De même, 40 % considèrent leurs missions largement diffusées et acceptées dans leurs entreprises. Ils n’étaient que 19 % deux ans plus tôt. Reflet de cette progression, voici aussi les nouveaux sujets porteurs : développement de stratégie par familles, animation d’équipes plurifonctionnelles, gestion du risque…
Une progression qui pourrait peut-être favoriser une plus grande mobilité pour les acheteurs : les directions commerciales auraient plus changé d’entreprises ou de services en 2010 (25,3 %) que les directions achats (19,3 %). C’est une enquête ­badgée MobiCadres qui l’affirme. Le phénomène n’est pas nouveau. Alors, parmi les bonnes résolutions de rentrée, c’est dit, on change ?

Par François-Charles Rebeix fcrebeix@lettredesachats.fr

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