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La Lettre des Achats - Juin 2011 N°195
Juin 2011

Tendances

Chronique

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Par François-Charles Rebeix fcrebeix@lettredesachats.fr

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Avant les achats, vous faisiez quoi ? Après les achats, que ferez-vous ? Voilà en gros le thème de notre dossier management du mois. Nous sommes régulièrement interpellés sur l’origine professionnelle des dirigeants achats. Derrière cette préoccupation, plusieurs questions : comment inscrire un parcours achats dans une carrière ? Un savoir-faire achats est-il monnayable sous d’autres cieux ? À l’inverse, une expérience achats préalable est-elle nécessaire pour exercer de hautes fonctions dans ce domaine ?

Nous avons une nouvelle fois mis à contribution notre Top 200 des organisations achats pour dessiner le portrait type du directeur achats d’aujourd’hui. Dans une écrasante majorité (!), c’est un homme (87,5 % des réponses), un quadragé­naire (51,5 % des effectifs) qui, d’ailleurs, rajeunit puisque l’âge moyen ressort à 47 ans contre 49 ans en 2007. Les profils ingénieurs dominent toujours (52 % des réponses) alors que les diplômés d’écoles de commerce reculent (15 % contre 22 % deux ans plus tôt). Des résultats qui viennent un peu contrecarrer des idées reçues. Un double mouvement de financiarisation des affaires et de désindustrialisation des entreprises contribuerait à privilégier davantage les formations initiales en ­économie ou commerce. Apparemment non. À noter encore : sur l’ensemble des ­patrons achats du Top 200, 15 % sortent de formations capées (Polytechnique, Centrale, Supelec, ESCP…) et seulement 18 % ont un diplôme spécialisé (MAI, Desma, Cesa HEC Management, etc.). Il y a eu un formidable appel d’air dans les achats. La fonction s’est fortement professionna­lisée, diversifiée. Elle a su se rendre attrayante à la fois pour des candidats venus d’autres horizons et pour des fonctions attirées par les qualités présumées des pros de l’achat : sens du dialogue et de la négociation, capacité à remettre en cause des habi­tudes, pratique du mode projet, goût du leadership, envie d’entreprendre et de ­développer… C’est ce qui ressort de notre enquête auprès de plusieurs d’entre vous. Même si d’autres travaux montrent que les directeurs achats bougent moins que leurs homologues commerciaux : 19,8 % des premiers auraient connu un changement opérationnel ou fonctionnel en 2009, contre 28,4 % pour les ­seconds (source : MobiCadres 2010).
Il faut toujours combattre les idées reçues. Parmi celles-ci : le développement ­durable peine à trouver son application dans les achats. Là aussi, nous avons mené l’en­quête : les postes de responsables achats se multiplient. Ce n’est pas un hasard. Vous lirez ici, en avant-première, les résultats de la 6e édition de ­l’Observatoire des achats BearingPoint-Essec-Novamétrie-Microsoft. Thème de cette année : « Les achats durables, mythe ou réalité ? » Plus de trois cents directeurs des achats européens ont été sollicités. Ils sont 77 % à opter pour la deuxième hypothèse, mais les réponses cachent encore des perceptions différentes. En France, les professionnels sont 75 % à considérer que les achats durables constituent une réalité tangible. Outre-Rhin, ils ne seraient que 57 % alors que les critères de développement durable couvriraient déjà deux tiers du portefeuille achats de 23 % ­d’entre eux, contre 16 % de leurs confrères français. Autre enseignement : les objec­tifs de création de valeur l’emportent sur toute autre préoccupation, même si les contraintes budgétaires restent le frein principal. Enfin, au rang des priorités des directeurs achats, la gestion des fournisseurs, la maîtrise des risques et le développement des compétences se rééquilibrent fortement au détriment de la recherche de gains systématique. Rien que de très cohérent avec ce qui précède. À confirmer donc.

Par François-Charles Rebeix fcrebeix@lettredesachats.fr

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