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La Lettre des Achats - Mai 2011 N°194
Mai 2011

Tendances

Chronique

Effets indirects

Par François-Charles Rebeix fcrebeix@lettredesachats.fr

Effets indirects

Après les prévisions de coûts, les risques aux achats. C’est le thème de notre dossier du mois. Il existe trois types de risques : directs (liés aux capacités d’approvisionnement), indirects (financier, qualité, environnemental, social) et globaux (géopolitique, matières premières, monétaire, catastrophes naturelles). Rendons à César ce qui appartient à César : cette classification émane du cabinet Kyu et Associés. Elle a le mérite de poser le sujet, mais aussi de réinscrire les achats dans leurs missions quotidiennes.

Régulièrement, ici, nous nous arrêtons sur les événements les plus généraux pour tenter de les mettre en perspective avec une vision stratégique des achats. Aujourd’hui, justement, nous soulignerons, pêle-mêle, les risques que font peser sur nos activités le poids de la dette publique américaine et l’absence de solutions sérieuses pour réduire dans ce pays les dépenses du même nom. Idem en Europe avec des pays de plus en plus à risques comme le Portugal ou la Grèce – qui est au bord d’un nouveau plan d’austérité, voire d’une renégociation avec ses débiteurs –, un euro paradoxalement fort, mais qui nous protège du surenchérissement des matières premières, notamment le pétrole, etc. Un phénomène largement dû à la remontée des taux d’intérêt décidé par la BCE. Relever tout cela permet de prendre de la hauteur, mais pour en faire quoi concrètement quand on travaille aux achats entre court et long termes ? Il y a un risque curieusement absent dans la cartographie citée plus haut : celui de passer à côté des marchés, de l’innovation, donc du futur de l’entreprise. Dans le même temps, les économistes parlent d’une croissance pour les pays du G7 (hors Japon) de 2,5 % en 2011, alors que les échanges mondiaux ont crû de 14,5 % en 2010 après une chute de 12 % en 2009 (source OMC). Où se situent les préoccupations réelles des achats ? Comment prendre maintenant des décisions qui engageront demain à partir d’éléments parfois très volatils ?
Revenons sur terre. La plupart des enquêtes conduites auprès des directions achats révèlent que le risque fournisseur reste leur préoccupation numéro 1. Après, citer le cours des matières premières, le défaut de qualité et la question des ruptures de livraison ne fait prendre aucun… risque. C’est d’ailleurs le résultat d’une enquête Accenture menée auprès de 127 directeurs des achats de groupes industriels internationaux. Un panel que ne contrediront sans doute pas d’autres cercles de réflexion. Vous lirez ainsi le résultat des travaux réalisés par deux chercheurs de l’IAE Grenoble et un professionnel des achats auprès de 179 responsables achats. Le respect de la qualité et des délais (84 % des réponses) arrivant avant la prise en compte des coûts complets (82 % des réponses) et loin devant l’innovation (65 % des réponses). Les achats ont le nez dans le guidon. Le Forum Desma, qui dépend aussi de l’IAE Grenoble, et la Conférence Achats Crop & Co, à Lyon, ont débattu, le premier sur le thème du fournisseur – un actif stratégique, la seconde sur le rapport entre achats et innovation. Las ! Dans les deux cas, même constat : beaucoup reste à faire pour emmener les achats au-delà de leurs missions traditionnelles. Rassurons-nous : ils ne doivent pas avoir le monopole dans ce domaine. Il a fallu aussi se rendre à Londres pour Procurecon Indirect et voir un autre sujet émerger de ces échanges : la position des achats hors production dans l’entreprise. Elle s’améliorerait pour rattraper celle des achats de production. Autant le dire : c’était retour vers le futur…

Par François-Charles Rebeix fcrebeix@lettredesachats.fr

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