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Par la rédaction

Michelin

Vers l'unification des outils d'e-achat

Doté de toute la palette des applications d'achat depuis des années, Michelin s'apprête à entrer dans une nouvelle phase de son approche e-business. L'objectif est de recentrer le métier des acheteurs sur le sourcing. Avec 7 % à 8 % des achats traités via l'e-sourcing et 2 % via l'e-procurement, la marge de progression reste importante. La facture électronique, jugée encore insuffisamment mature, est en cours de réflexion.

Chez Michelin, l’heure est à la remise à plat de l’ensemble de l’architecture des systèmes d’information, comme l’explique Olivier Poisson, responsable processus et systèmes d’information achats : « Avoir une bonne stratégie informatique est indispensable aux achats. Nous sommes en train de définir un nouveau plan directeur des systèmes. L’architecture cible vise à unifier et mieux intégrer les systèmes établis au fil du temps. Jusque-là, nous avions en effet suivi une stratégie opportuniste en matière d’achat ; elle a parfaitement rempli son rôle mais s’est construite sur des bases hétérogènes ».
La nouvelle architecture devrait être opérationnelle dans trois à quatre ans. Parallèlement à cette redéfinition, Michelin conduit un projet d’analyse des dépenses à l’échelle du groupe. L’objectif poursuivi par cette remise à plat est d’automatiser les processus d’approvisionnement gérés par les ERP et de pouvoir ainsi recentrer les ressources achats sur les activités de sourcing. Ces dernières, soutenues par des systèmes d’information modernes, permettront aux acheteurs de se concentrer sur les activités les plus génératrices de gains.

Un taux d’usage satisfaisant

Cette période de transition est le signe d’une certaine maturité dans le déploiement des outils, comme le confirme Sébastien Bozon, responsable e-sourcing groupe : « Les taux d’usage de l’e-sourcing comme de l’e-procurement sont satisfaisants ». Côté e-sourcing, pour lancer ses appels d’offres et enchères, Michelin s’appuie sur RubberNetwork, une place de marché verticale co-fondée en 2000 avec la plupart des acteurs du marché pneumatique. Une centaine d’utilisateurs passent par cet outil et traitent environ 7 % à 8 % du montant des achats, soit plus de 500 millions d’euros. « Aux gains réalisés sur les prix, tenus confidentiels, s’ajoutent des gains à long terme plus difficiles à chiffrer sur les processus : par exemple une optimisation de la prospection ou une meilleure coopération entre les clients internes, les spécificateurs, les acheteurs et les fournisseurs, précise Sébastien Bozon. Nous n’obligeons pas à ce jour les acheteurs à passer par cette plate-forme d’e-sourcing ». La gestion des contrats est effectuée en interne sur les ERP en place dans chaque zone géographique.
Le chiffre d’affaires passé par l’e-procurement atteindra 100 millions d’euros dans le monde cette année. Près de 350 catalogues sont mis en ligne sur les différentes plates-formes et couvrent la grande majorité des besoins des utilisateurs. Les différentes solutions regroupent au total 3 500 utilisateurs, dont 3 000 sur la seule plate-forme européenne opérée par cc-hubwoo. Les catégories d’articles en ligne concernent les fournitures industrielles et générales.

100 millions d’euros avec l’e-procurement

Les services constituent la prochaine catégorie prise en charge par l’outil. « Nous menons en complément des études d’opportunités pour ajouter des fonctionnalités à cet outil comme le "punch out" ou les configurateurs afin de s’adapter à une plus grande variété de catégories d’achats. Nous comptons sur nos partenaires pour déve- lopper des solutions adaptées », reprend Sébastien Bozon. Michelin évalue constamment le retour sur investissement de son outil, sans pour autant souhaiter en révéler la teneur : « Nous obtenons des mesures fiables de la réduction du nombre d’achats dissidents et de l’amélioration de l’efficacité du processus de commande », observe Sébastien Bozon. Le sujet complémentaire de l’e-procurement, la facture électronique, est en cours de réflexion, mais pour l’instant, le marché jugé prometteur « n’est pas encore suffisamment mature, notamment sur la question de l’interopérabilité technique », conclut Olivier Poisson. À suivre.

Portrait


Sébastien Bozon
(28 ans, école de commerce) est responsable e-sourcing pour Michelin depuis juillet 2004. Entré chez Michelin en 2000, il y a occupé différentes fonctions sur des projets d'achat et a participé au déploiement de la plate-forme d'e-procurement en Europe.



Portrait


Olivier Poisson
(43 ans, ingénieur télécoms, MBA) est responsable processus et systèmes d'information achats depuis septembre 2004. Chez Michelin depuis vingt ans, ses différentes responsabilités l'ont amené à travailler notamment dans les domaines des systèmes d'information, de l'organisation et de l'audit interne.


  

En chiffres

Michelin
Pneumatiques
Chiffre d’affaires : 15,689 milliards d'euros
Effectif : 127 000 personnes
Montant des achats 2003 : 9,055 milliards d'euros
> e-sourcing : plus de 500 millions d'euros (RubberNetwork, RFX et enchères), une centaine d'utilisateurs
> e-procurement : 100 millions d'euros (monde), 3 500 utilisateurs, 350 catalogues
> analyse des dépenses : n. c.
> facture électronique : n. c.
Effectif achats : 400 personnes (monde)

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