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La Lettre des Achats - Février 2019 N°279
Février 2019

Tendances

Études

AgileBuyer CNA
Une supply chain tendue et des prix en hausse

Observatoire des bonnes pratiques de collaboration Peak
Le co-développement au stade embryonnaire

Par Guillaume Trécan

AgileBuyer CNA

Une supply chain tendue et des prix en hausse

L’étude Tendances achats et priorités achats 2019 réalisée par le cabinet AgileBuyer en partenariat avec le Conseil national des achats laisse percevoir une montée des craintes concernant les conséquences possibles d’équilibres devenus défavorables avec certains fournisseurs.

«Nous sommes passés de la câlinothérapie au fait de subir, dans certains cas, dans la relation fournisseurs », s’inquiétait Olivier Wajnztock, le fondateur du cabinet AgileBuyer, lors de la présentation de l’étude Tendances et priorités achats 2019 AgileBuyer CNA, le 15 janvier à Paris. Ce sondage en ligne réalisé en novembre 2019 affirme en effet que 54 % des professionnels achats subissent du fait de la conjoncture « des relations déséquilibrées et défavorables avec certains fournisseurs ». Les deux premières familles d’achats concernées par ces relations déséquilibrées sont les matières premières (47 % de citations) et l’édition de logiciels (35 %) et ce sentiment semble particulièrement fort dans les secteurs banque assurance (76 %) et services, conseil et formation (72 %). Des problèmes qui entraînent une pression sur les prix, mais également des tensions sur les approvisionnements et, par voie de conséquence, 64 % du panel de ce sondage a prévu des actions de sécurisation de ses approvisionnements. En effet 57 % de ceux qui font état de relations déséquilibrées avec leurs fournisseurs redoutent des ruptures d’approvisionnement. Mais la crainte principale porte sur des augmentations de prix (89 %).

Un peu plus de risques


La montée des tensions sur la chaîne d’approvisionnement n’apparaît toutefois pas très brutale pour l’ensemble du panel, puisque seul 36 % des répondants estiment que la continuité et la sécurisation de leurs achats et approvisionnements sont des préoccupations plus fortes qu’en 2018. La gestion des risques fait certes partie des objectifs des directions achats, mais pas plus que l’an dernier, ni qu’en 2017 ou même en 2016 : 75 %. Une tendance se confirme bien : la diminution de la proportion d’acheteurs ayant des objectifs en matière de réduction du nombre de fournisseurs – 43 % cette année contre 45 % l’an dernier – mais cette tendance est nécessairement appliquée de manière très variée selon les familles d’achats.
Une question sème en outre le trouble : celle portant sur la prise en compte du « made in France (ou achat local) » dans les « critères d’attribution de business ». 53 % des personnes interrogées cette année répondent affirmativement à cette question contre 46 % l’an dernier et 31 % en 2017, ce qui pourrait être interprété comme une conséquence des tensions sur les chaînes d’approvisionnement : l’achat local limitant les risques sur la supply chain… en tout cas les risques monétaires, douaniers, géopolitiques et climatiques. Pourtant seul 12 % des sondés affirment que la volatilité de l’environnement géopolitique va les pousser à relocaliser.
Si l’on observe dans le détail les secteurs d’activité qui paraissent séduits par les achats locaux et (ou) le made in France, on trouve surtout des secteurs pour lesquels l’achat de proximité est une évidence opérationnelle : agroalimentaire, restauration et loisirs ; mode et luxe ; immobilier et BTP ; ou encore aéronautique défense.

Beaucoup de négociation et du travail de fond


L’analyse des réponses aux questions posées sur les leviers de performance achats ne révèle d’ailleurs pas de grande révolution dans les axes de travail des directions achats, mais simplement un prolongement d’une tendance de fond à la diversification des apports de valeur à l’entreprise. Le principal – voire unique – indice de performance à partir duquel la direction générale évalue la fonction achats reste les économies (61 % dans le secteur privé). À la question « en 2019, l’objectif premier des Achats sera-t-il la réduction des coûts ? », 75 % des personnes interrogées ont d’ailleurs répondu oui, soit trois points de plus qu’en 2017.
Reste tout de même les réponses sur les sources de réduction des coûts pour reprendre espoir dans la capacité de la fonction achats à apporter de la valeur. La négociation demeure le principal moyen de réduire les coûts en 2019, mais désormais à égalité avec l’ajustement des spécifications (58 %), un item qui a gagné 11 points par rapport à l’an dernier. Suivent la globalisation, mutualisation d’achats (46 %) et les changements de fournisseurs (39 %), puis un peu en retrait d’autres leviers qui révèlent ce que les Achats peuvent apporter en travaillant en amont sur des projets d’achats ambitieux : le TCO (33 %), l’analyse de la valeur (32 %) et
l’innovation (26 %).
En définitive, c’est dans la liste des compétences à développer en priorité que l’on trouve en résumé l’équilibre que les directions achats cherchent à atteindre, avec à égalité sur les deux premières marches du podium la négociation et la collaboration avec les fournisseurs (43 %), suivis un cran en dessous et dans un mouchoir de poche du management de projet (36 %) et du leadership (35 %), puis, en queue de peloton, l’innovation (30 %).

Par Guillaume Trécan

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