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La Lettre des Achats - Février 2005 N°125
Février 2005

Tendances

Actualités

États-Unis - Kentucky
Une ligue pour les achats

Déchets industriels dangereux
Une nouvelle mission pour l’acheteur

Vensys
Des achats entre France et Bulgarie

SNR Roulements
Des achats localisés en Roumanie

Investissements
Des acheteurs impliqués

ECA
Pays à bas coûts et standardisation

Patrick Rafin - Directeur des achats France, Schneider Electric
« Faire entrer le sous-traitant dès la conception du produit »

États-Unis
US Communities fédère les achats

AMUE
Aider les universités dans leurs achats

Caroline du Nord
Des enchères partagées pour les municipalités

Solihull Council - Royaume-Uni
Les achats prennent la main

Champagne Louis Roederer
Le luxe se penche sur l’e-sourcing

Angela Stieglitz - Directrice des achats techniques, BASF
« Les catalogues électroniques sont des outils standard »

Doug Gabel - Chef de produit senior, Schneider National
« Les enchères ne sont pas adaptées au transport »

Par Gilles Lordet

Déchets industriels dangereux

Une nouvelle mission pour l’acheteur

Alors que les normes environnementales s'imposent peu à peu, l'externalisation apparaît comme la méthode préférée pour traiter les déchets industriels dangereux. En effet, les industries tendent à se désengager d'activités complexes où la réglementation et le besoin d'expertise se renforcent. Et les grands groupes tentent aussi de développer des solutions de revalorisation et de recyclage. Sur ce sujet, les acheteurs ont encore à se positionner.

Dans les entreprises qui se penchent sur la gestion de leurs déchets industriels, un premier point reste essentiel : la réactivité. La prise en charge des déchets doit en effet se faire impérativement dans les délais attendus ; l’enjeu est d’éviter un arrêt de production. Un second point porte sur le respect de conditions réglementaires et sécuritaires toujours plus strictes. Dès lors, la tendance forte à l’externalisation s’explique, non seulement par la volonté des entreprises de  se recentrer sur leur cœur de métier mais surtout par celle de mieux se conformer aux normes en vigueur. « Elle est fonction de  la spécificité des déchets, explique Caroline Berthon, commerciale grands comptes pour le prestataire Teris du groupe Sita. L’externalisation est une option quand la dangerosité et la quantité de matières à revaloriser deviennent un problème ou quand une entreprise rejette une variété importante de matières dangereuses ».

L’externalisation de plus en plus présente

Dans son acception la plus courante, l’externalisation concerne la gestion des déchets, phase qui précède le traitement : le prestataire assure la manutention, le suivi administratif, la logistique et centralise la facturation. Elle peut aussi porter sur la gestion de l’outil de traitement : « Telle entreprise conserve la propriété d’un incinérateur mais en délègue la gestion et la maintenance à un prestataire. Dans ce cas, indique Caroline Berthon, l’objectif est d’optimiser techniquement l’outil de traitement (capacité, respect des normes, etc.) ». Cas plus rare, l’outil lui-même est externalisé : « Teris, l’un des trois principaux prestataires français, est né en 1992 du partenariat entre Rhodia, à l’époque Rhône-Poulenc, et Suez sur le site de Pont-de-Claix, explique Emmanuel Riquelme, responsable des achats environnement Europe chez Rhodia. L’objectif pour Rhône-Poulenc était de bénéficier de l’expertise de Suez dans l’exploitation d’unités de traitement et dans la valorisation d’un outil, un incinérateur, auprès de clients externes. Ce partenariat a pris la forme d’une joint-  venture nommée Teris et s’est achevé en juillet 2002 par le rachat du capital de Teris par Sita. La démarche d’externalisation des outils de traitement des déchets, axe majeur de notre politique durant ces dernières années, a pris différentes formes : externalisation avec ou sans déconsolidation, partenariats industriels, etc. »

La gestion déléguée sur site

Depuis 2001, une démarche similaire a été entreprise sur les stations de traitement des effluents aqueux de Rhodia. « Dans le cas présent, la décision a été d’externaliser uniquement la maintenance et l’exploitation de ces installations. Nous avons choisi cette solution car nous devions à la fois répondre à des objectifs de rentabilité et conserver le contrôle des stations de traitement, indique Emmanuel Riquelme. C’est une décision stratégique pour Rhodia car des perturbations sur un site de traitement peuvent avoir des répercussions sur notre production ». Une station d’épuration est considérée comme l’atelier le plus en aval de la production et sa disponibilité doit en permanence être garantie.
On comprend alors que le partenariat avec un prestataire repose sur une relation de confiance forte. « La gestion déléguée sur site est une réflexion à long terme avec  le client, indique Antony Pouchet, ancien  responsable de Sita pour la gestion globale des déchets sur le site de Renault Cléon. Dans un premier temps, nous mettions à disposition du matériel pour les déchets que Renault gérait lui-même, puis nous avons peu à peu fait valoir notre expertise. Il y a maintenant une vingtaine de personnes sur le site de Renault en gestion déléguée. Souvent, le prestataire ne propose pas cette solution, elle vient du client après plusieurs années de collaboration ».
Si le recours à l’externalisation pour les déchets dangereux gagne en importance, le rôle des acheteurs reste à renforcer dans ce processus. En effet, souvent présents à la négociation des prestations de services liées aux traitement des déchets, les acheteurs  restent peu impliqués en amont. Éric Darlot, conseiller de l’Ademe auprès des industriels (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), estime qu’« Il y aurait un rôle à jouer sur les coûts internes des entreprises pour le traitement des déchets, souvent mal connus ». Quand ils dirigent des opérations de mise en concurrence de prestataires, les acheteurs peuvent obtenir des réductions de coût de l’ordre de 20 %.  « Notre objectif est de mutualiser les achats techniques. Je reçois des propositions des responsables de site : listes des effluents, quantité, nature des déchets, en vue d’élaborer un contrat groupe avec un seul prestataire. Notre objectif est une réduction substantielle des coûts de traitement », confirme Jean-Marc Grillet-Aubert, responsable des achats techniques de PCAS. Au sein de ce producteur de matières premières chimiques qui réalise un chiffre d’affaires  de 101 millions d’euros, Jean-Marc Grillet-Aubert mène en ce moment un travail  de coordination des achats des sites de  l’entreprise.

Des acheteurs encore peu impliqués

L’acheteur doit parfois opérer un travail sur les esprits et lever un sentiment de culpabilité général : les responsables environnement, soulagés de se décharger des déchets, s’interdisent une vraie réflexion sur les filières et les coûts. Grâce à sa formation d’ingénieur en environnement complétée d’un master de management, Emmanuel Riquelme de Rhodia a su développer le dialogue avec les responsables HSE (hygiène sécurité environnement) et les responsables fabrication : « Pendant longtemps, nous avons signé des contrats-cadres, ce qui nous permettait de dégager des réductions de coût de 5 à 10 % en moyenne. De plus en plus, pour des déchets précis qui représentent d’importants enjeux financiers, nous travaillons en mode projet, avec un responsable HSE et un responsable de fabrication. Le but est de réutiliser notre expérience de chimiste pour développer des solutions de revalorisation et de recyclage ».

 

Déchets industriels
Les trois catégories

Les DIB, les déchets industriels banaux, sont des déchets dont le traitement peut être réalisé dans les mêmes installations que les ordures ménagères : cartons, verres, déchets de cuisine, etc. Parmi les DIB, on trouve les déchets issus du commerce et de l'artisanat. La notion de déchets industriels spéciaux, DIS, désignait tous les déchets industriels autres que les DIB. Spécifiquement française, cette notion a été remplacée depuis le décret du 18/04/2002, relatif à la classification européenne des déchets, par celle de DID, déchets industriels dangereux. Ce terme désigne les déchets contenant des éléments dangereux, traités dans des centres spécifiques et nécessitant d'importantes précautions (résidus chimiques toxiques, corrosifs, inflammables, emballages souillés, solvants, goudrons, acides, sables de fonderie, sels de trempe cyanurés, etc.).

Source : Ademe-Bipe.



 

Source : Gilles Lordet pour La Lettre des Achats.

Par Gilles Lordet

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