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La Lettre des Achats - Décembre 2018 N°277
Décembre 2018

Management

Reportage

BPCE Achats
Une journée de benchmark sur la révolution digitale

Par Audrey Fréel

BPCE Achats

Une journée de benchmark sur la révolution digitale

La direction des achats de BPCE a organisé le 8 novembre un hub dédié aux achats dans le domaine du digital. La journée a été rythmée par des retours d’expérience, notamment de BPI et de la direction des achats d’Atos, des pitchs de startups et des ateliers de travail.

«Il est important d’aller à l’extérieur, de s’imprégner du marché et de travailler en écosystème », a rappelé lors de cette journée Catherine Fournier, qui a pris le poste de directrice générale de BPCE Achats en septembre dernier. Des intervenants extérieurs au groupe ont ainsi été conviés à participer au hub. À l’instar de Nicolas Pollini, directeur des achats France du groupe digital Atos (12 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 6 milliards d’euros d’achats). « Dans notre entreprise, les achats sont au cœur du digital », précise-t-il.
Analyse de données, signature électronique des contrats, numérisation des commandes et factures, mise en place de catalogues et de places de marché, formation en ligne pour les acheteurs, réservation en ligne pour les voyages, etc. Le groupe a digitalisé un certain nombre de process achats au cours des dernières années. « Cette transformation digitale a été possible car nous avons réussi à mener une conduite du changement. Si nous n’expliquons pas à nos collaborateurs pourquoi nous mettons en place ces outils, cela ne peut pas fonctionner. C’est un des facteurs clés du succès », souligne Nicolas Pollini.

Analyse des contrats avec IA


D’autant que de nouveaux outils digitaux, tels que l’intelligence artificielle, commencent à pénétrer le périmètre des achats. « Nous utilisons un outil fondé sur de l’intelligence artificielle pour l’ensemble de nos contrats qui ont été, au préalable, numérisés. Cet outil est capable de lire les contrats et de détecter une conformité par rapport à une requête formulée. Il s’agit des prémisses de l’intelligence artificielle », illustre Nicolas Pollini.
La direction des achats d’Atos met également l’accent sur les startups. « Nous avons plutôt l’habitude de travailler avec des entreprises traditionnelles. Collaborer avec des startups est complètement différent. Il est important que l’acheteur axe ses efforts sur la gestion de cette relation et son pilotage dans le temps », indique Nicolas Pollini.

Travailler avec les jeunes pousses du digital


Le digital est en effet un secteur très innovant dans lequel les startups jouent un rôle clé. Mais la collaboration entre un grand groupe et une jeune pousse est parfois ardue. Alicia Sorel, chargée d’affaires Innovation au sein de BPI France, a délivré quelques conseils pour entretenir de bonnes relations avec ces acteurs et profiter au mieux de leur potentiel. A commencer par leur identification. « Il est important de connaître votre écosystème territorial de l’innovation et ses acteurs : BPI France, les incubateurs, les accélérateurs, les bureaux de développement économiques des villes, etc. », énumère-t-elle. L’évaluation d’une jeune pousse est également une étape incontournable. « Chez BPI France, nous examinons divers critères : le degré d’innovation du produit et sa valeur ajoutée, la roadmap de la société, sa maturité commerciale, son portefeuille client, ses contrats ainsi que la faisabilité financière du projet », détaille Alicia Sorel.
Enfin, la gestion de la relation avec une start-up est un processus délicat, qui nécessite le respect de certaines règles. « Le degré d’émotivité est assez élevé chez un entrepreneur car il présente un projet de vie. Il est donc nécessaire de dialoguer avec bienveillance, de ne pas porter de jugement de valeur et de créer une relation de confiance avec le dirigeant », souligne Alicia Sorel.

Explorer le potentiel de l’IA pour certaines catégories


Le hub fut aussi l’occasion de présenter une piste de réflexion menée en interne concernant l’intelligence artificielle pour les solutions de traduction. La BPCE dépense chaque année près de 2,1 millions d’euros en prestations de traduction pour les documents juridiques, financiers, réglementaires, les communiqués de presse, les sites internet et les e-mails. « Depuis deux ans, le neural machine translation est en plein boom dans le domaine de la traduction. Il s’agit d’une technologie fondée sur de l’intelligence artificielle », informe Silverio Magalhaes, acheteur digital au sein du groupe bancaire. Le service achats de la BPCE a estimé que le recours à une solution de traduction automatique de ce type permettrait de traduire entre 30 et 40 % de mots en plus par jour.
De fait, le groupe a interrogé ses fournisseurs référencés sur leur capacité d’innovation dans le domaine. « Deux fournisseurs ont répondu présent, à savoir Ubiqus et RR Donnelley, car ils utilisaient déjà ces technologies d’intelligence artificielle en production », explique Silverio Magalhaes. Ce qui a permis à la BPCE d’obtenir des avenants aux contrats existants (baisse des coûts de 12,5 % sur 40 % des prestations de traduction pour Ubiqus et de 12 % sur 100 % des prestations pour RR Donnelley). BPCE Achats a également identifié deux acteurs spécialisés dans la traduction automatique : Lingua Custodia (dont la solution est en expérimentation chez Natixis jusque fin 2018) et DeepL (dont l’API est actuellement testée pour la traduction automatique des fiches startups et projets sur la plateforme d’open innovation OneMap de la BPCE).
Zoom sur trois start-ups dans le digital
Trois start-ups spécialisées dans le digital ont été invitées à pitcher lors du hub digital de la BPCE achats.

Adopte un bureau

Créée en 2015, Adopte un bureau rachète le mobilier professionnel des grands groupes qui déménagent et le revend à petits prix sur son site de e-commerce à des start-ups, des espaces de coworking et des associations. Cela permet notamment de réduire les coûts pour les grands groupes en leur évitant de payer des prestataires pour les débarrasser de leur mobilier.

Ayno

Fondée en 2015, Ayno a développé une plateforme d’accompagnement à l’open innovation et l’intrapreneuriat. Celle-ci vise à élaborer de nouveaux produits et services, mobiliser les collaborateurs ou encore faire émerger une approche agile en entreprise.

Adok

Créée en 2016, Adok développe une technologie permettant de transformer n’importe quelle surface en écran tactile afin de redynamiser les réunions professionnelles. Son projecteur tactile fonctionne grâce à la reconnaissance d’images.

Par Audrey Fréel

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