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La Lettre des Achats - Février 2017 N°257
Février 2017

Tendances

Études

AgileBuyer X-Achats
Une contradiction entre innovation et massification

Observatoire Pacte PME
Des grands groupes sur la voie du progrès

Par Guillaume Trécan

AgileBuyer X-Achats

Une contradiction entre innovation et massification

Les résultats de l’enquête AgileBuyer X-Achats sur les priorités des départements achats en 2017 mettent en exergue la difficulté à combiner des objectifs de massification et de réduction des panels fournisseurs et une ouverture plus grande aux entreprises innovantes, qui demeure très minoritaire.

Comme l’an dernier et comme en 2014, la majorité des acheteurs qui s’expriment dans l’étude AgileBuyer X-Achats sur les priorités des départements achats en 2017 envisage de réduire son nombre de fournisseurs. De fait, les actions de globalisation et de mutualisation des achats figurent au deuxième rang des leviers d’économies achats privilégiés, citées par 45 % du panel, juste derrière les négociations (55 %). Cela permet aussi de confier des volumes plus importants à un nombre restreint de fournisseur, ce qui constitue un levier de génération de gains achats privilégié par 22 % des acheteurs interrogés.
« Réduire le panel c’est aussi réduire la complexité », souligne le directeur général d’AgileBuyer, Olivier Wajnsztok, qui estime que « les meilleurs techniques d’achats se font avec un nombre restreint de fournisseurs ». Des techniques d’achats comme par exemple le travail en TCO et l’instauration de plans d’amélioration continue, respectivement pratiquées par une proportion toutefois restreinte de 27 % et 16 % des acheteurs dans leur recherche de gains.

Resserrer ou ouvrir le panel


Un seul groupe de répondants se démarque de la tendance à réduire le panel, celui où sont rassemblés les secteurs banque assurances, communication médias, ingénierie R&D et formation initiale et continue où, au contraire, 52 % des personnes interrogées affirment qu’elles n’auront pas pour objectif de réduire le nombre de leurs fournisseurs, contre 35 % seulement qui pensent le faire et 14 % d’indécis.
Or, il est particulièrement frappant de constater que c’est précisément dans ce même groupe que les acheteurs affirment avoir majoritairement augmenté la part de marché confiée à des start-ups. C’est le cas pour pas moins de deux acheteurs sur trois (69 %) dans ce segment du panel, alors que seul 22 % de l’ensemble des répondants ont vu augmenter la part de marchés confiée par leur entreprise à des start-ups.
Un quart du panel total de l’étude (25 %) ne sait tout simplement pas ce qu’il en est sur cette question. Pas plus que sur celle de l’évolution des parts de marchés de leur entreprise confiées à des TPE, question à laquelle 29 % des acheteurs interrogés sont incapables de répondre. Là encore, les mêmes secteurs se démarquent : banque assurances, communication médias, ingénierie R&D et formation initiale et continue, où 48 % des personnes interrogées ont vu leurs achats aux TPE augmenter et le secteur transport et logistique (54 %).

La gestion du risque toujours au top


« Je vois un rapprochement frappant entre les objectifs de réduction des panels et de gestion du risque d’une part et d’autre part la question de l’ouverture aux PME », constate Olivier Wajnsztok. En effet, le rapprochement des résultats recueillis sur ces questions éclaire assez nettement les injonctions contradictoires reçues par les directions achats de la part de leur DG : comment s’ouvrir aux entreprises innovantes tout en apportant toujours plus de gains achats et en n’achetant qu’auprès d’entreprises totalement sécurisantes. Parmi tous les indicateurs relevés par l’étude AgileBuyer X-Achats, s’il en est un qui ne varie pas c’est bien celui de la gestion du risque, toujours au plus haut d’une année sur l’autre. Tout comme en 2016, les trois-quarts (75 %) des acheteurs auront en 2017 un objectif en matière de gestion des risques fournisseurs.
« D’un côté les acheteurs appliquent un process et s’efforcent de se concentrer sur des fournisseurs solides et qui ont fait leur preuve et de l’autre côté les besoins d’innovation externe de leur entreprise demandent d’ouvrir le sourcing vers d’autres profils de fournisseurs. Au fond, les seules entreprises qui travaillent bien sur le sujet de l’innovation sont des entreprises qui ont mis en place des process d’achats spécifiques pour les fournisseurs innovants », constate le patron d’AgileBuyer.
Ils sont en revanche beaucoup moins nombreux (38 %) à avoir dans leur entreprise une ou plusieurs personnes(s) dédiée(s) à l’innovation fournisseurs. Les secteurs banquent, assurance et commerce inter-entreprises, conseil et gestion s’affichant comme les plus avancés en la matière. Mais au-delà du faible nombre d’acheteurs dont l’entreprise dispose de fonctions dédiées à l’innovation fournisseur, le plus inquiétant n’est-il pas plutôt l’existence d’une proportion non négligeable d’acheteurs (6 %) ne sachant tout simplement pas ce qu’il en est à ce sujet ?




Par Guillaume Trécan

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