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La Lettre des Achats - Septembre 2018 N°274
Septembre 2018

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Jaggaer REV International
La satisfaction client d’abord, l’IA en ligne de mire

SYNERTRADE DPS
Une ambition de taille mondiale

Par François Le Roux

SYNERTRADE DPS

Une ambition de taille mondiale

Lors du Digital Procurement Summit de Paris, ce 21 juin, Synertrade a confirmé son ambition de devenir un fournisseur mondial de solutions digitales et mobiles. L’enjeu : épauler les Achats dans leur montée en puissance et la création de valeur au sein des entreprises.

Pour sa grand-messe du digital procurement, Synertrade a réuni en ce premier jour d’été pas moins de 300 clients et partenaires, venus de 25 pays, dans le magnifique cadre du pavillon Dauphine à Paris. Pour l’éditeur entré dans la galaxie Econocom en septembre 2015, l’événement a été l’occasion d’annoncer le changement de ses couleurs historiques, passant du rouge au bleu du groupe Econocom. Approchant les 20 ans d’existence, Synertrade a surtout mis en avant le chemin parcouru, avec désormais plus de 650 clients, dont 60 nouveaux sur la seule année 2017, et plus de 350 000 utilisateurs. Signe de ce développement, Eberhard Aust, CEO et fondateur, a souligné la volonté de ses équipes de miser sur la proximité avec les clients, Synertrade comptant désormais 22 bureaux à travers le monde, dont 10 nouveaux sur les trois dernières années, avec de nouvelles implantations à venir, notamment en Inde et en Amérique latine. « Premier marché au monde, les Etats-Unis représentent désormais 20 % de notre base clients » a par ailleurs salué Eberhard Aust, accompagné sur scène de Patrick Samama et Anne Tessier-Chênebeau, tout juste nommés directeur général et directrice commerciale de Synertrade France. Si les équipes de Synertrade ne s’étendent pas beaucoup sur le chiffre d’affaires actuel (évalué à 25 millions d’euros en 2017), le groupe ne cache rien de son objectif à terme : atteindre le cap des 100 millions d’euros.

La jungle du digital


Fil rouge de ce DPS 2018, les projets de digitalisation des achats nécessitent en tout cas de la méthode pour devenir un véritable levier de performance au sein des entreprises. « Avant de se plonger dans la jungle des outils digitaux, qu’il s’agisse de l’IA, des robots ou de l’automatisation des process, les directions achats doivent s’interroger sur leurs besoins en dehors de toutes considérations technologiques. Et se demander : quelles stratégies leur permettent au quotidien de générer de la valeur pour leur entreprise ? » a averti Wolfgang Schnellbaecher, Principal de Boston Consulting group, tout en ajoutant : « ce diagnostic fait, il sera alors possible de cibler les besoins spécifiques de chaque entreprise en matière d’outils digitaux. Le digital est une vaste boite à outil. Avec l’IA, les directions achats peuvent bénéficier de recommandations pour mieux négocier chaque catégorie d’achats, en s’appuyant sur l’expérience accumulée lors des précédents appels d’offres. Pour gérer la tail spend, le big data offre la possibilité de disposer enfin d’une vue globale de ses dépenses, fournisseur par fournisseur. Le RPA permet pour sa part d’automatiser des workflows pour se consacrer à des tâches à forte valeur ajoutée. »
Au-delà de l’optimisation des process achats, la reconnaissance de la fonction constitue l’un des enjeux de la digitalisation. « Le digital offre à la fonction achats la possibilité de gagner en visibilité de bout en bout de la supply chain et d’évaluer son TCO. En faisant la preuve de son rôle stratégique, la fonction achats étendra son pouvoir au sein des organisations » a pour sa part souligné Dominik Steffani, Principal chez Boston Consulting Group.

"It’s not just about technology"


Pour accompagner la montée en maturité des achats vers la création de valeur, le digital apparaît plus que jamais incontournable, même si « la révolution digitale ne se limite pas au terrain technologique, sa réussite passe par une nouvelle gestion des organisations et des process. » a affirmé pour sa part Patrick Samama, tandis que Duncan Jones, Principal Analyst chez Forrester, a rappelé que « cette révolution a tous les atouts pour accompagner une fonction achats dont le rôle ne se limite plus, comme jusqu’au début des années 2010, à l’optimisation des coûts. L’apport du digital sera d’autant plus décisif que les stratégies achats s’orientent vers la création de valeur et que demain, leur défi sera de répondre aux attentes des clients de l’entreprise, en allant chercher l’innovation pour offrir de meilleurs produits, ou en assurant la bonne adéquation des marques avec la recherche éthique des consommateurs, par une meilleure gestion des risques fournisseur, en évitant, par exemple, les scandales du travail des enfants… ».
Des attentes envers le digital largement confirmées, et ce n’est pas une surprise, par les clients de Synertrade invités de la table ronde du jour. « Lors de mon arrivée chez Campari, il y a deux ans, ma priorité a été de cerner nos besoins dans un groupe très international, avec différentes marques, se développant en grande partie par croissance externe. Plus généralement, notre volonté est de participer à la création de valeur, d’être en lien avec le business dans une perspective de long terme. Pour remplir cet objectif, il était vital d’assurer la communication entre nos équipes et avec nos fournisseurs en s’appuyant sur une seule et unique plateforme digitale » a témoigné Sigrid Brendel, directrice des achats de Campari.

Place aux business partners


Dans ce monde où les achats sont tenus par la création de valeur et l’expérience client, ils ne s’imaginent plus comme une simple fonction support. « A la Française des Jeux, les achats sont un véritable business partner assumant en particulier le rôle d’initiateur dans le cadre des projets d’innovation. Nous sondons le marché et sourçons les nouveautés du marché en amont du développement de nouveaux jeux. Nous avons également un rôle de facilitateur dans la mise en place des projets d’entreprise. Il faut savoir adapter ses process. On ne discute pas avec des startups comme avec des fournisseurs traditionnels. Et nous avons également un rôle de leader, en garantissant à l’entreprise que la stratégie mise en œuvre va dans le bon sens et est conforme » résume Jean-Paul Sarkissian, Innovation & procurement manager chez FDJ.
Face à des périmètres des achats toujours plus larges et complexes, de nouvelles organisations des achats pourraient émerger dans les prochaines années. « Nous nous dirigeons vers un monde du « procurement as a service ». Il est impossible, en particulier pour des organisations de taille moyenne, de disposer des compétences internes pour gérer toutes les catégories d’achats. La fonction achats sera un facilitateur d’activité, assurant le lien avec des partenaires extérieurs apportant les prestations adéquates » estime Alejandro Sales, directeur des achats de l'assureur DKV Group, tout en illustrant ses propos par la première expérience lancée depuis un an par son groupe en IA : « avec notre digital doctor, développé avec la technologie d’IBM Watson, nos clients disposent d’un service en ligne réalisant des diagnostics et les orientant vers nos praticiens partenaires les plus adaptés à leur pathologie ».
Les débats de la journée ont ainsi montré un large consensus autour de la nécessité de disposer d’un socle digital et d’une plateforme facilitant le dialogue, en interne, entre les métiers mais également avec les fournisseurs, et l’importance d’utiliser de solides API, comme souligné par les experts de Synertrade, pour faciliter l’intégration de toutes les sources de données, leur consolidation et leur donner du sens. La vision de Duncan Jones d’un partage généralisé de la data par les entreprises, pour nourrir l’intelligence des nouvelles technologies comme l’IA, a toutefois suscité quelques réticences. Pour les responsables achats de Campari, FDJ et DKV, le partage des données stratégiques assurant un avantage compétitif n’est pas à l’ordre du jour ! Tous les échanges ont leur limite…

Par François Le Roux

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