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Par Philippe Guillaume

Amérique du Nord

Travail temporaire : une catégorie à surveiller

L’intérim peut constituer une source d’économies à condition de mettre en place des processus collaboratifs entre achats et RH. L’externalisation et le recours à des outils électroniques comptent aussi pour beaucoup dans la réduction des coûts et l’obtention d’une meilleure visibilité sur les dépenses.

La gestion de la main-d’œuvre est plus que jamais au cœur des préoccupations des entreprises américaines. Conséquence des licenciements tous azimuts, le taux de chômage bat des records. Si les licenciements permettent de baisser les coûts d’exploitation, les entreprises choisissent aussi, dans certains cas, de supprimer la formation et diminuer les avantages sociaux. Et dans ce contexte, il est tentant de tirer parti de la flexibilité offerte par la main-d’œuvre temporaire ou les consultants externes.
Une étude1 publiée il y a quelques semaines a collecté des données en début d’année auprès de 330 entreprises, afin de dresser le portrait de cet achat complexe qu’est l’intérim. En moyenne, le travail temporaire et l’embauche de contractuels représentent 16 % des effectifs des sociétés interrogées. Signe que le sujet est pris au sérieux, 74 % des sondés ont déclaré avoir un programme de gestion du travail temporaire au niveau des achats depuis plus de deux ans. Les fonctions couvertes par l’intérim sont d’abord les technologies de l’information pour 83 % des répondants, les fonctions administratives pour 79 % et la finance et la comptabilité pour les deux tiers.

Gagner en visibilité sur l’intérim

Pour ces entreprises, le défi reste de construire des stratégies pour maintenir la productivité de la main-d’œuvre, sans pour autant faire de sacrifices sur les délais, les coûts et la qualité. Cela signifie qu’une mauvaise gestion peut avoir pour conséquences une hausse des coûts, une performance en deçà des attentes pour les projets à la main-d’œuvre temporaire, ainsi que des risques liés au statut des contractuels.
Lorsqu’ils se penchent sur leurs dépenses en matière de travail temporaire, 60 % des sondés attendent des réductions des coûts et plus de la moitié souhaitent améliorer leur visibilité sur ce segment. Des notions parfaitement en ligne avec la mission des achats. Leur implication, en collaboration avec les RH et les fonctions concernées, est d’ailleurs l’un des critères d’une bonne gestion de l’intérim : les sociétés obtenant les meilleurs résultats réalisent en moyenne 12 % d’économies d’année en année – soit le double des gains en l’absence de collaboration. Elles sont aussi plus promptes à répondre aux besoins de leurs clients internes, dans un délai de 5,3 jours pour une demande de poste, avec des travailleurs productifs en quatre jours.
L’organisation demeure un élément clé du succès des entreprises performantes : plus des trois quarts ont établi une gestion centralisée des contrats et des demandes de projets. Et ces dernières ont majoritairement introduit une dose d’automatisation avec des systèmes d’e-procurement adaptés au travail temporaire ou des outils spécifiques. Les économies sont supérieures de 25 % par rapport à celles qui n’ont pas d’outils et le temps de traitement des dossiers est 23 % plus court.

Chercher l’expertise externe

En termes de performance, il existe aussi des différences notables pour les organisations qui externalisent la gestion de cette catégorie en allant chercher l’expertise de spécialistes. Elles bénéficient de gains plus importants sur les coûts, d’une plus grande rapidité dans le traitement des demandes des clients internes et d’une meilleure adéquation avec leurs politiques RH.
L’ensemble de ces mesures conduit également à diminuer sensiblement l’exposition aux risques juridiques lorsque les entreprises font affaire avec des consultants indépendants. Ceux-ci sont souvent choisis sans qu’un processus achats soit appliqué. Or, il est possible que les ressources embauchées au contrat soient requalifiées en tant qu’employé, ce qui signifie le paiement d’avantages sociaux, le versement d’indemnités de fin de contrat et des audits du fisc sur les cotisations non perçues.
Dans un contexte de crise et au vu des montants en jeu, les opportunités de réduire les coûts et d’améliorer la performance de l’achat d’intérim sont donc bien réelles. Et pour bonne partie, elles dépendent de la capacité des organisations à se mobiliser et à utiliser les bons leviers.

1. « Contract Labor Management, Superior Strategies for a Demanding Market », Aberdeen Group, janvier 2009.

Par Philippe Guillaume

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