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La Lettre des Achats - Février 2005 N°125
Février 2005

Tableau de bord

Conjoncture

Tassement de la croissance mondiale en 2005

Turquie - Une nouvelle livre allégée

Denis Ferrand, Directeur adjoint, responsable des pays émergents, Rexecode
« La Chine, locomotive du Sud-Est asiatique »

Par François Le Roux

Tassement de la croissance mondiale en 2005

Si 2004 a été dominé par le renchérissement du coût des matières premières, 2005 en subira le contrecoup. Un ralentissement de la croissance mondiale est anticipé. Les perspectives économiques ne vont toutefois pas dans le sens d’une récession, même si le conflit en Irak est source d’incertitudes. Malgré le tassement de sa croissance, la Chine restera sans aucun doute un acteur majeur en 2005, avec des entreprises qui commencent à sortir de leurs frontières, voire à se faire un nom à l’échelle planétaire : Lenovo a repris la division PC d’IBM en 2004 et,  en ce début 2005, Hutchison Whampoa a racheté Marionnaud. Pour la zone euro, tous les regards resteront dirigés vers la BCE, dans l’attente d’une éventuelle baisse de ses taux d’intérêt qui aurait pour effet de laisser l’euro respirer et de relancer une croissance molle.

La zone euro  pénalisée par l’euro fort

Fin 2004, le climat des affaires dans la zone euro s’est détérioré encore un peu plus.  Les industriels ont révisé à la baisse leurs perspectives de débouchés. La demande domestique est restée chancelante dans de nombreux pays, tandis que l’appréciation de l’euro, qui a de fortes chances de se poursuivre à moyen terme, pesait toujours plus sur les exportations. En novembre, l’indice du climat des affaires dans le secteur manufacturier a perdu 2 points, soit la plus forte baisse depuis la mi-2002. L’Allemagne et l’Italie ont été particulièrement affectées. L’indice de confiance des chefs d’entreprise a cédé 3 points dans ces deux pays, fait rarissime qui s’est seulement produit après les attentats du 11 septembre.
Les appels des responsables politiques européens pour un euro « favorable » à la croissance semblent être demeurés lettre morte auprès du gouverneur de la BCE, Jean-Claude Trichet. La Banque centrale européenne a au contraire mis l’accent sur les  risques inflationnistes et s’en est tenue à une stricte discipline verbale sur les changes.  Elle a écarté toute baisse des taux dans l’immédiat. Pour la France, l’Insee a réfuté fin décembre le scénario d’une croissance de 2,5 % pour 2005 et table plutôt sur une  progression de 2,1 %.

Aux États-Unis, la croissance  crée des emplois

L’économie américaine a créé 2,2 millions d’emplois en 2004. C’est la meilleure année depuis 1999. L’emploi a bénéficié de la forte croissance de l’activité, le PIB ayant progressé de 4,4 %. La confiance des consommateurs est nettement repartie à la hausse en décembre, malgré la persistance du conflit irakien. L’indice du Conférence Board a  terminé l’année à plus de 102 points, soit  10 points de plus qu’en décembre 2003. Mais ce panorama n’est pas idyllique. Au-delà des déficits budgétaires, le déficit commercial a atteint un niveau record en novembre à  60 milliards de dollars. Paradoxalement, c’est aussi une mauvaise nouvelle pour l’euro, le billet vert ayant de nouveaux arguments pour poursuivre sa baisse. À la mi-janvier, la devise américaine a fait une nouvelle incursion sous le seuil de 1,3 dollar pour  1 euro. Les perspectives de nouvelles hausses des taux de la Fed, qui s’est inquiétée  en décembre d’une possible résurgence de  l’inflation, n’a visiblement pas eu d’impact. En 2004, le taux des Fed Funds est pourtant passé de 1 à 2,25 %, un niveau jugé encore accommodant pour la croissance américaine.

La croissance ralentit en Europe de l’Est

En 2005, la croissance des douze pays entrés dans l’Union européenne en mai 2004 pourrait légèrement marquer le pas. Les experts de la Commission européenne tablent sur une hausse du PIB de 4,7 % pour ces pays d’Europe centrale et orientale. En 2004, leur activité avait progressé de 5,2 %. L’économie polonaise n’échapperait pas à ce scénario. Après une nette accélération en 2004, en hausse de 5,8 % après une progression de 3,8 % en 2003, sa croissance s’établirait autour des 4,9 à 5 % en 2005. L’État polonais a en tout cas profité de son programme de privatisations qui lui a rapporté 2,53 milliards d’euros en 2004, soit 16 % de plus qu’attendu. En 2002 et 2003, les privatisations n’avaient rapporté respectivement  que 890 et 470 millions d’euros. Cette accélération des privatisations, conjuguée au  renforcement du zloty et à la baisse du déficit budgétaire, a conduit à ramener la dette publique à 50,4 % du PIB contre 51,6 % fin 2003. La Hongrie est parvenue à respecter ses engagements européens, en affichant un déficit public de 4,5 % du PIB en 2004. Il était de 6,1 % en 2003. Concernant la croissance 2005 de ces douze pays, la Lettonie serait la plus dynamique avec une progression de 6,7 % ; la Slovénie resterait en queue de peloton à 3,6 %.

La Russie affronte  une croissance inflationniste

À l’image des pays producteurs de pétrole du Proche-Orient et d’Afrique du Nord, la croissance en Russie a été dopée par de très fortes recettes pétrolières en 2004. Elle se maintiendrait à des taux relativement élevés en 2005, grâce à une demande intérieure très dynamique et à une politique budgétaire expansionniste. Mais le dynamisme de l’activité devrait quelque peu ralentir sous  l’effet conjugué du ralentissement de la croissance des exportations en volume et d’une hausse rapide des importations selon l’OCDE. L’organisation table sur une croissance du PIB de 5,5 % en 2005 et 2006, après une progression de 6,4 % sur l’ensemble de 2004. Une autre préoccupation des autorités reste l’inflation générée par cette forte croissance. Les prix à la consommation ont progressé de 11,7 % en 2004, après une hausse de 1,1 % sur le seul mois de décembre. Le gouvernement comptait contenir l’inflation dans la fourchette des 8 à 10 % en 2004 ; en fin d’année, il avait reconnu que cet objectif serait difficile à respecter, compte tenu de la hausse des prix des carburants, de la viande et des céréales. En 2003, la hausse des prix avait été de 12 %. La dette extérieure s’est réduite, à 112,9 milliards de dollars au 1er octobre 2004, en baisse de 5,7 % par rapport au début de l’année. Elle est désormais inférieure au montant des réserves en or et en devises de la Banque centrale de Russie.

Par François Le Roux

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