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La Lettre des Achats - Mai 2019 N°282
Mai 2019

Management

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Achats responsables
STPA et make or buy

Par Yann Le Coz

Achats responsables

STPA et make or buy

Comment les entreprises appliquent-elles la réflexion stratégique Make or Buy dans une démarche RSE ? Un cas d’usage avec le STPA.

La RSE devient un élément différenciant du business model des entreprises. Je constate que les stratégies varient selon la vision des entreprises pour répondre à leur obligation d’emploi fixée par la loi handicap et aux exigences des donneurs d’ordres en matière de handicap. À moins que ce ne soit aussi l’obligation de déclaration de performance extra-financière qui impulse une telle décision stratégique.
La question stratégique Make or Buy se pose habituellement ainsi : « est-ce que nous conservons cette activité au sein de l’entreprise ou devons-nous l’externaliser ? » Ce questionnement permet de prendre des décisions rationnelles sur le positionnement stratégique de l’entreprise. La démarche Make or Buy considère à la fois le caractère stratégique de l’activité, la création de valeur entre une solution interne et une solution externe et la capacité à manager les fournisseurs.
L’entreprise fait l’objet de nombreuses attentes toujours plus grandes de la part de la société civile. On attend d’une entreprise qu’elle contribue notamment à la lutte de l’épuisement des ressources naturelles, au bien-être collectif en combattant les inégalités avec plus de diversité et d’inclusion. En France, la loi handicap permet aux entreprises de répondre partiellement à leur obligation d’emploi de personnes en situation de handicap en achetant des prestations auprès du STPA. Alors dans une telle démarche, comment l’entreprise répond à ces exigences ? Make or Buy ?

Make : des filiales STPA de grands groupes


Récemment, plusieurs grandes entreprises font le choix d’intégrer une Entreprise Adaptée (EA) dans leur chaine de valeur. Ainsi ces entreprises présentent un avantage concurrentiel lors des appels d’offres avec clause sociale, tout en répondant à leur propre obligation d’emploi de personnes en situation de handicap. C’est le cas par exemple de FEA (Faceo Entreprise Adaptée) filiale du groupe Vinci Facilities. FEA réalise des prestations de services dans le domaine du facility management. Autre exemple au sein du Groupe LVMH, MHEA (Moët Hennessy Entreprise adaptée) réalise des prestations de mise en coffrets et pause d’étiquettes spécifiques. MHEA réalise aussi des prestations viticoles comme le repérage de parcelles de vignes, le suivi et la surveillance de la maladie, de la maturation. Enfin, l’entreprise adaptée Triade Avenir filiale du groupe Veolia, est spécialisée dans le traitement des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE). Cette EA assure aussi le test, l’audit, l’effacement de données des équipements informatiques.

Buy : jusqu’au co-développement


Les entreprises qui considèrent ne pas devoir investir en intégrant une EA (ou Esat) mettent en place une politique achat volontariste dans leur chaine de valeur achat et développe leurs achats responsables. C’est le cas d’Airbus qui achète pour 44 millions d’euros de prestation auprès du STPA alors que ce montant était de 8 millions d’euros en 2011. C’est en activant le levier de la cotraitance qu’Airbus a pu convaincre ses partenaires de rang 1 de coopérer avec les ESAT et EA. Ainsi l’avionneur totalise un taux de contrats en cotraitance avec le STPA supérieur à 50 % (voir La Lettre des Achats n°272).
Un autre modèle a été révélé par Amadeus. Cet éditeur de solution logicielle (déplacements professionnels) a décidé d’incuber la startup Avencod. Cette EA emploie des personnes autistes - atteints du syndrome d’Asperger – spécialistes du développement informatique, des tests sur des applications et des logiciels.
La décision Make or Buy repose à la fois sur la prise en compte des potentiels de création de valeur et de différenciation des deux options. Si les deux critères sont réunis et considérés comme élevés, il y a alors un réel avantage concurrentiel et l’entreprise décide d’investir en intégrant une EA. Si la création de valeur est élevée et la différenciation moins forte, l’entreprise s’engage alors à nouer des partenariats ou des alliances avec le STPA pour renforcer cette démarche sans pour autant investir...

yannlecoz@ylc-conseil.fr
www.ylc-consultant-achat.fr

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