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Par François Le Roux

SI Achats : un effort d’équipement en nette accélération

Pour assurer un éventail de missions toujours plus large, les Achats sont engagés dans une course visant à s’outiller de bout en bout de leurs processus achats. Aucune fonctionnalité n’est négligée.

L’effort d’équipement en SI achats a connu un véritable coup d’accélérateur en 2018. La proportion d’entreprises ayant fait état d’une hausse de leur budget SI achats s’est envolée à 49,5 %, quand ce chiffre dépassait difficilement le tiers des sondés ces dernières années. Ce changement de braquet s’apparente à une petite révolution. Pour la première fois, les budgets en hausse arrivent en tête des suffrages. Jusqu’ici, les avant-postes étaient invariablement trustés par les entreprises faisant état de budgets stables, aujourd’hui, tombées sous le seuil des 50 %. La part des budgets en baisse demeure pour sa part relativement constante, avec un taux de 7 % en 2018.
Deuxième source de dépenses des directions des achats, derrière les effectifs, les SI achats constituent de fait une valeur montante des leviers de performance de la fonction achats. Les systèmes d’information achats ont ainsi gagné sept places en à peine sept ans au sein des axes de travail privilégiés par les directeurs achats, pour se placer en 2018, au septième rang, derrière les missions faisant l’essence même du métier d’acheteur, à savoir le sourcing et mise en concurrence ou la renégociation.









La dématérialisation à marche forcée


Cette brusque accélération des investissements en SI achats n’a ainsi rien d’étonnant pour une fonction achats devenue stratégique, avec à son actif un éventail de missions toujours plus large. La pression réglementaire dans le public en faveur de la facture électronique et plus généralement la chasse aux délais de paiement à rallonge ont propulsé la dématérialisation des factures sur la première marche des chantiers déployés par les directions achats, pour 68 % des sondés. Le déploiement de solutions d’évaluation fournisseurs (66 %) et le portail fournisseurs (62 %) complètent le podium, rappelant qu’au-delà de la maîtrise des dépenses et le contrôle des coûts, la fonction achats est plus que jamais au cœur de la maîtrise des risques et de la conformité des entreprises, face à des échanges mondialisés et des clients toujours plus exigeants. Leaders avant 2017, la performance achats (61 %) et l’analyse des dépenses (60 %) sont loin d’avoir disparu de l’agenda des directions et continuent de talonner de près le trio de tête, loin devant les applications mobiles (25 %).
De l’industrie au secteur des services, la part des entreprises ayant choisi d’accroître leurs budgets SI achats gagne partout du terrain. La palme 2018 de l’effort d’équipement revient néanmoins au secteur des services, avec un bond à 56,5 % des sondés contre 36,5 % en 2017. Pionnière en matière de solutions achats dans les services, la banque-assurances redouble d’efforts, 54 % des sondés affichant des budgets en hausse, loin devant les entreprises de la distribution (33 %) et des médias-communication (25 %). Plus mature dans les achats, l’industrie n’en demeure pas moins une grande consommatrice de solutions achats, avec des budgets en hausse pour 43,5 % des sondés. L’industrie électrique-électronique et le BTP se distinguent avec des scores de 78 % et 71,5 % respectivement, tandis que l’automobile (50 %) et l’aéronautique (40 %) demeurent des valeurs sûres.

Une couverture des fonctionnalités achats de bout en bout


Cette récente accélération des investissements en matière de SI achats n’a toutefois pas encore redessiné la cartographie des outils déployés. Les solutions d’e-procurement
demeurent les plus présentes, 71 % des entreprises étant équipées, à égalité avec les modules de gestion des contrats (71 %), qui gagnent une place, devant le décisionnel achats (66 %). Comme en 2017, le sourcing reste au pied du podium, malgré une proportion de groupes équipés montée à 62 % en 2018 contre 59 % l’année précédente. Fort logiquement, les solutions de dématérialisation montent en puissance, 57 % des sondés indiquant être désormais équipés contre 55 % en 2017.
Entre l’industrie et les services, les priorités en matière de SI achats différent toutefois. Dans l’industrie, le trio décisionnel achats (68 %), e-procurement (63 %) et gestion des contrats (63 %) occupe la tête, devant l’e-sourcing (59 %) et la dématérialisation (50 %). Dans les services, en revanche le parc des solutions achats affiche un tout autre visage. La gestion des contrats est la plus présente, avec 80 % des suffrages, juste devant l’e-procurement (79 %). Arrivent ensuite l’e-sourcing (66 %) et la dématérialisation (66 %), le décisionnel achats (63 %) figurant en queue de peloton, quand il est le plus présent dans l’industrie.







Une full suite encore confidentielle


Si les entreprises renforcent leur équipement sur un spectre de plus en plus large de fonctionnalités achats, la bataille entre la full suite et le best of breed n’a visiblement pas été tranchée par les directeurs achats. 20 % des entreprises interrogées indiquent privilégier une approche full suite et 35,8 % Best of breed mais 44,2 % ne se prononcent pas.
Au regard des solutions déployées entreprise par entreprise, aucune ne peut en tout cas se targuer à ce jour de disposer d’une solution unique de bout en bout de son processus achats. Les très rares exceptions concernent à ce jour Ariba. Mais Jaggaer, Ivalua et en particulier Synertrade équipent déjà certains de leurs clients sur deux, voire trois, des quatre modules que sont le décisionnel achats, l’e-sourcing, l’e-procurement et la gestion des contrats. La dématérialisation se singularise par une grande disparité des prestataires, avec la forte présence de spécialistes comme Esker, Decapost, Itesoft ou Cegedim… et des éditeurs SI achats spécialisés dans la dématérialisation comme Basware.
Parallèlement à un taux d’équipement en hausse, la part des achats couverts par les solutions achats se renforce. Si le décisionnel achats trône en tête des taux de couverture des achats (91 %), l’e-sourcing, l’e-procurement et la gestion des contrats continuent de gagner du terrain, avec respectivement des taux de 65 % ; 66 % et 78 %, contre 52 %, 58 % et 77 % en 2017. Mais au coeur de la vague de digitalisation et d’automatisation des process, la dématérialisation effectue sans surprise le bond en avant le plus impressionnant, passant de 46 % à 67 %.
Avec la révolution en marche de l’IA, des tchabots et du RPA…, l’effort d’équipement en solutions achats des directions achats observé en 2018 n’a vraisemblablement rien d’un feu de paille. Les éditeurs SI Achats devraient garder le sourire !

















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