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Petrole

« Nous sommes confrontés à une nouvelle guerre de l’énergie »

Comment expliquer la récente chute des prix du pétrole ?

Après son record de 145,40 dollars en juillet 2008, le Brent évolue désormais à des plus bas annuels, sous les 70 dollars, à 61,7 dollars. De nombreux experts s’attendaient même à un prix de 200 dollars il y a quelques années. Il n’en est rien. Depuis la mi-juin, le recul dépasse les 25 %. Cette forte chute s’explique par la conjonction de trois facteurs principaux : des prévisions de production de baril trop optimistes à cause d’anticipations de croissance économique mondiale erronées ; la volonté de l’Arabie Saoudite de ne plus servir de variable d’ajustement du marché pétrolier ; mais également une entente entre l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis pour faire baisser le prix du pétrole afin de sanctionner la Russie, qui a besoin d’un baril à au moins 100 dollars pour que son économie soit à l’équilibre.

Quel rôle joue le pétrole de schiste américain ?

Nous sommes confrontés à une nouvelle guerre de l’énergie. A cause de l’émergence du pétrole de schiste outre-Atlantique dont la production a presque triplé en deux ans, il faut bien comprendre que le marché pétrolier est entré dans un nouveau paradigme. Il est dans l’intérêt de l’Arabie Saoudite et des autres pays de la péninsule arabique de maintenir un prix du baril faible pour rester compétitif par rapport aux producteurs de pétrole non conventionnel. On considère ainsi que l’exploitation du pétrole de schiste commence à ne plus être rentable sous les 80 dollars.

Le pétrole va-t-il poursuivre sa chute ?

Il est peu probable que l’Opep revoit drastiquement à la baisse ses prévisions de production dans les prochains mois. A court terme, la zone des 70 à 75 dollars pourrait donc contenir la chute du Brent. A moyen terme, pendant une grande partie de l’année 2015, nous anticipons un cours du baril entre 90 et 100 dollars, ce qui constituerait une borne de stabilisation. Le prix du pétrole est en phase d’ajustement. Il ne faut pas oublier que l’excès d’offre devrait se résorber sous l’effet du déclin de la production en Mer du Nord et en Russie. Un scénario catastrophe est donc exclu pour les pays producteurs.


Portrait


Christopher Dembik
Economiste chez Saxo Ban

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