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La Lettre des Achats - Février 2005 N°125
Février 2005

Tendances

Actualités

États-Unis - Kentucky
Une ligue pour les achats

Déchets industriels dangereux
Une nouvelle mission pour l’acheteur

Vensys
Des achats entre France et Bulgarie

SNR Roulements
Des achats localisés en Roumanie

Investissements
Des acheteurs impliqués

ECA
Pays à bas coûts et standardisation

Patrick Rafin - Directeur des achats France, Schneider Electric
« Faire entrer le sous-traitant dès la conception du produit »

États-Unis
US Communities fédère les achats

AMUE
Aider les universités dans leurs achats

Caroline du Nord
Des enchères partagées pour les municipalités

Solihull Council - Royaume-Uni
Les achats prennent la main

Champagne Louis Roederer
Le luxe se penche sur l’e-sourcing

Angela Stieglitz - Directrice des achats techniques, BASF
« Les catalogues électroniques sont des outils standard »

Doug Gabel - Chef de produit senior, Schneider National
« Les enchères ne sont pas adaptées au transport »

Par Guillaume Pommereau gpommereau@lettredesachats.fr

ECA

Pays à bas coûts et standardisation

Pour faire face à la concurrence et sous la pression de ses donneurs d'ordres, ECA cherche à réduire ses coûts. Une démarche complexe pour ce spécialiste de la robotique et des automatismes industriels qui travaille dans le contexte particulier d'une production en petites séries. Pour atteindre ses objectifs, ECA prospecte les pays à bas coûts et travaille très étroitement avec ses fournisseurs et ses clients.

« Pour répondre à l’augmentation généralisée des coûts en France, nos clients nous imposent de réduire nos coûts de façon  drastique, ce qui nous conduit à sourcer à l’étranger », explique Jean-Michel Tinet, le responsable des achats. Un raisonnement qui prend en compte la problématique particulière d’ECA, à savoir la réalisation de nombreuses pièces de hautes technologies en très petites séries, qui vont d’une à une dizaine d’unités au maximum. Seules quelques séries, destinées à l’automobile, peuvent atteindre plusieurs centaines d’unités. ECA conçoit ses produits, sous-traite la fabrication, achète les pièces du commerce et assure l’intégration et les tests. « Pour nos achats de sous-traitance, nous recourons aux pays d’Europe de l’Est de l’Union européenne. Ils présentent de bonnes compétences, mais les prix bas pratiqués ne sont pas nécessairement appelés à durer, poursuit Jean-Michel Tinet. Nous sommes par exemple allés en Tchéquie pour des pièces mécaniques mais les gains n’étaient pas  significatifs ».

Sourcer en Europe de l’Est

ECA prospecte aussi la Roumanie, l’Inde et la Chine. « Nous devons prendre en compte les délais de transport, les formalités administratives, le traitement des non-conformités. Pour cela, il nous faudra mettre en place un représentant local pour assurer le suivi de fabrication et effectuer les contrôles avant livraison, détaille Jean-Louis Sambarino, directeur études, production et achats. De plus, compte tenu du volume de nos commandes, il nous faudrait envisager de prendre des parts dans une entreprise à l’étranger pour ne pas passer après des clients plus importants. Nous voulons que celle-ci puisse assurer le montage de sous-ensembles en plus de la fabrication des pièces. C’est indispensable pour nous maintenir dans l’automobile et l’aéronautique ». Cas particulier, dans le cadre de marchés de compensation, ECA dispose d’une filiale en Turquie qui lui permet d’approcher des sous-traitants. ECA possède aussi une filiale et des fournisseurs au Royaume-Uni (électronique embarquée, sonars). De plus, l’actionnaire principal d’ECA, Finuchem, est présent en Pologne, une expérience dont ECA bénéficie.
Autre levier pour réduire les coûts : une standardisation plus poussée des produits. « Des actions de redesign to cost sont menées sur nos produits à condition que le coût des études n’excède pas les gains de fabrication et de maintenance attendus. Pour nos nouveaux produits, nous réutilisons des briques de  produits déjà existants. Pour cela, il faut établir des standards, et ce dès l’origine », ajoute Jean-Louis Sambarino.

Travailler avec les fournisseurs  et les clients

Cet objectif de standardisation suppose aussi d’intégrer plus avant les fournisseurs : « Nous avons créé des partenariats avec certains d’entre eux. Nous les faisons venir pour voir ensemble où nous pouvons réaliser des gains sur les fabrications et les processus d’intégration et de maintenance. Sur la fabrication de châssis, nous avons ainsi gagné 20 à  30 % », reprend Jean-Michel Tinet. Parallèlement, ECA renouvelle 20 % de son panel fournisseurs tous les ans.
Et la pression des donneurs d’ordres n’est pas nécessairement négative : « Elle est aussi très motivante pour gagner sur les coûts  et se remettre en question », constate Jean-Louis Sambarino. Pour obtenir une commande importante dans l’automobile, ECA a pris le pari de réduire de 30 % le coût de réalisation des produits correspondants.  « Nous y sommes parvenus en travaillant  à la fois la réingénierie, les méthodes de fabrication et la négociation. Nous avons géré cet objectif comme un projet. Et l’investissement réalisé nous amène à proposer des produits très performants à un coût compétitif ».

L'organisation achats
À l'origine d'un projet, les acheteurs sont impliqués dans les appels d'offres pour le chiffrage des composants. « Dès notification d'une commande, une équipe projet est constituée. Elle rassemble un chef de projet, des pilotes études, un pilote production et un acheteur selon les typologies d'achats (électriques, mécaniques, etc.). Pendant les études, les acheteurs interviendront essentiellement pour vérifier que la conception intègre les contraintes d'usinage. S'ils sont présents dans les revues de conception, ils sont plus impliqués dans l'aspect fabrication que dans les choix techniques liées à une architecture », note Jean-Louis Sambarino.
À noter que toutes les données nécessaires aux achats sont stockées sur informatique, selon une nomenclature définie par le bureau d'études :
90 % des projets sont informatisés
- les 10 % restants font l'objet de demandes d'achat manuelles (prototypes, etc.)
- De même, 90 à 95 % des achats sont informatisés.
En chiffres
ECA – Groupe Finuchem
Robotique sous-marine civile et militaire, automatismes industriels aéronautiques et automobiles
Chiffre d'affaires : 45 millions d'euros
Effectif : 280 personnes pour le groupe dont 175 à Toulon
Montant des achats : de 15 à 22 millions d'euros selon les années (matières premières, investissements, sous-traitance, sous-traitance intellectuelle, etc.)
Portrait
Jean-Louis Sambarino (46 ans, ingénieur des études techniques d'armement) a travaillé pendant onze ans pour DCN Brest et huit ans pour CNN Toulon à des postes d'ingénieur. Depuis novembre 2001, il est directeur études, production et achats pour ECA.
Portrait
Jean-Michel Tinet (53 ans, autodidacte) a travaillé six ans dans la Marine nationale comme électromécanicien d'aéronautique, avant de rejoindre la CSEE à la production puis aux achats. En 1997, il a intégré ECA comme responsable du service achats.

Par Guillaume Pommereau gpommereau@lettredesachats.fr

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