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La Lettre des Achats - Avril 2018 N°270
Avril 2018

Marchés

Conjoncture

Créances et délais de paiement
Mauvais payeurs de tous pays

Par François Le Roux

Créances et délais de paiement

Mauvais payeurs de tous pays

Délais de paiement à rallonge, créances irrécouvrables…, les disparités varient sensiblement selon les pays et les régions du globe. Dans la lutte contre ces dérives, l’Europe fait globalement office de bon élève. La France a encore des marges de progrès.

Malgré le climat économique favorable, les dernières estimations de l’Insee. Pour autant, les délais de paiement demeurent trop long. En début d’année, onze sociétés ont été épinglées dans l’hexagone pour non-respect des règles. Canal+ International, filiale de Vivendi, LVMH, Sephora ou encore le groupe parapétrolier TechnipFMC ont écopé d’amendes allant jusqu’à 375 000 euros. La note pourrait même être plus salée à l’avenir. Dans le cadre de la future loi « Pacte », qui sera présentée au printemps, le gouvernement entend durcir cette politique du « name and shame ».

Les grandes entreprises progressent


Lors des Assises des délais de paiement en novembre dernier, Altares indiquait que seules 43,4 % des entreprises françaises respectaient le délai de 60 jours maximum pour régler leurs factures. Un chiffre bien loin des standards allemands. Outre-Rhin, 64,6 % des entreprises payent leur facture dans les temps. Signe encourageant toutefois pour la France, la durée moyenne des retards de paiement, c’est-à-dire dépassant le délai de 60 jours, est passée sous la barre des onze jours, sachant que le délai contractuel atteint en moyenne cinquante jours.
Peut-être sous le poids de la politique du « name and shame » mise en place fin 2015, les grandes entreprises ont enregistré une baisse de leurs retards de paiement de 10,4 jours en 2016 à 9,6 jours en 2017. Pour aller plus loin, le gouvernement n’exclurait pas à l’avenir une nouvelle baisse du plafond des délais de paiement. D’ailleurs, 31 % des entreprises interrogées par ARC-Ifop seraient pour abaisser le délai maximal de paiement, date de facture, à 30 jours.

Les petits fournisseurs en position de faiblesse


Les retards de paiement sont particulièrement impactants pour les PME, de fortes fluctuations de leur trésorerie pouvant hypothéquer leur activité. Or, à l’échelle mondiale, une facture sur dix (11 %) n’est pas payée dans les temps et 7,5 % ne sont jamais acquittées ou considérées comme des créances irrécouvrables, selon l’enquête menée sur les PME par Sage et le cabinet Plum.
Sur cinq factures payées en retard, quatre sont considérées comme des créances irrécouvrables. Il apparaît en outre que 21 % des PME françaises rencontrent des difficultés à aborder le sujet des retards de paiement avec leurs clients par peur de porter atteinte à leur relation commerciale. Résultat, ces PME n’engagent aucune procédure de recouvrement d’impayés auprès de leurs clients. Le manque de personnel (11 %) et de temps (10 %) sont les deux autres principales raisons évoquées par les PME françaises interrogées pour justifier leur réticence à entamer des procédures de recouvrement auprès de leurs clients.
A l’échelle internationale, la France se situe globalement dans le camp des bons élèves, même si le problème des retards de paiement persiste. Le nombre d’entreprises accusant des retards de paiement de la part de leurs clients a baissé en France, en Espagne et aux Pays-Bas, mais augmenté en Allemagne, selon la neuvième édition de l’étude Hiscox « ADN d’un entrepreneur ». Cependant, le pourcentage reste élevé dans les deux premiers pays, à hauteur de 43 % en France et 42 % en Espagne. Aux Pays-Bas, il est passé de 34 à 31 %. Le nombre d’entreprises américaines faisant état d’un « impact significatif » des retards de paiement sur leurs flux de trésorerie a augmenté de 42 à 63 %. En Allemagne, ce chiffre est passé de 40 à 44 %. Par ailleurs, plus de la moitié des grandes entreprises (57 %) sont davantage susceptibles de signaler des problèmes de retards de paiement, contre une moyenne de 35 % pour les entreprises de toutes tailles dans les six pays.
L’étude montre également que la part des entreprises qui admettent avoir payé leurs fournisseurs plus tard que l’année précédente est passée de 14 à 17 % Les principaux contrevenants restent les entreprises françaises, 23 % d’entre elles reconnaissant payer en retard, mais le pourcentage a doublé aux Etats-Unis, à 18 %. Au niveau mondial, les entreprises les plus grandes en termes de chiffre d’affaires sont également plus enclines à payer leurs fournisseurs en retard – près de la moitié (48 %) admettent de telles pratiques.
Finalement, si la dématérialisation des factures va dans le sens d’un meilleur respect des délais de paiement, la politique du « bâton » comme le « name and shame » menée en France apparaît également nécessaire pour favoriser de meilleures pratiques !
Répartition des pays par notation et région
Les analystes d’Euler Hermes ont classé les pays étudiés selon leur complexité en matière de recouvrement de créances sur une échelle de 0 (le plus simple) à 100. « Notable » moins de 40 points ; « High », entre 40 et 50 points, « Very High », entre 50 et 60 points ; « Severe » plus de 60 point.

Par François Le Roux

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