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Par la rédaction

Maturité : plus collaboratifs et plus stratégiques

Echelles de maturité, taux de couverture ou degré d’implication dans les orientations stratégiques d’entreprise : les directeurs achats évaluent la situation de leur organisation sans concession. La proportion des directeurs achats qui s’estiment au niveau 4 correspondant à des pratiques de co-développement avec leurs fournisseurs demeure minoritaire, en revanche, leur collaboration avec leurs partenaires internes s’améliore nettement.

Sur l’échelle de maturité sur laquelle nous demandons aux directeurs achats de situer leur organisation, le niveau 4, correspondant à la pratique du co-développement avec certains de ses fournisseurs, demeure minoritaire mais gagne encore du terrain, passant de 15 % à 18 % de notre panel. Si nos répondants sont nombreux à préciser dans leurs commentaires que la maturité de leurs pratiques n’est pas homogène suivant les catégories d’achats concernées, la montée en puissance des organisations achats de niveau 4 est tout de même symptomatique d’une prise de conscience de la valeur de relations de long terme avec certains fournisseurs.

Auto-estimation plus ou moins sévère


Un curieux phénomène de vases-communicants se produit cette année entre les niveaux 2 et 3, respectivement caractérisés par la constitution d’un panel et une approche en coût global, d’une part, et d’autres part par la mise en œuvre de plans de progrès formalisés. Les directions achats qui se situent au niveau 3 sont cette année moins nombreuses (40 % contre 46 % en 2017), tandis que celles qui se reconnaissent dans le niveau 2 passent de 33 % à 35 %.
L’auto-estimation du niveau de maturité de sa propre organisation achats reste un exercice subjectif. Parmi les hypothèses envisageables pour expliquer ce phénomène de régression, on peut avancer que les directeurs achats nouvellement en poste sollicités cette année portent un regard plus sévère sur la maturité de l’organisation qu’ils ont rejointes que leurs prédécesseurs, qui nous auraient répondu l’an dernier fort du sentiment d’avoir accompli leur mission.
Un autre constat – très objectif, celui-là – s’impose également d’année en année, l’avance prise par les groupes industriels qui sont les plus nombreux à voir leur direction achats investir le niveau 4 – 23,5 % cette année (20 % l’an dernier) – là où les grandes entreprises du secteur tertiaire ne sont qu’à 12 % cette année (11 %) l’an dernier. De même le constat est sans appel : plus un service achats emploie de personnes, plus il a de chance de se situer au niveau 4. Près d’un tiers des directeurs achats d’entreprises ayant dans leur équipe plus de 300 acheteurs (32 %) se considèrent au niveau 4.










Achats et stratégie d’entreprise


En ce qui concerne l’autre versant de la maturité achats – celui qui se joue avec les parties-prenantes internes – un cap symbolique a été franchi avec l’inversement des deux pratiques les plus citées : la participation des achats à la conduite du changement (91 %), item le plus cité en 2017 avec 95 % des suffrages, cède sa place à son second de l’an dernier, l’alignement de la stratégie achats sur la stratégie de l’entreprise qui grimpe de 92 % à 95 % des répondants. Une montée en puissance d’autant plus significative que le seul autre item qui progresse cette année est celui concernant la validation de la stratégie achats par la direction générale, qui est désormais une réalité pour 89 % de nos répondants contre 86 % l’an dernier. Devenant du même coup la troisième
pratique la plus répandue.
Quatrième item, qui raisonne à l’unisson dans l’industrie et dans les services, la capacité à influencer les spécifications, est revendiquée par 85 % des directeurs achats interrogés. Une influence peut-être pas encore exercée suffisamment en amont, cela dit, puisque seul 68,5 % des directeurs achats indiquent être impliqués dans le développement de produits ou de services. La pratique est tout de même plus courante dans l’industrie où la proportion monte à 83 %.
De même qu’elle est limitée en amont, l’influence des Achats ne s’exerce pas très loin en aval, puisque seul 56 % des directeurs achats sont impliqués dans les réponses aux appels d’offres clients et dans les négociations commerciales (59 % dans l’industrie).

Des taux de couverture du simple au double


Eternel indicateur, non pas de maturité, mais au moins d’impact de la fonction achats, le taux de couverture moyen demeure dans des proportions comparables à l’an dernier, avec une légère augmentation à 77 % contre 76 %. Comme pour la maturité, les services achats de plus de 300 personnes et les entreprises industrielles bénéficient d’un léger atout, avec des taux de couverture respectivement de 82 % et 80 %.
Mais ces moyennes masquent des situations très variées, voire des manières très différentes d’envisager le concept de couverture achats. Plus d’une vingtaine d’entreprises affichent ainsi des taux de couverture achats dépassant les 95 % et près de la moitié d’entre elle, à 100 %. La couverture achats n’est apparemment plus un enjeu.
A l’opposé de cette liste, dans 16 entreprises, parmi lesquelles des groupes réalisant plusieurs milliards d’euros de chiffre d’affaires, le taux de couverture des achats par la direction des achats ne dépasse pas 50 %. La catégorie la plus représentée dans cette liste est celle des entreprises du BTP, suivie de groupes du secteur banque-assurance. Cette liste recèle aussi un grand groupe gestionnaire d’infrastructures énergétiques et environnementales, un groupe du secteur métallurgique, un autre de l’agroalimentaire, ou encore du secteur transport et logistique. Dans certains cas, des pans entiers de dépenses échappent à la direction des achats, comme par exemple les achats assurantiels dans l’assurance – dans d’autres cas, c’est l’éparpillement des  actes d’achats qui constituent le principal défi à relever.













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