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La Lettre des Achats - Septembre 2018 N°274
Septembre 2018

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Par François Le Roux

Masters et MBA achats font le plein de talents

Si la France fait figure d’exception pour la qualité, mais aussi la profusion de ses formations achats, les jeunes diplômés qui sortent en grand nombre de ces masters ne manquent pas de débouchés. Les mutations en cours et à venir de la fonction constituent cela dit un défi existentiel pour leurs responsables pédagogiques. RSE, innovation, risque... Additionner les compétences ne suffit plus, il faut désormais repenser la position de l’acheteur dans l’entreprise et sa valeur ajoutée.

Malgré la digitalisation croissante des achats et les promesses de l’intelligence artificielle, le métier d’acheteur n’est pas mort. « Nos étudiants sont chassés par les entreprises issues de tous les secteurs d’activité. Force est de constater que la demande dépasse toujours l’offre. Environ 7 % des postes d’acheteurs ne sont pas pourvus » constate Régis Delafenestre, directeur du mastère spécialisé Manager de la chaîne logistique achats à Lille. Et Jacques Liouville, directeur M2 Achats international à l’Unistra (Université de Strasbourg), de préciser : « La demande d’acheteurs est redevenue robuste par rapport à la période 2010-2012. Globalement, nos étudiants sont en poste à 80 % trois mois après leur diplôme et à 100 % à un horizon de six mois ».
L’employabilité à la sortie des Master et MBA achats apparaît de fait optimale même si le CDD reste souvent un passage obligé. « Nos étudiants en formation initiale ont 100 % de placement à la sortie de leur diplôme. Il s’agit essentiellement de CDD dans la continuité de leur stage. Et à la fin de ces CDD, nous sommes sur des taux de placement de l’ordre de 89 % selon l’enquête de notre observatoire. Le marché de l’emploi pour les acheteurs reste dynamique, soutenu notamment par la montée en maturité des petites et moyennes entreprises qui constituent le cœur de notre écosystème dans notre région frontalière avec la Suisse », analyse Richard Calvi, responsable parcours achats et logistique de l’IAE Savoie Mont Blanc.

La fin de l’âge d’or ?


L’assurance de débouchés offerts par la filière achats séduit justement un nombre croissant d’étudiants. « Depuis deux ans, le nombre d’étudiants souhaitant suivre une formation achats décolle. Nous avons enregistré sur l’année écoulée un bond de 45 % des candidatures, après une hausse de 30 % l’année précédente. Nous n’avons tout simplement plus besoin d’aller démarcher dans les écoles d’ingénieurs pour démystifier le métier d’acheteur. De fait, les Achats ne sont plus perçus comme une simple fonction support. Devenus des business drivers, travaillant de plus en plus en amont avec le marketing, les équipes projets ou la R&D, leur pouvoir de séduction grandit » se réjouit Gordon Crichton, directeur du MAI Institut du management de l’achat international (Kedge Business School).
Avec la digitalisation, la fin de l’âge d’or des achats pourrait toutefois se rapprocher. « Pour 2020, Gartner et Forrester tablent sur une inflexion des embauches dans le sillage de la digitalisation des achats, notamment au niveau des tâches administratives dans les achats. Je pense que cet impact sera plutôt perceptible à un horizon de quatre à cinq ans, en particulier dans les grandes entreprises et sur des portefeuilles sur lesquels des étudiants diplômés de Master ne restent que peu de temps » estime Richard Calvi.
Mariannick Soubise, directrice du MSc Achats internationaux et supply chain management, Inseec Paris, anticipe de réelles mutations mais avant tout sur le long terme : « A ce stade, l’émergence du digital n’a pas impacté les recrutements dans les Achats. Le nombre de postes à pourvoir reste inchangé. A l’Inseec, le taux de placement et d’employabilité de nos étudiants se situe toujours entre 95 % et 98 % dans les trois mois suivants le diplôme Les emplois à pourvoir étant des postes de prise de décisions stratégiques, le digital n’a pas vocation à supprimer le métier d’acheteur. Dans 20 ou 30 ans, les services achats pourraient toutefois connaître de fortes mutations. Il n’est pas exclu qu’ils soient redilués au sein des différentes fonctions de l’entreprise. L’acheteur deviendrait le binôme du business développer et du chef de projet au sein de chaque business unit. »

Une quête multi-sectorielle d’acheteurs


En résumé pas de gros nuages à l’horizon pour les acheteurs, d’autant que la demande se diffuse à tous les secteurs de l’économie. « L’aéronautique, l’automobile et l’électronique concentraient, il y a dix ans, l’essentiel des offres de postes dans les achats. Depuis la crise, les secteurs de l’agroalimentaire et des biens de consommations sont de plus en plus présents, avec de grands groupes comme L’Oréal, Unilever, Danone… Ces dernières années, les entreprises mettent en outre l’accent sur les achats indirects, offrant de nouvelles opportunités hors industrie. Les secteurs des services ou de la banque assurance sont en l’occurrence en première ligne. Dans les deux prochaines années, les entreprises réalisant moins d’un milliard de chiffre d’affaires devraient également être de plus en plus à la recherche d’acheteurs » souligne Gordon Crichton.
Les salaires à la sortie des formations achats sont par ailleurs loin de déprimer, même si, comme le souligne Jacques Liouville, « les salaires d’embauche des acheteurs n’ont pas renoué avec les plus hauts prévalant avant la crise financière de 2008. Le salaire moyen de nos acheteurs se situe à 36 000 euros et devrait monter à 38 000 euros cette année, ce qui reste en deçà de la fourchette moyenne de 40 000 à 45 000 euros de 2008 ».

Le nombre de formations achats à un point d’inflexion


Malgré de forts besoins en acheteurs, la multiplication des formations achats ces dernières années interroge (voir notre précédente enquête sur les 3es cycles achats dans la LDA n°251). « Le nombre de formations achats s’est fortement développé ces dix dernières années. Il ne faudrait pas, à l’image du marketing au début des années 2000, arriver à l’overdose et l’absence de débouchés pour tous les étudiants. Pour cette raison, nous limitons nos promotions à environ 25 élèves avec deux rentrées par an » avertit Mariannick Soubise. A l’Unistra, Jacques Liouville partage son sentiment : « En 1992, la France comptait trois formations achats et l’État s’interrogeait sur la pertinence d’une telle opulence. Aujourd’hui, au-delà des acteurs historiques, nombre d’écoles, en particulier de commerce, offrent des modules achats. Le nombre de formations a substantiellement augmenté. Même si l’activité économique paraît solide, nous sommes peut-être arrivés à saturation. Entre 2010 et 2012, après la crise financière, plus d’acheteurs arrivaient sur le marché que de postes disponibles. »

Les fondamentaux achats ne suffisent plus


Plus que le nombre de formations disponibles, l’enjeu pour l’avenir se situe dans le contenu des enseignements. « Le souci n’est pas tant le nombre de formations achats que les enseignements délivrés pour que cela corresponde réellement aux besoins des entreprises aujourd’hui… et surtout demain, estime la responsable de programme Master Desma de l’IAE Grenoble, Natacha Tréhan. L’obsolescence des savoirs n’a jamais été aussi rapide et son renouvellement également : la connaissance mondiale est multipliée par deux tous les neuf ans et on estime que 85 % des emplois en 2030 n’existent pas aujourd’hui. La fonction achats est à un point d’inflexion ! Il est, pour moi, urgent de mener une réflexion de fond sur les connaissances, les compétences, les métiers des achats de demain indépendamment des guerres de territoires. Aussi, je vais de plus en plus m’impliquer dans la recherche et la prospective métier en partenariat avec les entreprises pour construire cette fonction achats de demain. »
Avec la montée en maturité de la fonction achats, les compétences demandées aux acheteurs ne cessent de s’élargir. « De plus en plus, nous sommes sollicités pour former des "couteaux suisses". Nos étudiants doivent afficher toutes les compétences traditionnelles d’un acheteur, à savoir réaliser des cahiers des charges, contractualiser, négocier ou encore gérer la relation fournisseurs et les évaluer. Mais ces dernières années, le périmètre de la fonction achats s’est encore enrichi, avec la nécessité de maîtriser les politiques de développement durable et RSE. Et ce n’est pas fini. De nouveaux défis sont d’ores et déjà au goût du jour avec l’arrivée du digital et du big data. L’acheteur doit savoir se servir des nouvelles générations de SI achats, savoir quelle place vont occuper les robots et se concentrer sur les tâches à forte valeur ajoutée », résume Mariannick Soubise.

E-achat, innovation, technologie


Pour les Master et MBA achats, l’immobilisme est proscrit. Il faut accompagner la mutation de la fonction. « Dès 2018-2019 le MS Strategic purchasing management sera orienté achats d’innovation et de technologies, avec un questionnement central : comment décliner le processus achat vis-à-vis de ces nouvelles opportunités sur le marché amont ? La valeur ajoutée de ce programme se loge dans ce positionnement ; le savoir-faire actuel dans le management du processus achat ne suffit plus face aux changements qui se profilent sur le marché de l’emploi » explique Anne-Laure Oudinot, directrice communication et marketing opérationnel, Grenoble Ecole de Management.
Atour Taghipour, responsable du master achats de l’Université du Havre, souligne pour sa part la nécessité de sonder les attentes des entreprises : « Le management des achats et le management des approvisionnements, la gestion des fournisseurs, leur sélection et évaluation, ainsi que les achats opérationnels sont au cœur de l’enseignement de notre master achats internationaux. Ces thématiques répondent directement aux attentes de nos étudiants et des entreprises pour les quatre à cinq prochaines années, conformément aux enquêtes que nous avons réalisées. La maîtrise des logiciels ERP comme SAP est également très regardée ».

Innovation et startups au menu des achats


Les nouvelles générations d’acheteurs sont ainsi appelées à s’impliquer dans la stratégie globale des entreprises et contribuer à la création de valeur. « La fonction achats ne se résume plus à un centre de gestion des coûts. La création de valeur est désormais au centre de ses prérogatives. Les acheteurs doivent aller à la pêche à l’innovation, être curieux, savoir collaborer avec leurs fournisseurs ou les écosystèmes de startups. Nous avons à cet effet développé cette année un projet de prospection sur la collaboration possible d’une entreprise industrielle avec les jeunes pousses », explique Olga Batrak, directrice du mastère spécialisé Management global des achats et de la supply chain (MS MASC) d’Audencia, qui, souligne tout comme Mariannick Soubise l’importance de travailler en amont avec les fournisseurs. « Dans les prochaines années, les grands chantiers resteront le RSE, le développement durable et le digital mais également apprendre à travailler avec un écosystème de fournisseurs toujours plus varié et notamment les startups », la rejoint Mariannick Soubise.
La pérennité des entreprises passant aujourd’hui par une innovation continue, les acheteurs juniors doivent se préparer à accompagner cette dynamique du changement perpétuel. « Plus que des savoir-faire, ils devront développer une capacité de «creative problem solving» pour pouvoir gérer des environnements complexes et incertains ! Les acheteurs devront apprendre à apprendre tout au long de la vie : un exemple avec le développement de l’intelligence artificielle dans les achats, il faudra apprendre l’apprentissage des machines pour pouvoir interagir avec elles. C’est ce qui fera reculer la peur et favorisera une réelle intelligence augmentée de l’acheteur. Et bien sûr les soft skills sont déterminants » explique Natacha Tréhan.
Patrice Pourchet, responsable pédagogique MS GAISC de l’Essec souligne quant à lui la nécessité de s’adapter à un environnement plus exigeant ; « Notre module intitulé «Amazonisation des achats» réalisé en collaboration avec Coline Pont, directrice des achats France du groupe Accor, constitue pour nos étudiants une immersion dans la transformation digitale et un monde des achats où la complexité est forte et le time to market se réduit de jour en jour. Ils réalisent en particulier des projets achats portant sur la création de business modèles de startups achats et se préparent à l’avenir avec des achats de plus en plus tournés vers le client final. Avec Sia Partners, nous travaillons également sur l’apport de l’intelligence artificielle et des datas par la création de chabots. »

D’acheteur à risk manager


L’acheteur doit en outre se glisser dans le costume de risk manager pour sécuriser en amont les approvisionnements et répondre aux attentes des consommateurs en matière de sourcing éthique. « Dans la foulée des scandales sanitaires ayant touché l’agroalimentaire, la gestion de la qualité est une valeur revenue en force dans l’actualité des acheteurs. Au-delà de la prise en compte grandissante des critères RSE par les entreprises, nos étudiants sont également formés à l’apport du numérique en matière de traçabilité », indique Olga Batrak. Un avis partagé par Atour Taghipour : « La thématique RSE est désormais présente à tous les niveaux dans l’entreprise. Tous les masters de l’université du Havre en marketing, supply chain et achats bénéficient de ce type de formation ».
Au-delà de la gestion du risque, les Master et MBA achats préparent leurs étudiants à acheter des catégories de biens et services toujours plus larges et spécifiques. « A la demande des entreprises, nous proposons un module sur les achats sectoriels. Acheter dans le retail ou les services demande de fait des compétences différentes avec des approches adaptées. Nous avons également développé un module sur les achats spécifiques, comme les achats de prestations intellectuelles, qui ne se négocient pas toujours avec un appel d’offres » souligne Eric Henaff, directeur du MBA PPA (Pôle Paris Alternance).

S’ouvrir à un monde multiculturel


Dans un monde aux enjeux géopolitiques omniprésents, les acheteurs doivent par ailleurs acquérir une vision internationale. « La dimension achats internationaux est incontestablement un atout très recherché par les entreprises. Les missions des acheteurs formés par l’Unistra sont orientées dans 50 % des cas vers l’international, pour beaucoup en Europe, mais rares sont les acheteurs qui ne sont pas amenés à traiter avec la Chine. La maîtrise des réglementations douanières et spécificités juridiques de chaque pays ou zone géographique est essentielle » détaille Jacques Liouville.
A l’Essec, Patrice Pourchet insiste sur la nécessaire approche multiculturelle de l’acheteur : « A travers notre campus de Singapour, où nos étudiants étudient durant trois mois, les voyages d’étude et la présence de nombreux enseignants étrangers, notre formation offre une large ouverture vers l’international. Nos étudiants apprennent à travailler dans des environnements multiculturels. Globalement, ils maîtrisent deux langues étrangères. En plus de l’anglais, ils parlent une autre langue européenne, comme l’allemand ou l’espagnol, ou le chinois et le japonais ».
La maîtrise de plusieurs langues doit impérativement figurer sur la carte de visite des étudiants acheteurs. « La priorité est un étudiant bilingue. Et l’anglais est impératif. Une troisième langue fait la différence ! Un bon CV correspond effectivement à des périodes de stages, d’études à l’étranger. Nous voyons de plus en plus valorisées également des années de césure à l’étranger : l’étudiant fait ce qu’il veut pendant un an entre son master 1 et son master 2 par exemple ! petits jobs en Australie, trekking en Bolivie… Avant, cela n’était pas toujours bien appréhendé par les recruteurs aujourd’hui c’est un plus. Cela montre l’ouverture, l’adaptabilité de l’étudiant et cela contribue à la maîtrise des langues étrangères », explique Natacha Tréhan.
Eric Henaff estime pour sa part : « L’anglo­phonie ou l’internationalisation de nos programmes ne constituent pas une obsession ou l’un de nos fers de lance. Dans leur grande majorité, environ 65 %, nos étudiants viennent d’Île de France et travailleront pour des entreprises de la région. Malgré tout, ils maîtrisent tous un anglais professionnel et valident un TOEIC à 750 points. Par ailleurs, un cours sur cinq est dispensé en anglais, avec des cours comme « International purchasing and sourcing », dont l’objectif est d’apprendre à trouver des sources d’approvisionnement à l’international ».

Les acheteurs au défi de la communication


Véritable ambassadeur de l’entreprise, l’acheteur ne se résume plus à des compétences achats purement techniques. Les soft skills sont devenues incontournables. « La communication est plus que jamais un pilier du métier d’acheteur. Le power point est mort. Les projets achats doivent être réalisés avec une écriture, en s’appuyant sur des outils digitaux, notamment la vidéo, par le biais des smartphones et en s’appuyant sur la construction de scénarios avec le storytelling », indique Patrice Pourchet.
Apprendre à collaborer, en interne avec les métiers et au-delà avec les fournisseurs, est devenu l’une des pierres angulaires du métier d’acheteur. « La création de valeur est devenue centrale. Les acheteurs doivent apprendre en particulier à collaborer en interne avec les fonctions métiers et devenir des intrapreneurs, mais également avec leurs fournisseurs. Le crowdsourcing et les outils collaboratifs sont autant de leviers à maîtriser pour créer des opportunités avec les directions métiers et les fournisseurs, pour les transformer en initiatives. C’est également le meilleur moyen pour la fonction achats d’affirmer son leadership et d’asseoir son influence dans les comités de direction », explique Patrice Pourchet.
Pour Richard Calvi, « un acheteur doit se construire autour de compétences mais également d’un état d’esprit. A travers notre formation, nos étudiants apprennent à dialoguer avec les clients internes, et le cas échéant, imposer leur point de vue, à acquérir un bagage de soft skills et la perception de l’environnement économique, autant de compétences qui s’ajoutent au savoir-faire traditionnel de tout acheteur ».

L’attrait des formations en alternance


La portée stratégique de l’acte d’achat doit en réalité faire partie de l’ADN des acheteurs. « Nous recherchons des candidats qui aiment le business. L’acheteur est de fait de plus en plus impliqué dans la création de valeur au sein des entreprises, avec la nécessité d’aller saisir l’innovation auprès des fournisseurs avant la concurrence, d’être sensibilisé au speed to market, pour commercialiser les produits le plus rapidement possible, sans oublier la nécessité de prévenir les risques et d’intégrer l’ensemble des valeurs environnementales », souligne Gordon Crichton.
Olga Batrak insiste pour sa part sur l’atout de la curiosité : « Les entreprises ne recrutent pas nos étudiants sur la seule base de leur bagage en connaissances comme par exemple les stratégies achats ou la gestion de familles d’achats. La curiosité est en réalité le premier critère mis en avant par certains recruteurs. Ils recherchent des acheteurs juniors proactifs, capables de prospecter, à l’aise dans la communication, à la fois à l’écrit et à l’oral ».
Concrètement, l’ambition des Master et MBA achats est plus que jamais de coller à la réalité du terrain. MOOC et autres «serious games» sont dans tous les cas au programme. « En plus des stages, notre enseignement privilégie les jeux de rôle et la simulation. En matière d’apprentissage des techniques de négociation, nos étudiants sont confrontés à des études de cas complexes sur plusieurs jours » déclare Régis Delafenestre. Les intervenants des Master et MBA ayant par ailleurs une forte empreinte achats, comme l’indique Olga Batrak : « Les intervenants de notre formation sont des professionnels des achats en poste, des consultants. Ils offrent un précieux retour d’expérience terrain à nos étudiants et leur donnent une vision des attentes des entreprises et des évolutions à venir dans le métier d’acheteur à cinq, voire dix ans. Beaucoup d’étudiants réalisent leur formation en contrat de professionnalisation, qui a également l’avantage de les confronter très tôt à la réalité du monde de l’entreprise ».
L’alternance fait à ce titre de plus en plus de disciples. « Nous travaillons sur la création d’un master achats en alternance. La demande des entreprises locales est forte. Il coexistera avec notre actuel master achats et devrait voir le jour à compter de 2019. Les deux formations ne devraient pas se cannibaliser, comme l’ont déjà démontré nos deux masters en marketing, l’un classique et l’autre en alternance. Les candidats ont au contraire largement répondu présents. Compte tenu de la dynamique actuelle dans les Achats nous sommes confiants » détaille Atour Taghipour, à l’Université du Havre.
A Paris Pôle Alternance (PPA), Eric Henaff rappelle les retombées positives de cette formule : « Notre formation est intégralement effectuée en alternance. Sur les quinze mois, 22 semaines se déroulent à l’école et 43 en entreprise. Les étudiants ont ainsi la possibilité de transposer immédiatement ce qu’ils apprennent à l’école dans leur fonction et leur mission. A l’inverse, et c’est très enrichissant, les pratiques apprises en entreprise sont partagées entre les étudiants et leurs enseignants de retour en cours et elles alimentent leurs réflexions et compétences ».
Si l’appétit des entreprises pour les acheteurs ne se dément pas, les formations achats sont soumises à la montée en maturité de la fonction achats. Plus que des acheteurs, leur mission consiste désormais à former les patrons de la « PME achats » de leur entreprise, à charge pour eux de la gérer comme un centre de profit !
Portraits

Régis Delafenestre
Directeur du MS Manager de la chaîne logistique, Skema

" La demande dépasse toujours l’offre. Environ 7 % des postes d’acheteurs ne sont pas pourvus "


Natacha Tréhan
Responsable de programme Master Desma, IAE Grenoble

" L’obsolescence des savoirs n’a jamais été aussi rapide et son renouvellement également "


Olga Batrak
Directrice du MS Management global des achats et de la supply chain, Audencia

" Nous avons développé cette année un projet de prospection sur la collaboration d’une entreprise industrielle avec les jeunes pousses "


Atour Taghipour
Responsable du master achats, Université du Havre

" Nous travaillons sur la création d’un master achats en alternance "


Patrice Pourchet
Responsable pédagogique MS GAISC, Essec

" La communication est plus que jamais un pilier du métier d’acheteur "

Les cinq points clefs
-   L’attrait de la fonction achats pour les étudiants s’est renforcé et le bon niveau de recrutement offre des débouchés satisfaisants.
-  En plus du socle pédagogique de base, les formations anticipent des évolutions de la fonction laissant plus de place à la création de valeur, aux outils numériques et à la RSE.
-  En tête des soft skills, la capacité à communiquer, ouvrir le dialogue et convaincre fait l’objet de nombreux apprentissages.
-  Le sens du « business » est un état d’esprit de plus en plus recherché chez les étudiants, qui se nourrit d’une qualité fondamentale de plus en plus valorisée : la curiosité.
-  L’alternance a le vent en poupe, dans un contexte où les pédagogies optent de plus en plus pour la mise en situation.

Dernière minute : l'EM Lyon place les achats en option
Dans le cadre de la réorganisation des programmes de l'EM Lyon Business School, le mastère spécialisé Acheteur manager international dirigé par Philippe Portier va être intégré en tant qu'option dans le nouveau mastère spécialisé Business management et transformation digitale, à partir de la prochaine rentrée. Les étudiants auront ainsi le choix entre quatre à cinq options métiers, dont la spécialisation achats.

33 formations et quelques chiffres
Toutes les données figurant dans notre tableau Formations achats (voir tableau) sont déclaratives. Elles ont été obtenues par La Lettre des Achats sur la période juin-juillet 2018 auprès des responsables de chaque diplôme. Notre objectif a été de privilégier les formations initiales. Toutefois, la formation initiale, la formation continue et l'alternance ne font pas toujours l'objet de cursus distincts dans tous les établissements. C’est pourquoi les effectifs d’étudiants en alternance sont parfois exprimés en chiffres, lorsqu’ils sont comptabilisés par les responsables de formation à part des effectifs en formation initiale et en pourcentage lorsque ce n’est pas le cas. Mais une nouvelle réforme est attendue, avec de nouvelles directives. A suivre... Les effectifs d’étudiants indiqués sont ceux des étudiants en troisième cycle : master 2, Mastères spécialisés ou MBA. Ils ne prennent donc pas en compte les effectifs d’étudiants en M1.

Par François Le Roux

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