Publicité

Par Audrey Fréel

Forum Achats Sceaux

Les différents visages du risque aux Achats

Trois types de risques à l’achat ont été abordés lors d’un forum organisé par les étudiants du Master 2 GPLA de l’IUT de Sceaux : la propriété intellectuelle, la supply chain et la digitalisation.

Le 1er juin, les étudiants du Master 2 Gestion de production, logistique et achats (GPLA) de l’IUT de Sceaux (Université Paris Saclay) ont organisé leur forum. Sous la houlette de Jean-Claude Barberan, directeur achats de Sagemcom et parrain de ce forum, la promotion a choisi d’aborder les risques liés à la propriété intellectuelle, la supply chain et la digitalisation. L’occasion pour plusieurs acteurs des achats de venir partager leurs expériences professionnelles.

Bien encadrer la propriété intellectuelle


Jean-Claude Barberan a introduit le sujet des risques liés à la propriété intellectuelle (PI) avec un cas concret. « Chez Sagecom, nous achetons des produits qui incluent du wifi. Or un brevet a été déposé sur le wifi », explique-t-il. Avant d’ajouter : « L’acheteur doit donc s’assurer auprès du fournisseur qu’il est protégé vis à vis de ce brevet, car le montant des droits peut être très élevé ». De son côté, Francis Fernandez, responsable de l’entité valorisation PI et brevets de PSA, indique que l’industrie automobile est soumise à de forts enjeux de PI, notamment en ce qui concerne les achats de pièces ou de services nécessitant des développements. « Par exemple, le problème peut se poser lorsque nous achetons un siège auprès d’un fournisseur et que nous souhaitons l’utiliser sur un véhicule provenant d’un autre fournisseur. Dans ce cas, il faut se mettre d’accord sur l’attribution de la PI », détaille-t-il.
Pour éviter de payer des dommages et intérêts, de se voir retirer des produits ou détruire son stock, la bonne rédaction du contrat reste primordiale. Ghislain de Tremiolles, docteur en génie informatique au cabinet de conseil Santarelli, conseille de porter une attention particulière sur les engagements de non-divulgation d’informations confidentielles, vis-à-vis du savoir-faire et des droits privatifs existants et vis-à-vis des créations et inventions futures. Il a également rappelé qu’une veille et une analyse stratégique étaient nécessaires avant l’élaboration de tout contrat.

Une supply chain de plus en plus en complexe


Selon l’Afnor, plus de 87 % des entreprises interrogées ont déjà eu des soucis avec leur chaine logistique au cours des trois dernières années. Les risques sont multiples et peuvent être liés aux pays dans lesquels l’entreprise va acheter, aux produits, aux fournisseurs ou encore aux procédures et systèmes. « Prendre des mesures actives et correctives tout au long du processus achats permet d’atténuer les niveaux de risques liés aux activités achats », a indiqué le coordinateur des achats responsables à l’Afnor, Bruno Frel, qui encourage les acheteurs à se référer à la récente norme volontaire Achats responsables Iso 20400, adoptée en début d’année.
Cette norme recommande de gérer les achats via diverses approches : par catégorie (volume, réglementations, évolutions du marché, etc.), par fournisseur (origine et contexte du pays, performance, niveau de dépendance…) et par enjeu de responsabilité (niveau d’exposition/activités, politique de l’organisation…).
En ce qui concerne les achats à l’international, Isabelle Meyer, expert Avaries et Litiges de transport de véhicules neufs chez Renault, a fortement recommandé d’utiliser des incoterms (International Commercial Terms). Mis en place par la chambre de commerce international, ils déterminent les obligations réciproques du vendeur et de l’acheteur. En matière de transport de marchandise, elle a expliqué qu’il fallait « prendre en compte le coût du transport, des douanes, des devises, ainsi que les risques de disparition de marchandises ». Pour contrer ces aléas, Isabelle Meyer incite à établir, dans le contrat, des parties sur les conditions de fin anticipée, l’assurance ou encore la compensation des parties en cas de non-exécution du contrat.
Au vu de la complexité de certains achats, Adrien Pladys, juriste chez Engie Cofely, a quant à lui rappelé la nécessité d’associer acheteur et juristes dans les projets et affaires.

La digitalisation accroît les risques


Pour Christophe Boulaire, DSI de Sagemcom qui accompagnait Jean-Claude Barberan, la réelle évolution liée à la digitalisation repose sur les systèmes d’informations sociaux. « Il faut se demander comment nous allons communiquer demain avec les fournisseurs. Les acheteurs ont de plus en plus recours à des espaces collaboratifs web (Gestion électronique de documents, eRoom) et des outils collaboratifs (chatting, réseaux sociaux des entreprises, vidéoconférences) », précise-t-il. Ces nouveaux usages entraînent des risques non négligeables pour la société, comme l’espionnage industriel, le vol de données (prix d’achat, stratégie de sourcing, etc.) ou encore le piratage.
Pour limiter la casse, Christophe Boulaire souligne l’importance d’une collaboration entre les activités liées aux achats et l’informatique et de nommer un responsable du SI achats au sein des entreprises. Un grand nombre de solutions IT sont aussi disponibles pour gérer au mieux les risques : antivirus, chiffrement des PC et des échanges, cloisonnement du réseau...
Quid des embauches après le Master GPLA ?
Ce forum fut aussi l’occasion de faire un bilan sur le Master en termes d’employabilité. 26 % des anciens étudiants interrogés ont déclaré avoir été embauchés dans leur entreprise juste après avoir été diplômés. Côté rémunération, 65 % des répondants ont indiqué percevoir un premier salaire entre 26 000 et 35 000 euros nets par an. Pour 68 % des anciens élèves, la durée de recherche d’un emploi post-Master s’est établie à moins de trois mois.

Par Audrey Fréel

Le dernier numéro

Dernier numéro

N°282 - Mai 2019

Les indicateurs

Les indicateurs Commoprices

Le catalogue

Le catalogue Silex

Nos partenaires

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play