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La Lettre des Achats - Avril 2019 N°281
Avril 2019

Marchés

Conjoncture

Confiance : les chefs d’entreprise n’ont pas le moral

Les chefs d’entreprise n’ont pas le moral

Témoignage

Philippe Waechter - Chef économiste - Ostrum AM
« Les commandes à l’industrie sont franchement à la baisse »

Par François Le Roux

Les chefs d’entreprise n’ont pas le moral

Face au ralentissement de la croissance mondiale, les chefs d’entreprise affichent un petit moral, ne laissant pas entrevoir d’embellie dans l’immédiat en Europe, aux Etats-Unis ou en Asie.

Les industriels européens broient du noir. Les résultats des enquêtes IHS Markit auprès des directeurs d’achats de la zone euro montrent que le secteur manufacturier de la région a subi en février une contraction inattendue et la plus marquée depuis mi-2013. Cette baisse de confiance des chefs d’entreprise constitue en réalité une demi-surprise dans la foulée des soubresauts de 2018. « Le repli des indices de confiance en Europe, mesuré à travers les enquêtes auprès de chefs d’entreprise, a été continu en 2018. Le début de cette tendance a coïncidé avec la montée de la rhétorique protectionniste aux États-Unis et celle des cours du pétrole en début d’année » explique Julien Marcilly, chef économiste de Coface.

Légère éclaircie


Globalement dans le secteur privé, le moral des patrons connaît toutefois une légère embellie, profitant de la bonne tenue du secteur des services. L’indice PMI composite a progressé à 51,9 contre 51 en janvier. Pas de quoi pavoiser néanmoins. Ce niveau reste proche du seuil de 50 qui marque la frontière entre croissance et contraction de l’activité. « Le secteur des services fait preuve de résilience mais les entrées de nouvelles commandes restent faibles, laissant peu d’espoir pour une amélioration notable des performances dans les prochains mois » a par ailleurs averti Chris Williamson, chef économiste chez IHS Markit.
L’Allemagne apparaît comme l’un des grands déprimés en Europe. Le moral des entrepreneurs outre-Rhin a atteint un plus bas depuis quatre ans. La production manufacturière et les exportations sont en perte de vitesse, l’Allemagne souffrant des tensions commerciales et de l’impact des nouvelles normes anti-pollution sur l’industrie automobile. Moins dépendante du commerce international, la France a par ailleurs bénéficié de la relance du pouvoir d’achat consécutive aux mesures « gilets jaunes ». Sans être euphorique, l’OCDE se montre ainsi plus optimiste pour la France que la zone euro, avec des prévisions de croissance de respectivement 1,3 % et 1 %
pour 2019.
C’est même un net rebond de la confiance des dirigeants français de PME-ETI pour les six prochains mois qui est souligné par le 84e Observatoire Banque Palatine-OpinionWay. La confiance pour leur propre entreprise a progressé de sept points par rapport à janvier, de treize points en ce qui concerne l’économie française et de dix points pour l’économie mondiale. Néanmoins, les niveaux de confiance demeurent 21 points en dessous des records du premier trimestre 2018 pour la confiance en l’économie française. Concernant l’investissement, il retrouve le niveau d’octobre, avant la crise des « gilets jaunes », tout en se situant neuf points en dessous des plus hauts de 2018, signe d’une prudence persistante.

Les patrons américains et chinois sur la défensive


Aux Etats-Unis, les patrons du secteur manufacturier ne cachent également pas leur inquiétude. L’indice PMI IHS Markit a atteint son niveau le plus bas depuis 18 mois à 53 points en février. En Chine, l’indice de confiance dans le secteur manufacturier de l’institut privé Caixin, réalisé en collaboration avec IHS Markit, est de son côté au plus bas depuis juin 2017 et, comme les indices officiels, reste figé sous la barre des 50 points, indiquant une contraction de l’activité.
Paradoxalement, si les grandes places boursières internationales ont nettement rebondi après leur trou d’air du quatrième trimestre 2018, le ralentissement de la croissance mondiale est illustré par la faiblesse relative du crédit high yield de moindre qualité noté CCC par rapport au crédit high yield dans son ensemble. D’autre part, indicateurs avancés de la croissance mondiale, comme le fret maritime, les matières premières et les ventes de machines outils connaissent des évolutions très décevantes au regard de la hausse enregistrée par les marchés d’actions. A ce stade, une récession semble toutefois exclue. Le scénario d’une croissance molle domine.

Par François Le Roux

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