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Par Guillaume Trécan

Pôles de compétitivité

Les achats sous-exploités

Trois ans après leur création, les 71 pôles de compétitivité recourent peu au levier achats. Quelques initiatives donnent l’exemple de la mutualisation mais le transfert d’innovation entre fournisseurs et grands comptes reste peu développé.

En Loire-Atlantique, le pôle industriel EMC2 travaille à un programme de promotion des achats. Baptisé Innov’achat, il se décline en trois parties. La première, Perf’achat, propose à des professionnels de travailler sous forme d’ateliers sur des thématiques opérationnelles ; avec le Masc (master achats supply chain Atlantique), l’école nantaise Audencia organise également des séminaires réguliers de réflexion stratégique sur les achats. Les chefs d’entreprise peuvent aussi bénéficier du programme Diag’achat pour évaluer leur organisation achats et envisager des pistes d’optimisation. Troisième volet, Excel’achat offre de mutualiser les achats de PME. Ce projet a pris corps pour les achats d’acier de cinq entreprises de la filière agencement et mobilier et, d’autre part, d’une quinzaine de sociétés de l’aéronautique.
Avec l’objectif d’atteindre une masse critique, la mutualisation apparaît comme la démarche la plus courante. Le pôle Cosmetic Valley, présent en Haute-Normandie, Centre et Île-de-France, s’est lui aussi impliqué dans ce type de projet. Avec son aide, cinq PME ont engagé un consultant pour renégocier certains contrats fournisseurs. La massification des commandes a généré des remises plus importantes. En Aquitaine et Midi-Pyrénées, Aerospace Valley a lui aussi accompagné la mise en place d’une plate-forme d’achats entre des sous-traitants aéronautiques de rang 1. Mais cette fois, le projet n’est pas né à la seule initiative des entreprises acheteuses. L’implication des donneurs d’ordres, en particulier Airbus, est essentielle : ces derniers définissent les spécificités des matières et communiquent sur les évolutions stratégiques de leur supply chain. Et Jean-Claude Thomas, président d’Airbus, a d’ailleurs été élu à la tête du pôle.

Un travail clients-fournisseurs

Un dernier projet, développé par le pôle Arve Industries Haute-Savoie Mont-Blanc, pousse plus loin la coopération. Avec, à la clé, un outil d’évaluations croisées de la capacité du client à co-concevoir et du fournisseur à coopérer à une recherche d’innovation. Second volet de l’outil, l’évaluation après-coup de la performance de la relation, dans une perspective miroir : le fournisseur vu par le client et vice-versa. L’un des principaux éléments de succès est d’avoir fédéré six donneurs d’ordres (bioMérieux, Rexroth Bosch Group, Salomon, Schneider Electric, SNR et Somfy), dix sous-traitants de l’usinage et de la mécatronique, trois laboratoires de recherche et le centre européen d’entreprises et d’innovation Thésame.
Mais seuls 25 % des pôles seraient engagés dans de telles démarches. C’est en effet le constat de l’étude Dynamique Achat menée au printemps 2008, par HEC et AFM Performance Booster, sur la relation entre achats et innovation dans les pôles de compétitivité. Le premier « frein » relevé par Olivier Bruel, professeur associé à HEC, lors d’une récente présentation de l’étude, reste la dimension régionale des pôles, contradictoire avec le sourcing mondialisé des donneurs d’ordres. Deux handicaps s’ajoutent : les « problématiques de dépendance » entre clients et fournisseurs et les délicates questions de propriété intellectuelle.

 


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