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La Lettre des Achats - Mars 2019 N°280
Mars 2019

Tendances

Étude

Obsar
Les achats responsables ne passionnent pas

Par Guillaume Trécan

Obsar

Les achats responsables ne passionnent pas

Pour sa dixième édition, le baromètre des achats responsables de l’Obsar décrit une situation en demi-teinte, avec un nombre de participants en berne, des politiques achats responsables mieux intégrées dans la stratégie d’entreprise, mais le retour de pratiques court-termistes.

Pour ses dix ans d’existence, le Baromètre de l’Obsar (Observatoire des achats responsables) a dû souffler ses bougies en petit comité avec seulement 185 participants, contre 269 un an plus tôt (voir la LDA N°269) et plus de 300 deux ans après son lancement en 2011 (voir la LDA N°191). On pourrait y voir un signe du manque d’intérêt de la fonction achats pour ce sujet, ou au contraire un signe de normalisation du thème des achats responsables, rentré dans les habitudes au point que l’on n’y prête guère attention. « Aujourd’hui les entreprises engagées le sont vraiment. Cela pénètre dans toutes les strates de l’entreprise », estime Nathalie Paillon, animatrice de l’Obsar qui poursuit : « maintenant il y a au moins une première déclinaison des enjeux et, ou de la stratégie RSE de l’entreprise pour toutes les organisations achats. Ce n’était pas autant le cas avant, en particulier dans le secteur privé. » De fait 90 % des personnes interrogées déclarent cette année avoir mis en place une politique d’achats responsables. Ils n’étaient que 79 % dans ce cas en 2011.

Décliner la stratégie de l’entreprise


Le premier moteur des politiques achats responsables cité est d’ailleurs dans 62 % des cas « la déclinaison des enjeux de l’entreprise et, ou, de sa stratégie RSE ». La question de l’image, qui apparaît en deuxième position demeure importante, mais elle n’est en définitive citée que par 27 % du panel total, un peu plus dans les entreprises du secteur privé de plus de 250 salariés, avec 32 % de citations.
Une différence se marque à ce niveau, d’une part avec les directions achats des entreprises privées de moins de 250 salariés, qui positionnent le fait de développer le territoire (l’écosystème économique de l’entreprise) comme deuxième motivation avec 41 % de citations et d’autre part avec les donneurs d’ordres publics qui citent ce critère de motivation dans 38 % des cas. Le respect des réglementations et des normes est la troisième motivation la plus courante le respect des réglementations et des normes, cité par 26 % du panel total et 31 % des entreprises privés de plus de 250 salariés.
Pour continuer la série des signaux positifs, il convient d’évoquer le fait que 48 % du panel considère que la politique d’achats responsables est une priorité, là où cette proportion n’était que de 40 % l’an dernier. A noter également que 83 % des personnes interrogées disposent d’au moins une forme de cartographie ou d’analyse des risques RSE.
Parmi les tendances montantes, les participants à ce sondage indiquent aux deux premières places le respect des valeurs sociales et sociétales (94 % de plutôt important et très important) et un moyen de réduction des risques environnementaux (93 %). Dans le premier cas les trois premiers objectifs sont de soutenir l’emploi dans le bassin local (58 %), l’insertion des personnes éloignées de l’emploi (53 %) et la lutte contre le travail dissimulé (47 %). Dans le cas des questions environnementales, elles se déclinent avant tout dans la réduction des consommations (35 %), dans l’allongement du temps d’utilisation et de la durée de vie des produits (19 %) et dans l’achat de produits éco-conçus (15 %).

Retour des contradictions de période de crise


Voila pour les quelques signaux positifs… l’ennui c’est que les signaux négatifs ne manquent pas. Interrogés sur les principaux freins aux politiques d’achats responsables, les participants au Baromètre des achats responsables étaient en 2015 45 % à citer des objectifs contradictoires qui leur étaient assignés. D’année en année, cette proportion avait décliné… pour finalement remonter cette année, avec 36 % des personnes interrogées qui déplorent cet état de fait. C’est le deuxième frein en nombre de citations, derrière le manque d’indicateurs de mesure (40 %).
Parmi ces indicateurs qui feraient défaut, la connaissance de la performance RSE des fournisseurs apparaît très lacunaire, avec 50 % des témoins qui, à la question « avez-vous une bonne connaissance de la performance RSE de vos fournisseurs ? » répondent « pas du tout » ou « plutôt pas ». Autre problème la prise en compte du TCO qui ne progresse pas. A la question « appréhendez-vous les coûts globaux des produits dont vous faites l’acquisition ? » 34 % des personnes interrogées répondent rarement, ou jamais.
Enfin sur le front des délais de paiement, une très légère dégradation apparaît même avec une baisse de quatre points de la proportion des responsables achats dont les entreprises ont mis en place des actions pour réduire les délais de paiement aux fournisseurs, à 58 %. La proportion des répondants (publics et privés confondus) qui reconnaissent payer leurs fournisseurs à plus de 60 jours augmente d’ailleurs de quatre points, à 7 %. Elle est même de 13 % pour les entreprises privées de moins de 250 salariés.


Par Guillaume Trécan

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