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La Lettre des Achats - Septembre 2018 N°274
Septembre 2018

Management

Reportage

Crédit Agricole SA
Les Achats misent sur la co-construction et le digital

Par Audrey Fréel

Crédit Agricole SA

Les Achats misent sur la co-construction et le digital

Pour la deuxième année consécutive, la direction des achats du Crédit Agricole a organisé ses Rencontres fournisseurs, qui se sont déroulées à Paris le 27 juin dernier.

Environ 300 fournisseurs (sur les 12 000 du groupe) ont assisté à cet événement, qui fut l’occasion de faire un point sur la stratégie achats du groupe. Et en particulier sur l’état d’avancement du plan à moyen terme PMT 2020, lancé en 2016. « Pour les achats, ce plan prévoit des économies de 220 millions d’euros. Aujourd’hui, nous sommes à mi-chemin car nous avons déjà généré des gains de 130 millions d’euros », précise Sylvie Robin-Romet, la directrice des achats.
Au-delà des problématiques de rationalisation, la direction des achats a avancé sur d’autres sujets en 2018. Le Crédit Agricole s’est par exemple engagé dans une politique d’achats responsables et a obtenu, dans la foulée, le label « Relations fournisseurs et achats responsables ». Le groupe bancaire a également mis l’accent sur l’innovation. « Depuis le début de l’année, nous avons mis en place des plateformes qui permettent d’acheter des produits et des petits logiciels très rapidement afin de gagner en réactivité », illustre Sylvie Robin-Romet.

Mobilisation autour de la sûreté et des prestations IT


La direction des achats a aussi présenté des projets en cours, avec un zoom sur deux chantiers : la sûreté et les prestations IT. Le premier concerne la maintenance, le renouvellement et la mise en conformité d’équipements et de prestations de sécurité des réseaux d’agences et des immeubles tertiaires du groupe (caméras, alertes, télésurveillance, vidéosurveillance et contrôle d’accès). « Nous faisons un focus fort sur les immeubles tertiaires avec une montée de la mise en sûreté qui aura lieu au troisième trimestre », précise Pascal Ménard, acheteur en charge de la catégorie Immobilier.
Concernant les prestations IT, dont les contrats arriveront à échéance au 1er janvier 2019, un appel d’offres sera lancé mi-juillet. « Nous allons changer notre modèle afin qu’il soit plus adapté à l’évolution du marché de l’informatique et des prestations », explique Louis Cottin, acheteur en charge de la catégorie IT. L’accélération de la transformation digitale a en effet fait émerger des phénomènes impactant les prestations IT, comme de nouveaux modes de sourcing (avec des plateformes de mise en relation), l’augmentation du nombre de freelances ou encore le portage salarial.

Co-construire pour générer de l’innovation


La direction des achats a aussi mis en lumière quelques initiatives de co-construction. « Depuis environ un an, nous mettons en place des démarches de co-construction avec certains fournisseurs », souligne Séverine Dubois, directrice du pôle achats Banque de proximité. Par exemple, dans les transports de fonds, des fournisseurs ont été associés à la construction du cahier des charges dans le cadre d’un appel d’offres lancé en 2016. Cette catégorie représentait un montant annuel d’achats de 84 millions d’eurps en 2016. « L’appel d’offres était très différent de ce que nous avons pu connaître jusqu’à présent avec le Crédit Agricole. Il était très ouvert à la création de valeur », se rappelle Mickaël Gabary, directeur adjoint Commerce de Brink’s France, le fournisseur ayant été associé à la construction du cahier des charges. Dans ce cadre, un plan de progrès et des engagements ont été définis. « Nous allons mesurer deux fois par an, en comité de pilotage, les progrès réalisés et analyser les résultats. Nous continuons aussi la veille puisque nous ne voulons pas nous cantonner au plan de progrès défini pendant l’appel d’offres. Nous avons déjà de nouvelles idées qui ont émergé », détaille Mickaël Gabary.

Déploiement du SI Achat Easy


Enfin, la transformation digitale des achats a été mise à l’honneur lors de ce rendez-vous. Depuis quatre ans, le Crédit Agricole déploie le système d’information achats Easy, développé par la société Ivalua. « Aujourd’hui 900 utilisateurs uniques par jour utilisent cette solution », révèle Maxime Genestier, Secrétaire Général achats du Crédit Agricole. Le SI a d’abord été mis en place en 2014 au sein de la société mère Crédit Agricole SA. Après cette phase de test concluante, il a été élargi au niveau du groupe en 2016.
Cette année, le Crédit Agricole passe à la vitesse supérieure. Il prévoit de développer Easy à l’international et au niveau des caisses régionales. Objectif : équiper 10 filiales et 20 caisses régionales minimum d’ici fin 2019. A titre d’exemple, le Crédit Agricole Ile-de-France utilise Easy depuis peu. « Cette année, nous avons choisi de mettre en place ce SI pour encadrer nos process achats et faciliter les échanges avec nos fournisseurs », commente Claire Arcis, responsable du service achats du Crédit Agricole Ile-de-France. Avant d’ajouter : « Il nous a notamment permis de nous mettre en conformité vis-à-vis de nos fournisseurs, tant au niveau contractuel que réglementaire ». Mais selon Claire Arcis, la conduite du changement reste encore un point à travailler pour profiter pleinement du potentiel de cette solution.
Les fournisseurs demandent un peu plus de visibilité
Sylvie Robin-Romet a profité de cet événement pour dévoiler les principaux résultats des enquêtes fournisseur 2017. Concernant la satisfaction globale, le groupe affiche des résultats assez stables : 82 % pour les grandes entreprises (contre 80 % en 2016) et 81 % pour les PME (contre 79 % en 2016). Grands comptes et PME sont notamment séduits par le niveau d’exigence du Crédit Agricole en matière de RSE. La connaissance du groupe, la taille des marchés proposés ou encore la clarté et la simplicité des documents fournis représentent également des points forts pour les grandes entreprises. Les PME sont, elles, satisfaites des conditions financières générales (acomptes, avances, etc.) et du respect des engagements contractuels.
Quelques points restent cependant à améliorer, notamment concernant la mise en relation avec d’autres interlocuteurs en interne et la visibilité sur le planning de déroulement des marchés et de la stratégie achats du groupe.

Par Audrey Fréel

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