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Par Guillaume Pommereau gpommereau@lettredesachats.fr

Assystem Services Industrie

Les achats en mode projet

Filiale d'AssystemBrime, Assystem Services Industrie, spécialiste de l'ingénierie et des systèmes clés en main, cherche à mieux positionner ses achats. Une démarche à mener dans un contexte particulier où les acheteurs doivent raisonner en mode projet, sur des achats par définition non récurrents. Ce qui suppose, selon les affaires, de fonctionner au cas par cas pour gérer les 8 millions d'euros annuels de dépenses.

Au sein d’Assystem Services Industrie, l’objectif des achats est d’apporter le maximum de valeur ajoutée aux clients. « D’où notre volonté d’intervenir le plus en amont possible, dès qu’un projet est pressenti, c’est- à-dire avant même qu’Assystem ne réponde à un appel d’offres. Une démarche qui n’est pas toujours simple, notre rôle restant étroitement lié au responsable du projet. En revanche, nous sommes bien pris en compte par les chargés d’affaires, une fois le projet lancé », explique Yann Le Coz, le responsable des achats.
Si la place des achats est clairement définie dans les procédures de l’entreprise, la fonction n’en travaille pas moins quotidiennement à sa reconnaissance. Avec un atout : Assystem Services Industrie est une ancienne filiale de Thales, externalisée en 2003. La fonction est donc bien positionnée. « La maturité idéale serait qu’elle soit l’un des acteurs incontournables lors de la décision stratégique de "make or buy" dans le processus de réalisation de l’offre commerciale au client ».
La stratégie d’achat est calquée sur l’activité d’Assystem, d’où un raisonnement qui se mène essentiellement en mode projet. Cependant, une partie des achats est récurrente : informatique industrielle, automates programmables, composants électroniques et équipements électriques. « Dans une optique de PLM (product lifecycle management), nous proposons à nos clients l’ensemble des services associés aux outils que nous mettons en place, depuis la conception, le développement, l’installation et la maintenance en conditions opérationnelles (MCO). C’est un métier à part entière car certaines de nos prestations de MCO ont une durée de dix, quinze ou vingt ans, ce qui nous conduit à établir et à tracer toute une filière de réparation », reprend Yann Le Coz. C’est  le cas pour les sous-ensembles électroniques ou les composants, les cartes informatiques, voire les automates programmables.
« La compétence achats est stratégique : il est capital de sélectionner les partenaires aptes à répondre à l’ensemble de nos critères. Il en est de même dans un autre de nos secteurs d’activité, le déploiement de télécommunications et de systèmes, où nous prenons en charge les achats de matériels électriques, de pylônes, d’antennes ou encore d’onduleurs. Tous achats confondus, notre périmètre couvre la production et le hors production, pour un montant de 8 millions d’euros environ ».
Pour suivre son activité, le service achats dispose d’un tableau de bord trimestriel avec trois indicateurs majeurs : les gains, le taux de couverture des projets sur lesquels les achats interviennent, ainsi que le nombre de fournisseurs donnant satisfaction aux clients internes. Sur ce dernier point, une mesure est réalisée une fois par an par les achats et la qualité. Elle est tout d’abord évaluée par l’ensemble des chargés d’affaires, clients internes du service ; ces notes sont ensuite pondérées par les évaluations réalisées en commun par les achats et la qualité. « En fonction des notes obtenues, les fournisseurs peuvent être recadrés, voire exclus du panel. À noter que nous gérons 450 fournisseurs référencés dont 265 sont réellement actifs », ajoute le responsable des achats.
Une difficulté à souligner reste la mesure des gains. Selon les affaires, le poids des achats varie de 20 %-25 % à 50%-60% du volume traité. De plus, il est impossible de fixer des objectifs annuels à respecter ; par définition, les achats traités ne sont pas connus à l’avance. En outre, il est ardu d’estimer les gains dus à l’optimisation d’un processus : ils peuvent être liés au respect des délais ou des prix, objectifs complexes à tenir face aux aléas qui conditionnent un projet.

 

Portrait

Yann Le Coz (42 ans, DUT électronique, Esap, Desma) a travaillé pendant huit ans pour Siemens comme acheteur puis chef de groupe achats. De 1997 à 2000, il a été responsable des achats dans une PME spécialiste de la sécurité électrique. Il a rejoint Thales en 2000 en tant que responsable des achats. Il occupe cette fonction au sein d'Assystem Services Industrie depuis l'externalisation de l'activité hors du groupe Thales en 2003.



En chiffres

AssystemBrime
Ingénierie et conseil en innovation
Chiffre d’affaires : 465 millions d'euros
Effectif : 6 500 personnes
Assystem Services Industrie
Ingénierie et systèmes clés en main
Chiffre d’affaires : 39 millions d'euros
Effectif : 330 personnes
Montant des achats : 8 millions d'euros par an
Effectif achats : 3 personnes



 

Achats de catégorie c

Une centrale pour optimiser les achats

Menée en 2003, l'externalisation des achats de catégorie C auprès d'une centrale d'achat visait plusieurs objectifs : d'une part permettre aux acheteurs de sous-traiter les achats non stratégiques afin de se recentrer sur leur cœur de métier ; d'autre part optimiser le couple coût-valeur des services issus du processus d'achat. Il s'agissait également de limiter le nombre des fournisseurs et d'améliorer les processus, avec par exemple une seule facture mensuelle consolidée pour la comptabilité. « Nous bénéficions de la puissance d'achat de la centrale, par exemple sur les composants électriques ou les accessoires. D'ores et déjà, 400 000 à 500 000 euros sont gérés annuellement par notre prestataire, un chiffre minimum pour intéresser un partenaire », détaille Yann Le Coz.



 

Par Guillaume Pommereau gpommereau@lettredesachats.fr

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