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Par Claire Rousseau crousseau@lettredesachats.fr

Auto-Châssis International

Les achats en Iran pour accompagner la Logane

L'équipementier automobile Auto-Châssis International s'implante en Iran en y créant la joint-venture ACI Pars avec Robat Machine, son homologue iranien. Elle fournira les liaisons au sol des 300 000 automobiles Logane que Renault projette de construire dans le pays. Une décision qui n'est pas sans conséquences sur les achats, avec en parallèle des objectifs de réduction des coûts et des délais, ainsi que d'optimisation de la qualité.

Après la Roumanie, ACI a décidé de suivre de nouveau Renault, sa maison mère et son principal client, dans son développement international. ACI sourcera en Iran des pièces de fonte, de forge et quelques pièces embouties pour les besoins de l’unité de fabrication iranienne. « Nous avons engagé un acheteur iranien : basé dans le pays, il fait le lien avec les fournisseurs locaux et assure les négociations qualité, coûts et délais. Il s’appuie sur des données que nous lui transmettons : dossiers de consultation, prix objectifs calculés à partir d’inducteurs de coûts locaux comme le coût horaire de la main-d’œuvre, prix de l’énergie, de l’électricité et de l’acier », explique Philippe Chazal, chef du service achats de pièces et composants pour ACI.
D’une manière générale, lorsque l’entreprise s’installe dans un pays, elle en profite pour établir une base géographique d’achat avec pour mission de prospecter, de gérer la relation avec les fournisseurs locaux et de prendre en charge les achats du site. Mais ACI emploie aussi des acheteurs à des endroits où il n’existe pas d’unité de pro- duction, comme en Chine. Elle source déjà en Amérique du Sud et va très probablement le faire en Asie pour des pièces mécaniques comme les disques de freins. « Pour l’instant, nous en sommes à la phase de développement et nous prévoyons de sourcer un disque de frein en Chine dès la fin de l’année. Pour apprécier la pertinence économique d’un projet de sourcing dans un pays à bas coûts, nous comparons les inducteurs de coûts tels le coût de la main-d’œuvre, de l’approvisionnement et du transport », expose Philippe Chazal.
Ces indicateurs peuvent varier d’un pays à l’autre. C’est le cas pour la matière, l’énergie et la main-d’œuvre. « Nous déterminons des prix objectifs par pays où nous pourrions acheter nos différents produits et nous les transmettons à nos acheteurs géographiques. Enfin, nous déterminons la meilleure zone de sourcing en fonction des retours de consultation des différents acheteurs géographiques et de l’analyse des écarts par rapport à nos prix objectifs. Si l’intérêt est manifeste, il est probable que nous allons nous mettre davantage au sourcing dans les pays à bas coûts », poursuit Philippe Chazal.

Des prix plus transparents

Et le groupe privilégie aussi des objectifs de qualité, de coût et de délai. La qualité par produit est définie par la direction de la qualité ACI et le rôle de l’acheteur est d’inciter le fournisseur à respecter l’objectif fixé, inférieur à 30 PPM. Pour que le délai soit mieux respecté, le taux de service est fixé à 100 %. Dans un contexte de baisse des prix des équipements automobiles, la réduction des coûts ne doit pas avoir lieu au détriment de la qualité et du délai. « Nous comptons obtenir une baisse plus importante en accroissant la transparence des prix. À cette fin, nous procédons avec nos fournisseurs à une décomposition des coûts. Ce qui permet de détecter les gisements potentiels de productivité en soulignant les écarts trop importants par rapport à la décomposition du prix objectif. Ce retour d’information est aussi très apprécié par nos fournisseurs : il met en évidence les gisements de productivité nécessaires à l’amélioration de leur compétitivité vis-à-vis de leurs concurrents », conclut Philippe Chazal.

 

Portrait

Philippe Chazal (47 ans, ingénieur et école de commerce) a effectué l'ensemble de sa carrière chez Renault à différentes fonctions : responsable de la gestion des coûts garantie de Renault UK, directeur après- ventes de Renault Autriche, chef de service achats édition et communication en France, puis chef du service achats de pièces et composants pour ACI.


 

En chiffres

ACI
Équipementier automobile
Chiffre d’affaires : 1 milliard d'euros
Effectif total : 4 000 personnes
Montant des achats :
> pièces et composants : 550 millions d'euros
> biens d'équipement : 100 millions d'euros
> prestations et produits hors fabrication (fluides, énergie, consommables) : 50 millions d'euros
Effectif achats : 50 personnes


 

L'organisation achats

ACI dispose d'acheteurs géographiques et d'acheteurs métiers. Les premiers sont localisés dans une zone géographique comme la Chine, le Brésil, l'Iran et la Roumanie. Ils reçoivent un mois de formation en France où ils sont initiés aux différents dossiers et aux techniques de négociation. Les acheteurs métiers, basés au siège, sont chargés du marketing achats dans le monde : ils surveillent les marchés, déterminent et proposent des objectifs calculés en fonction de différents para- mètres économiques. Ils déterminent ainsi des prix objectifs qu'ils transmettent aux acheteurs géographiques, chargés de la négociation et du contact avec les fournisseurs. Le service gère plusieurs familles d'achats : les composants comme les rotules ou les articulations, les pièces forgées ou en fonte comme des disques de freins, les pièces embouties et la tôle, essentiellement des aciers plats laminés à chaud qui imposent une contrainte de proximité avec les fournisseurs.

Par Claire Rousseau crousseau@lettredesachats.fr

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