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La Lettre des Achats - Janvier 2005 N°124
Janvier 2005

Tendances

Chronique

Les achats au plus haut niveau en 2005, c'est comme si c'était fait !

Par François-Charles Rebeix fcrebeix@lettredesachats.fr

Les achats au plus haut niveau en 2005, c'est comme si c'était fait !

Nous vous l’avions prédit il y a un an à la même époque : les achats allaient hausser le ton. C’est fait ! Enfin presque. Car même s’il reste beaucoup à dire, jamais ils n’auront été autant à l’honneur et au plus haut niveau, tandis que l’année 2005 s’annonce comme un excellent cru.

Notre premier indicateur, c’est ce que nous pourrions appeler « le taux moyen de citation des actions achats » dans la presse économique ou généraliste. Au moment de la présentation des comptes et des perspectives d’activité, les achats sont de plus en plus cités. Démonstration : dans Le Monde du 16 décembre 2004 à propos du rapprochement d’Accor et du Club Med. Les deux groupes, qui entendent développer des synergies, espèrent dégager 17 millions d’euros de résultat dès 2005 et 46 millions en 2007. Ils misent à la fois sur l’accroissement du chiffre d’affaires et l’optimisation des achats. Leurs achats communs (aérien, produits consommables, prestations, communication et marketing) pèsent déjà 3 milliards d’euros. Sans doute leur contribution sera-t-elle décisive… Autre exemple, dans le quotidien du même jour : EDF, qui veut augmenter son chiffre d’affaires de 20 % d’ici 2007, a besoin de 30 milliards d’euros pour financer son développement. Trois pistes vont êtres suivies : une introduction en bourse (pour 10 milliards d’euros), des cessions d’actifs (10 milliards d’euros encore), des réductions des coûts (7,5 milliards d’euros d’économies attendus d’ici 2007).
Les entreprises détaillent maintenant toutes leurs actions pour réduire les coûts, sans les confondre avec les économies qu’elles réalisent sur le volet social. Des expressions comme « analyse détaillée des dépenses »,  « recherche de synergies », « optimisation des prestations », « économies de gestion », « mise en place de projets achats » entrent dans le vocabulaire courant des dirigeants. Un vocabulaire non pas à usage interne – car ces concepts font déjà partie de leur quotidien – mais à usage externe, destiné presque au grand public.
Alors tant mieux. Parce que le mot « achats » ne paraît pas toujours bien compris. Et pas seulement par le commun des mortels. Dans l’entreprise également. Au pire, les uns perçoivent mal l’étendue de la fonction du même nom. Au mieux, les seconds la considèrent comme un… mal nécessaire que l’on envisage de subir uniquement pour régulariser une décision déjà prise ailleurs. Il existe aussi une catégorie d’avertis qui a fini par rencontrer des « spécimens » travaillant aux achats. Là encore, deux catégories : ceux qui subissent en interne ces fameux « acheteurs » (fini la liberté d’acheter), ceux qui les subissent à l’extérieur (les commerciaux). Parmi ces derniers, il y a ceux qui vous disent :  « Ils nous ont fait progresser », dans la baisse des coûts, dans la contraction des marges, en innovation, en parts de marché, etc. D’autres qui ne vous disent… rien. Par peur de représailles ? Pas forcément. Parce qu’il s’agit d’histoires trop longues à raconter : enchères mal menées, cahiers des charges pas clairs, obsession du prix, jeunes acheteurs aux  raisonnements « inadaptés à nos marchés », etc. Mais s’ils savaient les difficultés des jeunes ou des « nouveaux » acheteurs pour obtenir en interne une collaboration ! Une nouvelle fois, merci aux dirigeants de bien vouloir parler de leurs achats.
Pour les y aider, continuons dans le « glamour » ! Un genre assez peu usité dans  les achats. Le 9 décembre dernier, dans  les salons de l’Assemblée nationale, Marc Tessier, P-DG de France Télévisions (2,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires), recevait le prix du Manager de l’année 2004 décerné par Le Nouvel Économiste. Une reconnaissance peut-être atypique pour un dirigeant d’une entreprise sous tutelle de l’État. Mais sans entrer dans les arcanes du PAF (paysage audiovisuel français), le groupe France Télévisions (trois chaînes, 40 % de part de marché) arbitre lui aussi constamment entre audience, programmes et… finances. Si la redevance représente 63,2 % de son budget, le reste provient des recettes de publicité et de parrainage. La récompense décernée à son dirigeant souligne d’autant plus la réussite d’une équipe que celle-ci a été mise à l’honneur par la Commission des finances pour le projet de loi de finances 20051. Les auteurs y décrivent « La mise en œuvre du projet Synergia [qui], en 2003, a permis de dégager 48,2 millions d’euros d’économies [dont] 9,1 millions d’euros sur les achats de fonctionnement ». Recette ? L’établissement d’une structure de coordination des achats de fonctionnement. Ses objectifs ont été largement atteints : réorganiser et professionnaliser la fonction, établir des stratégies achats sur les principales familles de dépenses, négocier des contrats-cadres, moderniser les structures et les pratiques existantes (procédures, relations fournisseurs, appels d’offres, etc.). Un outil d’e-procurement intégré au futur système de gestion (Oracle) a été prévu. L’e-achat a fait son entrée à l’Assemblée nationale !
Toujours dans Le Monde du 16 décembre, on apprend aussi la réorganisation de l’état-major de Renault, précédant l’arrivée à sa tête de Carlos Ghosn. Les achats seront directement rattachés au futur président, comme chez Nissan. Ils dépendaient jusqu’ici du directeur général adjoint industrie et technique. Autre nomination emblématique, annoncée cette fois dans Les Échos du 22 décembre, celle de Philippe Lazare, directeur des achats, de la réduction des coûts et de l’immobilier du groupe La Poste. Il est aussi nommé directeur du projet « performances des fonctions transverses » et rejoint le comité exécutif du groupe. Voilà pour le carnet mondain.
Les achats ont quitté la rubrique… faits divers : délocalisations, hausses des coûts matières non répercutées, faillites des PME, etc. Vous retrouverez d’ailleurs dans ce numéro, à propos des PME, l’enquête que nous avons conduite auprès de nos abonnés de cette catégorie d’entreprises. Vous aimez les achats dans les grands groupes ? Vous les adorerez dans les structures plus petites. Il n’ont rien de « light », ils ont eux aussi la taille… patron. Nous avons publié notre questionnaire. À votre disposition également, un « quiz achats » sur le thème : « Êtes-vous un manager achats communicant ? » Bonne lecture et bonne année 2005


1. Projet de loi de finances pour 2005. Rapport n°1863 - Annexe 14. Culture et communication. Rapporteur spécial : Patrice Martin-Lalande, député.

Par François-Charles Rebeix fcrebeix@lettredesachats.fr

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