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La Lettre des Achats - Décembre 2018 N°277
Décembre 2018

Marchés

Événement

Gazelec Paris
L’énergie électrique verte… mais à quel prix ?

Par la rédaction

Gazelec Paris

L’énergie électrique verte… mais à quel prix ?

Acheter de l’électricité ou la produire soi-même ? Et dans le cas d’achat, opter pour de l’énergie verte ou classique ? Autant de questions auxquelles ont tenté de répondre les acheteurs énergie de grandes sociétés comme SEB ou Allianz Real Estate, des acheteurs publics comme ceux de Pôle Emploi et des fournisseurs d’énergie, lors de la conférence Gazelec qui s’est tenue du 16 au 18 octobre à le Défense.

Alors que le prix de l’électricité grimpe depuis 2006, les stratégies d’achat d’énergie sont aujourd’hui cruciales. C’est le cas pour Réjane Marchesseau, acheteur auprès de la direction des achats marchés chez Pôle Emploi, participant à la table ronde Gazelec sur l’auto-consommation : « Avec1 000 points d’implantation sur le territoire, le poste électricité représente plus de 15 millions d’euros par an, c’est l’un des postes de dépense les plus importants ». Les Fonderies Ardennaises quant à elles, achètent 110 gigawatts d’électricité par an pour plusieurs millions d’euros. Le budget est tout aussi important pour Allianz Real Estate, la filiale immobilière de l’assureur. « Nos dépenses d’électricité se chiffrent à 5 millions d’euros par an pour une surface d’exploitation d’un million de m2 », précise Patrick Stekelorom, le responsable développement durable et innovation de la filiale. Dans ces conditions, la moindre augmentation d’électricité représente un vrai casse-tête pour les acheteurs d’énergie des grandes entreprises.
Leur stratégie consiste en général, à sécuriser le budget. « Le groupe Seb négocie des formules d’indexation au contrat et nous cherchons à sécuriser les budgets par des swaps », explique Hervé Bouvard, le responsable achats industrie et énergie du groupe. Pour les Fonderies Ardennaises, le coût de l’énergie étant le second poste de consommation après les matières premières, la stratégie d’achat consiste également à obtenir des prix stables. « Nous pouvons nous engager plus longtemps quand les prix sont fixes », signale François Mansuy, directeur des achats de la société. « La moindre augmentation comme celle de la fiscalité sur l’énergie a une répercussion très importante sur notre budget », ajoute-t-il.

L’auto-consommation, une solution aux contraintes budgétaires


Dans ces conditions, la solution pour réaliser des économies serait-elle celle de l’auto-consommation ? « La règlementation nous impose 40 % d’économies d’énergie d’ici 2030, l’auto-consommation va donc devenir une évidence », souligne Patrick Stekelorom. Allianz Real Estate n’a pas attendu cette date pour se lancer dans l’aventure. La société a ainsi mis à profit la source géothermique sur laquelle est construite la Tour Cristal à Paris, pour créer un bâtiment en parfaite auto-suffisance électrique. De même, une de ses tours située à la Défense, profite de la production annuelle de 10 gigawatts par des panneaux photovoltaïques. Malgré tout, ces initiatives sont assez limitées à Paris en raison de contraintes d’urbanisme très strictes.
Pour le groupe Perial qui gère un patrimoine immobilier de 600 immeubles pour une dépense électrique de 46 gigawatts par an à destination de ses locataires, l’auto-consommation apparait cela dit comme une solution. Le gestionnaire a ainsi installé sur le parking d’un de ses immeubles à Grenoble, 1 200 m2 de panneaux photovoltaïques afin de produire l’énergie nécessaire au fonctionnement du data center d’un de ses locataires. « C’était une opportunité d’offrir à nos locataires un service différenciant », explique Cédric Nicard, directeur du développement durable chez Perial. « Nous allons doucement vers l’auto-consommation car nous avons besoin de visibilité et pour ce faire, nous avons investi dans de l’actif réel sur le long terme », ajoute-t-il. Le groupe Seb qui développe une stratégie de ROI à deux ans maximum, s’est pourtant engagé dans un projet d’installation photovoltaïque sur deux sites de la région lyonnaise. « Notre démarche est purement citoyenne et même si le ROI est à dix ans, c’est un pari sur l’avenir », observe Hervé Bouvard.

L’électricité verte, une vraie demande des acheteurs


Malgré les prix et les contraintes, l’auto-consommation est aussi guidée par le besoin d’énergie verte comme le souligne Réginald Thiebaut, directeur commercial chez ENI : « Tout le monde est favorable à l’énergie verte et les marchés publics commencent à en demander mais la vraie question pour un acheteur, est de savoir comment dépasser le budget initial de 30 ou 40 % ! ». C’est le cas chez Pôle Emploi où la question tout d’abord posée, a été évacuée en raison des contraintes budgétaires. Et de fait, même pour les entreprises déjà engagées dans cette démarche, le sujet du maintien du budget reste la préoccupation principale. Toutefois, comme le note Emmanuel Sire, responsable des ventes grands comptes chez Uniper : « Depuis six mois, l’électricité verte représente une forte demande de la part de grands comptes comme les Gafa ».
C’est aussi le cas du groupe Perial. Un poste centralisé d’acheteur d’énergie a été créé pour l’ensemble du groupe et le choix a été fait d’acheter de l’électricité verte pour l’ensemble des immeubles. « Nous sommes en train d’étudier comment stabiliser les coûts, sans doute par des partenariats qui nous permettront de sécuriser nos achats pendant cinq ans », explique Cédric Nicard. Chez Allianz qui investi par ailleurs 3,5 millions d’euros dans les énergies renouvelables, l’achat d’électricité verte remonte à 2010. « Nous avons commencé à négocier nos achats en exigeant que l’électricité soit verte et même si aujourd’hui, le surcoût est important, l’électricité du groupe est verte à 100% », conclut Patrick Stekelorom. 

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