Publicité
La Lettre des Achats - Avril 2009 N°171
Avril 2009

Management

Dossier

Performance achats : la course au cash

Les articles

Directions des achats
Des actions de court terme

Développement durable, innovation
Des indicateurs encore à construire

Autoroutes du Sud de la France
La performance se mesure en gains

Directions financières
Une surveillance renforcée

Supply chain financing
Le temps, c’est de l’argent

Indicateurs et reporting
Place à des mécanismes structurés !

Témoignages

Jérôme Tison - Responsable du contrôle de gestion achats - Bel
« Surveiller les stocks et le poste fournisseurs »

Michel Etling - Directeur administratif et financier - Compagnie parisienne de chauffage urbain
« Améliorer les conditions d’achat et la planification »

Jean-Pierre Joubert - Directeur des achats, Arnaud Vaz - Directeur financier - Hutchinson
« La crise met les achats sur le devant de la scène »

Pierre Muracciole - Directeur général adjoint économie et finances - Servair
« Une performance d’ensemble reste complexe à mesurer »

Laurent Guthmuller - Directeur des achats adjoint - Eiffage Construction
« Seuls les indicateurs financiers sont automatisés »

Par la rédaction

Supply chain financing

Le temps, c’est de l’argent

Pour réduire leur besoin en fonds de roulement, les parties prenantes de la supply chain étudient de plus en plus les solutions proposées par les intermédiaires financiers spécialisés. Et les achats s’en font parfois les promoteurs auprès de fournisseurs fragilisés par le manque de liquidités.

D’après l’Association française des sociétés financières (ASF), la croissance des activités d’affacturage a atteint 14,4 % en 2008, contre 21,6 % en 2007. Dans le même temps, le volume de créances prises en charge par des intermédiaires financiers est passé de 121,5 à 134 milliards d’euros, avec une percée notable des créances à l’export (+ 29 % sur 2008), soit 14,1 % des montants traités. Malgré ce ralentissement, la progression reste à deux chiffres et la crise qui marquera 2009 pourrait redonner un coup de fouet à ce marché à moyen terme. Avec une tendance de fond : 40 % des DAF interrogés par Ernst & Young dans une enquête en 2007 se déclaraient déjà insatisfaits de leur performance de gestion du BFR…

Raccourcir artificiellement les délais de paiement

« La crise a mis en lumière les faiblesses de certaines relations financières à travers la supply chain. L’optimisation des processus logistiques cède du terrain devant l’urgence actuelle de rééquilibrer la balance », confirme Phillip Kerle, managing director de Demica, cabinet de conseil dédié à la supply chain financière et fournisseur de solutions en fonds de roulement. Pour assainir la situation, « les services achats des grands groupes cherchent à engager leurs fournisseurs dans des programmes de supply chain financing (SCF) qui leur garantissent le maintien de leur fonds de roulement en même temps qu’un paiement rapide du partenaire ». En France, le procédé est peu employé. Mais la pratique est répandue dans les pays anglo-saxons, ce que détaille David Chambeaud, directeur des achats du groupe Thomson, qui y recourt : « Des industriels de l’automobile américains et scandinaves, de grandes chaînes de détail au Royaume-Uni, des distributeurs de matériel de construction, des opérateurs ou encore des industriels de l’alimentaire utilisent ces services ». Le dernier rapport de Demica sur le sujet pointerait une progression de 65 % du nombre de programmes spécifiques entre 2007 et 2008 en Europe, « et le triplement du nombre d’entreprises étudiant cette option ».
Phillip Kerle estime qu’avec la crise, « le SCF à destination des groupes pourrait croître plus rapidement, d’ici à deux ans, que les lignes de crédit accordées par leurs banques à ces groupes ». La démarche peut revêtir un aspect salutaire : « Du côté des ventes, nous travaillons avec des ‘‘factors’’, pour recouvrir en avance certaines de nos créances domestiques ou à l’export. En revanche, nos fournisseurs, souvent en situation de monopole sur leur marché, n’y ont pas spécialement recours. Du côté des achats, la seule solution est alors de cadencer les livraisons du mieux possible », commente Philippe Lussiez, directeur financier d’Egide. Pour les achats, il s’agit donc aussi de faire la promotion de ce moyen de recouvrement des créances auprès des fournisseurs en quête de cash, quitte à en partager les coûts financiers avec eux…

Les achats s’imposent dans les négociations financières

Les achats pourraient jouer un rôle plus important encore : « Le rôle combiné des directions des achats et de la supply chain est majeur. Leur prise de conscience de la nécessaire intégration de nouvelles techniques de financement de la supply chain sera un élément prépondérant dans les futures optimisations. Les prises de décision ne doivent plus seulement être basées sur les seules contraintes physiques et de coûts », explique ainsi Jean-Jacques Laville, consultant senior supply chain pour iCognitive, cabinet de conseil spécialisé dans le supply chain management. « L’aspect financier doit être intégré dès la négociation entre acheteur et vendeur lors de la réalisation des contrats ». Doit-on y voir l’amorce d’une financiarisation de la fonction achats ? Sans aucun doute.


Affacturage, reverse factoring
Un remède miracle ?

La pratique du reverse factoring, qui consiste pour les fournisseurs à s’appuyer sur un établissement financier ou un spécialiste afin d’améliorer les échéances de paiement définies contractuellement avec leur client, tend à se répandre.
Mais le remède a un coût. Ce coût incorpore d’abord les commissions d’affacturage, qui varient avec le volume de créances traitées, le montant moyen des factures, le secteur d’activité et la solvabilité des clients, le tout à partir d’un minimum forfaitaire. S’ajoutent ensuite les commissions sur le financement lui-même, qui correspondent au coût du crédit traditionnel à court terme. Mais ce n’est pas tout : le risque de défaut de paiement a lui aussi un coût (le fonds de garantie), qui peut parfois concerner un bon tiers du parc de clients. Enfin, des frais administratifs sont à mettre en face de recherches et de services annexes pris en charge par le factor.
Il y a de quoi effrayer certains fournisseurs et se demander si le système ne participe pas lui-même à l’accroissement du coût des liquidités à court terme, en particulier pour les PME…

Par la rédaction

Le dernier numéro

Dernier numéro

N°286 - Octobre 2019

Le catalogue

Le catalogue Silex

Nos partenaires

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play