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Par Guillaume Trécan

Le grand mercato

Dans les 250 premières entreprises françaises, plus d’une direction achats sur cinq a changé de main durant les douze derniers. Le profil type du directeur achats n’a cela dit guère évolué.

Avec 54 directions achats à avoir changé de tête depuis la précédente édition du TOP250, l’année 2014-2015 égale le record de turn over relevé lors de la 16e édition de notre enquête sur la période 2012-2013. Plus d’une direction achats sur cinq a changé de main. Cela donne une idée de la pression qui pèse sur certains directeurs achats, dont le siège peut vite devenir éjectable faut de résultats. Vu sous un jour un peu plus positif, c’est également un signe d’une fonction en plein renouvellement.

Des pédigrées reconnus


Tout comme l’an dernier, un fort contingent de recrutement externe est venu apporter du sang neuf dans les entreprises qui ont ainsi confié leur direction achats à un nouveau venu... mais jamais un inconnu dans le monde des achats. Ainsi, le tout nouveau directeur des achats des laboratoires Pierre Fabre (n°162), Rachid Assasj, a passé près de vingt ans dans la fonction achats du constructeur Renault, dont il était dernièrement directeur achats indirects Asie et Pacifique. La directrice des achats du groupe Immobilière 3 F (n°203), Karen Simon, a pour sa part cumulé un parcours dans le conseil (Buyingpeers) et une carrière aux achats du groupe Nestlé. Nicolas Beaufils, qui de son côté a pris la direction des achats en pleine professionnalisation d’Harmonie Mutuelle (n°150) était auparavant responsable achats et moyens généraux France de l’ascensoriste Schindler et a également travaillé aux achats de la marque au losange. Bernard Emmanuel Lewin, qui est devenu directeur des achats d’Elis (n°200), est quant à lui issu des organisations achats d’Areva et de Valéo. Enfin, Ahlem Hamdi qui vient tout juste de rejoindre Radio France, a entre autre travaillé à la tête des achats de deux autres opérateurs de l’Etat : la Réunion des musées nationaux-Grand Palais et l’ONF.

Les n°2 deviennent n°1


Cette année, une autre catégorie s’impose avec une fréquence remarquable (nous avons relevé pas moins d’une dizaine de cas), celle de cadres de la direction des achats promus dans la foulée du départ de leur ancien patron. C’est le cas d’Aurélien Rothstein, chez Essilor (n°88), qui occupait précédemment le poste hautement stratégique de responsable de la performance achats groupe. Chez Claas Tractor (n°232), c’est tout simplement l’ancien numéro 2, Stéphane Prud’homme, jusqu’ici directeur achats adjoint qui prend le poste de directeur achats. Chez STMicroelectronics (n°81), Eric Levalet effectue pour sa part un mouvement d’extension de périmètre en passant de directeur achats Front End Europe à directeur achats groupe. Même chose pour le nouveau directeur des achats de Faiveley Transport (n°214), Cédric Lebrat, qui était jusqu’ici directeur achats de la division Access & Mobility de l’équipementier ferroviaire.
Sans pour autant être d’officiels numéro 2 beaucoup de promus avaient jusqu’ici en charge une catégorie achats clef. C’est le cas d’Olivier Ancel, qui vient d’accéder au poste de directeur achats du fabricant de revêtement de sol Gerflor (n°246), après avoir été responsable achats matières premières, ou encore de Sarah Etcheverry qui est devenue dernièrement directrice des achats du groupe de restauration collective Compass (n°210), après en avoir été responsable achats alimentaires et coordinatrice RSE. A la tête de la direction des achats d’Allianz (n°51), on retrouve également une autre cumularde, Marion Zemanik, anciennement responsable des achats immobiliers et responsable méthodes achats.

Ouverture culturelle


Si certaines entreprises ne sont ainsi pas allés très loin pour trouver leur nouveau directeur achats, à l’inverse, d’autres n’ont pas hésité à franchir des frontières. Ainsi, une autre tendance s’impose, moins spectaculaire par son ampleur que par le tournant qu’elle révèle dans le profil des états-majors. Un grand nombre de directions achats ont été confiées à des dirigeants de nationalité étrangère. Ainsi la direction des achats de Schneider Electric (n°21), déjà partie à Hong Kong depuis plus d’un an a désormais été confiée à un Indien, à la tête de celle du groupe Publicis (n°71), on trouve désormais une Anglaise, d’ailleurs basée à Londres. Alstom Grid (n°119) a pour sa part recruté un CPO d’origine turque et Heineken France (n°183) une directrice des achats de nationalité belge. L’avionneur ATR a quant à lui désigné un Italien pour prendre la direction des achats. Un choix pas si exotique cela dit, si l’on considère que, parmi les deux actionnaires d’ATR (n°197), figure le groupe transalpin Finmeccanica.
Reste pour parfaire ce tableau en mouvement quelques cas de recrutements internes effectués hors des achats, mais, sans grande surprise, presque tout le temps dans des filières finance et contrôle des gestion. Cette année plus que jamais on a recruté en terrain connu.

Par Guillaume Trécan

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