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La Lettre des Achats - Janvier 2019 N°278
Janvier 2019

Marchés

Conjoncture

Industrie française : le Fabless est mort, vive la French Fab !

Le Fabless est mort, vive la French Fab !

Témoignage

François Pellerin - Animateur du projet - Usine du Futur, région Nouvelle Aquitaine
« Les entreprises françaises sont loin d’être entrées dans l’ère du 4.0 »

Par François Le Roux

Le Fabless est mort, vive la French Fab !

L’économie française entend marcher sur deux pieds, les services et l’industrie. Pour redonner des couleurs à son industrie, les patrons et l’État français se sont engagés dans la révolution de l’entreprise 4.0. Cet effort structurel devra toutefois résister aux aléas conjoncturels du ralentissement de la croissance mondiale.

Passée dans l’ombre du secteur des services, longtemps présenté comme l’avenir de toute économie, l’industrie française entend retrouver un second souffle. Le 22 novembre, à l’occasion du Conseil national de l’industrie, le Premier ministre Édouard Philippe a dévoilé la liste des 124 territoires d’industrie entrant dans le cadre du plan national de transformation de l’industrie par le numérique. Pour accélérer le développement de ces territoires, l’Etat va mettre sur la table 1,36 milliard d’euros. Parallèlement, l’exposition « Usine extraordinaire » au Grand Palais à Paris a mobilisé tous les professionnels du secteur pour changer l’image de l’industrie et attirer de jeunes talents.
Par cette promotion de la French Fab, l’ambition est d’endiguer une hémorragie de plusieurs décennies, l’industrie ne comptant plus que pour 12 % du PIB en France contre 23 % en Allemagne. Les premiers bénéfices des efforts engagés ces dernières années sont déjà perceptibles. Dans l’industrie manufacturière, vingt secteurs sur 27 ont contribué positivement à l’emploi en 2018, selon l’observatoire de l’emploi et de l’investissement Trendeo. « Le progrès global de l’industrie est d’autant plus impressionnant qu’il est obtenu alors que l’automobile et les industries alimentaires sont en repli par rapport à 2017, même s’ils sont encore positifs » souligne l’étude.

Des créations d’usines positives


Autre bonne nouvelle, le solde des ouvertures et de fermetures d’usines a été positif sur les trois premiers trimestres de 2018, avec 16 usines supplémentaires sur les neufs premiers mois de l’année, contre 19 pour toute l’année 2017. Cette embellie constitue une opportunité de taille, sachant qu’un emploi industriel crée quatre à cinq emplois indirects. Sur la période 2009-2018, 576 usines ont toutefois disparu, soulignant s’il en était besoin l’ampleur de la tâche restant à accomplir.
Pour l’industrie française, l’avenir passe également par la nécessité d’être plus compétitive à l’export, tout en orchestrant une montée en gamme de ses produits et en changeant de taille pour être mieux armée face à la mondialisation. En 2017, le chiffre d’affaires sur le segment de l’industrie mécanique a en tout cas montré de belles dispositions, progressant de 3 % à 127,8 milliards d’euros par rapport à l’année précédente.

Les investisseurs étrangers parient sur la France


Pour opérer son redressement, l’industrie française peut s’appuyer sur le soutien de l’État mais aussi des investisseurs étrangers. Selon le dernier baromètre réalisé par Ipsos dans le cadre des « États de la France », 74 % des patrons d’entreprises étrangères implantées en France estiment que la France est un pays attractif pour les entreprises en 2018 et que leur maison mère est prête à investir sur le territoire, contre 60 % en 2017 et 36 % en 2016.
Au-delà des intentions affichées, le cabinet EY indique que 323 projets d’implantations ou d’extensions d’usines ont été menés en 2017 par des investisseurs étrangers, ce qui représente un bond de 52 % sur un an. En tête de ce classement européen, la France creuse ainsi l’écart face à ses principaux concurrents, le Royaume-Uni ayant comptabilisé 216 projets et l’Allemagne 163 projets.

Simple sursaut ou réindustrialisation durable ?


Avec le ralentissement de la croissance mondiale et le fort mouvement de contestation de la politique du gouvernement d’Emmanuel Macron, ayant largement perturbé en cette fin d’année 2018 l’activité économique du pays, des interrogations commencent déjà à émerger sur la solidité du redressement de l’industrie française. Selon le spécialiste de l’assurance-crédit Euler Hermes, une hausse de 2,2 % des défaillances d’entreprises a été enregistrée entre mai dernier et fin octobre, mettant fin à un recul de deux années.
Les secteurs des services semblent toutefois les plus touchés. Commentant l’impact du mouvement des « gilets jaunes », la Banque de France a indiqué « les transports, la restauration et la réparation automobile régressent », tout en annonçant avoir divisé par deux, à 0,2 % contre 0,4 % précédemment, ses prévisions de taux de croissance du PIB français pour le quatrième trimestre. Un effet boule de neige n’est toutefois pas à exclure, l’image de la France pouvant se dégrader aux yeux des investisseurs étrangers.

Par François Le Roux

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