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La Lettre des Achats - Février 2016 N°246
Février 2016

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Forum open innovation
L’Alliance pour l’innovation ouverte, an 1

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Par Guillaume Trécan

Forum open innovation

L’Alliance pour l’innovation ouverte, an 1

Réunissant plusieurs grands groupes français, l’Alliance pour l’innovation ouverte commence ses travaux de promotion des bonnes pratiques en matière de collaboration avec les startups. L’un des quatre axes de travail, la contractualisation, concerne directement les Achats.

Une vingtaine de groupes français ont porté sur les fonds baptismaux l’Alliance pour l’innovation ouverte le 18 décembre à Bercy, lors du premier Forum de l’Open Innovation organisé à l’initiative de l’Institut Open Innovation, une chaire de Centrale Supelec vouée au rapprochement des grands groupes et des startups. « L’innovation ouverte a besoin de confiance entre les acteurs et c’est l’enjeu de cette alliance », expliquait la secrétaire d’Etat chargée du numérique, Axelle Lemaire présentant ce regroupement naissant fondé sur une communauté de valeurs et sur le partage de bonnes pratiques.
L’Alliance pour l’innovation ouverte commence, en ce début d’année 2016, par constituer des groupes de travail sur quatre thématiques : financement, international, territoires et relations contractuelles. La participation des directeurs achats dans ce dernier groupe de travail est évidemment souhaitée. Certains ne s’y sont pas trompés, notamment le délégué général aux achats d’Air France, Thierry Bellon ou encore le directeur innovation collaborative de rupture de Safran, Laurent Deleville, qui étaient présents au Forum de l’Open Innovation.

Dix engagements grands groupes startups


Les principes fondateurs de cette alliance reposent sur un code de conduite des relations entre grands groupes et startups tenant en dix points : L’entreprise s’engage à assurer la promotion de la startup en interne en la mettant en relation avec les contacts pertinents ; elle s’engage à faciliter le recours aux tests des concepts avant leurs déploiements sur le marché ; elle adapte ses processus de décisions (achat, contractualisation, prise de participation, etc.) à la réalité de la start up et met en place un parcours de médiation ; la start up s’engage à être représentée par un de ses dirigeants ; dans le cadre d’une relation contractualisée, l’entreprise et la start up partagent les informations nécessaires au développement de leur collaboration ; elles définissent ensemble les conditions de communication externe et de promotion de la startup ; elles s’engagent à respecter la confidentialité des informations échangées ; elles s’accordent sur les modalités d’un partenariat équilibré ; elles s’assurent de la disponibilité des ressources humaines nécessaires à l’aboutissement du projet ; elles s’engagent à répartir de manière équilibrée la propriété intellectuelle issue du partenariat.
Si ces engagements valent pour chacune des deux parties, il a tout de même été rappelé qu’une bonne partie du chemin qui sépare les startups des grands groupes est à la charge de ces derniers. « Nous avons rencontré beaucoup de startups qui se plaignaient de ne pas réussir à trouver la porte d’entrée dans les grands groupes » a ainsi rappelé Axelle Lemaire, soulignant ce paradoxe qu’il est finalement plus facile pour ces jeunes entreprises innovantes de se faire connaitre de grands comptes français en se présentant à eux sur des salons à l’autre bout du monde telles que le CES de Las Vegas.

Le « côté obscur » des grands groupes


Intervenant lors de la table-ronde qui précédait le discours officiel, le directeur de la R&D d’Air Liquide, Olivier Delabroy a su illustrer avec humour et sans détour cette réalité. « Le premier frein en interne est la peur du changement… le côté obscur de la force est puissant dans un grand groupe », reconnait celui qui a fait l’expérience de ces résistances dès la constitution de son équipe : « la première fois que je suis allé voir les RH pour leur dire que je voulais embaucher un historien, j’ai fait mon petit effet. »
Pour mener à bien sa mission, il revendique sans complexe « un droit de transgression, de liberté, vis a vis de tous nos processus : RH, achats, voire en ce qui concerne les règles sur le partage de propriété intellectuelle. » Des règles d’exception (ou d’état d’urgence en quelques sortes) justifiées par le fait que « tous les grands secteurs de l’industrie, un par un, sont en train d’être bouleversés et leur chaine de valeur remodelée ». « Ces dix dernières années pour se développer, une entreprise allait conquérir de nouveaux pays. Maintenant il ne s’agit plus seulement de cela. Il faut aller chercher de nouveaux business, de nouveaux clients. C’est très exigeant, cela oblige à avoir une vision », prévient le directeur R&D.

De nouveaux business à co-créer


Air Liquide est parvenu à résumer cette vision en une phrase : « respirer dans la ville ». Et cette nouvelle orientation commerciale se traduit déjà dans des partenariats originaux, tels que celui qui associe le groupe à la société de flotte de taxis Hype, pour la mise en place d’une station hydrogène au pont de l’Alma, à Paris.
Intervenants à ses côtés, la directrice du Hub Bpifrance, Céline Brosset a elle-aussi insister sur la nécessité de toujours rester focaliser sur l’objectif de générer de nouveaux revenus dans les projets d’open innovation pour bien se garder de tout effet d’affichage. « L’idée n’est pas d’innover a plusieurs mais de faire du business ensemble et de gagner des points de croissance », a-t-elle rappelé pour expliquer la vocation du Hub, créé il y a six mois par Bpifrance pour rapprocher grands groupes et startups autour de projets concrets.
Introduisant cet événement le président du Forum action modernités et rédacteur d’un rapport sur la transformation numérique des entreprises, Philippe Lemoine, ne s’est pas contenté d’éclairer les opportunités à saisir dans le fait de réussir à mettre en œuvre des relations gagnant-gagnant avec les startups. Il a aussi mis en garde contre le risque d’échec : « un risque de sur-traitance ». « Les grandes entreprises vont alors voir des acteurs de l’intermédiation se glisser entre eux et les acteurs de l’innovation ». Et ces acteurs ne capteront pas seulement une part de la relation, mais aussi une part de la marge. 
Les premiers adhérents
Aéroports de Paris, AccorHotels, Air France, Altran, Areva, Butagaz, Carrefour, Crédit Agricole, Crédit Mutuel Arkéa, La Poste, Legrand, L’Oréal, Manpower Group, Mazars, Orange, PSA Peugeot Citroën, Safran, Sanofi, Société Générale, Suez, Valeo.

Par Guillaume Trécan

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