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La Lettre des Achats - Octobre 2016 N°253
Octobre 2016

Par Eric Delon

Early Metrics

L’agence qui note les start-ups

Créée il y a deux ans, l’agence de notation Early Metrics concentre son expertise sur les start-ups. Une prestation qui peut être utile pour les directions achats dans leur politique de référencement de leurs fournisseurs

Standard & Poor’s, Moody’s, Fitch… les observateurs du monde économique connaissent parfaitement les agences de notation qui font trembler Etats, grands groupes et collectivités territoriales. Lancée en septembre 2014, Early Metrics concentre, quant à elle, son ambition sur l’évaluation des start-ups. « Nous en avons déjà noté 700 » se réjouit Antoine Baschiera, 25 ans, l’un des deux fondateurs d’une agence implantée à Paris, Londres et Tel Aviv et qui emploie 20 collaborateurs. L’idée du projet surgit il y a trois ans, alors que cet ingénieur diplômé d’AgroParis Tech est consultant dans un grand cabinet de conseil parisien (PWC), où il fait la connaissance d’un collègue passionné par l’écosystème des start-ups, devenu depuis son associé. « Il nous semblait qu’en quelques années, l’univers de ces jeunes entreprises en devenir s’était densifié et complexifié. Nous estimions pertinent de proposer un service pouvant évaluer, en toute indépendance, leur potentiel », pointe-t-il.

Critères financiers et qualités des dirigeants


Parmi la centaine de clients qui figure dans le portefeuille de la nouvelle agence de notations, on trouve des fonds d’investissements, des capital risqueurs, des investisseurs privés et des grandes entreprises telles que les groupes Crédit Agricole, Airbus, HSBC, Procter et Gamble, ou encore Société Générale. Directions innovation et directions achats sont notamment particulièrement soucieuses de mesurer la fiabilité et le potentiel de ces jeunes pousses technologiques. « De plus en plus, notamment dans le secteur des nouvelles technologies, ces directions doivent travailler avec une myriade de start-ups, futurs partenaires ou fournisseurs », constate Antoine Baschiera.
Early Metrics ne prend pas uniquement en compte les critères financiers dans son système d’évaluation, mais appréhende également la qualité et la motivation des dirigeants, grâce à des entretiens avec ces derniers. Au total, une cinquantaine de critères sont passés au crible par les analystes. « Nous délivrons un rapport et une note sur 100. Nous considérons qu’à partir de 75 sur 100 il s’agit d’une start-up à fort potentiel » précise Antoine Baschiera. La pertinence du modèle d’évaluation d’Early Metrics est régulièrement validée et discutée par un comité scientifique composé de spécialistes de la finance, de la Bourse et d’universitaires. « Nous en sommes déjà à la deuxième version de notre modèle », explique le fondateur de l’agence.
A l’inverse des agences traditionnelles qui sont rémunérées par les organisations qu’elles notent, Early Metrics ne facture pas les start-ups, son modèle économique repose sur les abonnements contractés par ses clients, investisseurs potentiels (entre 40 000 et 200 000 euros par an, selon le nombre de start-ups auditées). L’avenir de l’agence ? « Notre progression est spectaculaire. Nous envisageons de nous développer aux Etats-Unis et en Asie, peut-être dès l’an prochain » espère Antoine Baschiera.
Portrait
Antoine Baschiera, co-fondateur

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