Publicité
La Lettre des Achats - Décembre 2018 N°277
Décembre 2018

Management

Chroniques

Conduite du changement
Second souffle

Achats responsables
L’acheteur STPA n’est-il qu’un ambassadeur ?

Par Yann Le Coz

Achats responsables

L’acheteur STPA n’est-il qu’un ambassadeur ?

Confier le développement des achats du STPA à un acheteur dédié et engagé permet d’aller au-delà du seul rôle d’ambassadeur du sujet handicap au sein de l’entreprise. L’acheteur spécialiste du STPA endosse un rôle de facilitateur, de leader et d’intrapreneur.

Nombreuses encore sont les entreprises assujetties à l’obligation d’emploi des personnes en situation de handicap qui ne développent pas leurs achats auprès du STPA (secteur du travail protégé & adapté). Les missions handicap et les directions des achats ont beaucoup à gagner en collaborant encore plus sur le sujet handicap, véritable projet d’entreprise au cœur de la démarche RSE.
Pour celles qui ont fait le choix de développer leurs achats auprès du STPA, je constate plusieurs maturités d’achat qui se traduisent par différents rôles de la part de l’acheteur en charge de ces achats responsables, l’acheteur STPA.

Rôle de facilitateur


Il interagit avec l’ensemble des parties prenantes aussi bien en interne qu’en externe de l’entreprise. Il joue un rôle de référent et de relais auprès de la mission handicap pour le levier emplois indirects.
En tant que relais, il communique régulièrement et sans relâche sur le sujet handicap, le cadre réglementaire, les obligations de l’entreprise et ses engagements en matière sociétale.
Pour beaucoup d’acheteurs, l’écosystème STPA et ses composantes restent techniques : cadre réglementaire évolutif, plusieurs modes de calcul à maîtriser, savoir différencier les différentes structures du STPA, sourcing pas aisé, vision stratégique de l’écosystème… etc. L’acheteur STPA met ces compétences au service de l’entreprise.
En assurant une veille active sur l’écosystème fournisseurs STPA, il détecte les opportunités. L’acheteur STPA n’est pas toujours le spécialiste du segment d’achats concerné, alors il coordonne et organise la mise en relation entre le prescripteur et l’acheteur famille et le(s) prestataire(s) du STPA.

Rôle de leader


Influent, il incite l’acheteur famille et l’équipe projet à insérer une clause sociale en faveur du handicap, à rajouter ce critère d’évaluation fournisseur.
Pour certains acheteurs familles, un fossé existe entre les besoins de l’entreprise et l’offre du STPA. L’acheteur STPA doit prendre l’initiative pour le sourcing et piloter la mise en relation des prestataires STPA, identifiés et qualifiés par ses soins avec les acheteurs familles en vue d’un référencement. À lui de proposer une collaboration en sous-traitance ou cotraitance selon le niveau de risque évalué.
La plupart des fournisseurs de rang 1 ne mettent pas en avant leur savoir-faire avec le STPA via la cotraitance. Dans le cadre d’une démarche RFI, l’acheteur STPA révèle alors ses attentes à ces fournisseurs sur la cotraitance avec le STPA.
Dans la difficulté et pour éviter le risque d’essoufflement l’acheteur STPA doit prendre et conserver la main tout au long du projet.

Rôle d’intrapreneur


Citons le cas d’une grande entreprise où la direction des achats est à l’origine de la mise en place d’un accord triennal. Pour celle-ci, développer les achats auprès du STPA est au cœur de sa politique achats responsables. Les acheteurs de cette entreprise sont intéressés aux résultats RSE.
Antoncic et Hisrich définissent l’intrapreneuriat* comme « un processus qui se produit à l’intérieur d’une firme existante, indépendamment de sa taille et qui ne mène pas seulement à de nouvelles entreprises, mais aussi à d’autres activités et orientations innovatrices, tels que le développement de nouveaux produits, services, technologies, techniques administratives, stratégies et postures compétitives. »
Grâce aux actions de l’acheteur STPA, l’entreprise transforme ses habitudes d’achat, développe ses ressources externes via la collaboration fournisseurs, se procure des avantages concurrentiels et augmente sa note extra-financière tout en améliorant sa marque employeur.

*B. Antoncic et R. D. Hisrich, Intrapreneurship: Construct refinement and crosscultural validation, Journal of Business Venturing

yannlecoz@ylc-conseil.fr  
www.ylc-consultant-achat.fr

Par Yann Le Coz

Le dernier numéro

Dernier numéro

N°277 - Décembre 2018

Les indicateurs

Les indicateurs Commoprices

Le catalogue

Le catalogue Silex

Nos partenaires

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play