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La Lettre des Achats - Avril 2019 N°281
Avril 2019

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Forum des achats responsables
L’achat responsable en mal de cas d’usage

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Par Guillaume Trécan

Forum des achats responsables

L’achat responsable en mal de cas d’usage

Le 12e Forum des achats responsables s’est tenu le 19 mars dernier à Paris, entre présentations de grands groupes du type « discours de la méthode » et offres de prestataires… les cas pratiques sont encore rares.

Vitrine des engagements RSE de la fonction achats, qui s’appuie notamment sur les résultats du Baromètre de l’Obsar (voir La Lettre des Achats n°280) le Forum des achats responsables réunit tous les ans un plateau d’acteurs hétéroclites, parmi lesquels grands groupes, prestataires et institutionnels dominent régulièrement les prises de parole. Beaucoup plus rares, les PME étaient toutefois représentées cette année dans le sillage de l’Ademe, qui a accompagné 20 PME dans leur montée en compétences sur les achats responsables pendant un an. Avec l’aide d’un consultant du cabinet Karistem, l’agence a aidé cette grappe d’entreprises à mettre en place des clauses environnementales dans leurs marchés, à travailler sur la réduction de consommation de matières et d’énergie, sur l’écoconception… « Le premier bénéfice de ces démarches a été de réduire les coûts de leurs achats », rappelle Dominique Veuillet, chargée de mission achats responsables de l’Ademe. Souvent ces travaux ont aussi eu la vertu d’inciter ces PME à opter pour de l’approvisionnement locale « et donc à mieux connaître leur territoire. »

Remonter dans la stratégie d’entreprise


C’est le cas en particulier pour l’un des participants, Jeumont Electric Maintenance, dont le directeur projets et achats, Robin Alleti explique avoir été intéressé par cette démarche pour prendre du recul par rapport à un sourcing offshore peu convaincant. « Résultat, nous avons pris conscience du TCO de ce sourcing délocalisé, dont les coûts cachés étaient très importants avec une gestion de la non-qualité que nous avions sous-estimée et des coûts de suivi des fournisseurs lointains très importants. » Depuis, cette entreprise de Carquefou (44) de 135 salariés qui travaille pour des grands groupes du secteur de l’énergie et des transports envisage de relocaliser ce sourcing. « Ces démarches ont aussi permis de démontrer la puissance de la fonction achats qui, avec l’achat responsable, monte dans la stratégie d’entreprise », note Robin Alleti.
Un témoignage fort et concret qui tranche avec l’aspect un peu plus désincarné des présentations des grands groupes, dont il n’est pas toujours aisé de saisir les incidences réelles sur la gestion des achats. C’est notamment l’impression qui ressort de l’initiative du groupe Orange en matière d’application de la norme ISO 20400, saluée par un prix décerné par le cabinet A2Consulting. « Ils se sont approprié l’esprit du Risk manager, c’est-à-dire une démarche complète comprenant identification, évaluation, priorisation des risques fournisseurs et définition de mesures adaptées », relève Pierrick Viallanex, directeur associé du cabinet A2Consulting qui a félicité à la directrice juridique RSE d’Orange, Elisabeth Saubadu, poursuivant : « dans la typologie des risques fournisseurs, ils ont défini 39 cases. Ce sont notamment les premiers à être aller chercher des risques propres au devoir de vigilance. »
Pour mettre en œuvre ce plan sur 312 filiales dans un groupe de la taille d’Orange qui doit gérer 17 000 fournisseurs, il a également fallu conférer une forte dimension organisationnelle et politique au projet, en mettant en œuvre une gouvernance appropriée qui associe un grand nombre de fonctions et remonte jusqu’au comité exécutif du groupe, en la personne de la directrice de la RSE, Brigitte Dumont.

Les achats responsables, un projet collectif


Autre représentant des grands groupes, Bertrand Pouilloux, le directeur des achats d’Enedis, avec sous sa responsabilité 4,5 milliards d’euros d’achats et 175 acheteurs, figurait à la table des grands témoins du Forum des achats responsables. En poste depuis février 2018, il a débuté son engagement par la signature de la charte des Achats responsable. Un acte essentiel à ses yeux pour coordonner toutes les actions mises en œuvre en matière d’achats responsables. Le directeur des achats s’est désormais engagé à candidater au label RFAR (relation fournisseur achats responsables) et a mis sur pied pour cela un « comité label », regroupant différentes fonctions au côté des achats, telles que le responsable RSE, ou encore le responsable secteur protégé. En poste depuis un tout petit peu plus d’un an, Bertrand Pouilloux a partagé avec la salle une première conviction forgée sur cette courte expérience : « l’important dans ce type de démarches, c’est l’humilité ; les acheteurs sont partout mais ne peuvent pas tout. » Ce qu’il ne prend pas pour une invitation à faire les choses à moitié, puisqu’il a mobilisé ses 175 acheteurs sur deux journées de formation destinée à définir les axes de développement de la politique Achats responsable.
Au sein de la Centrale d’achats de l’hospitalisation publique et privée (CAHPP), c’est à un rythme mensuel que la chargée de mission développement durable, Cathy Bou, administre à ses 30 acheteurs des formations mensuelles sur les achats responsables, en les sensibilisant par exemple à l’impact des perturbateurs endocriniens. Cette centrale de conseil et référencement travaille notamment sur l’évaluation des fournisseurs à partir de critères RSE depuis 2012 et propose des diagnostics à ses clients établissements de santé.

30 bonnes pratiques d’achats circulaires en 2019


Pour des démarches plus impactantes, peut-être la lumière viendra-t-elle de l’économie circulaire qui semble bénéficier d’une conjonction d’efforts. A commencer par ceux du gouvernement, représenté par la députée LREM de Seine Maritime, Stéphanie Kerbarh (une ancienne du master achats de l’université du Havre), qui a présenté la feuille de route gouvernementale sur l’économie circulaire censée déboucher sur un projet de loi qui sera présentée fin 2019. Ce projet prévoit par exemple la réduction de 50 % des déchets mis en décharge d’ici à 2025, ainsi que la mise à disposition des acheteurs d’un outil d’évaluation du cycle de vie d’ici à 2022.
Pour ce qui est des retombées concrètes, le Programme action achats et économie circulaire conduit par l’Institut national de l’économie circulaire, la Métropole du grand Paris et l’Observatoire des achats responsables (Obsar) lancé en 2019, réunit trente entités privées et publiques qui se sont engagées à mener au moins un Achat circulaire sur l’année. Autant de cas d’usage attendus avec impatience pour donner corps à toutes ces bonnes intentions.

Par Guillaume Trécan

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