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La Lettre des Achats - Décembre 2014 N°233
Décembre 2014

Tendances

Étude

PME et sous-traitance
La sous-traitance offshore remise en cause

Par Guillaume Trécan

PME et sous-traitance

La sous-traitance offshore remise en cause

Les organisateurs de rencontres d’affaires Premium Contact ont pu constater, en interrogeant les industriels qui fréquentent leurs événements, que plus d’un quart d’entre eux envisage de relocaliser en France une part de la sous-traitance qu’ils avaient confiée à des fournisseurs étrangers.

Une enquête réalisée du 8 au 18 octobre auprès d’une centaine d’entreprises industrielles (essentiellement des PME) par la société Premium Contact, organisatrice de rencontres d’affaires (les « Journées sous-traitance compétitive » Paris, Lyon et Rennes), donne un peu de consistance aux espoirs de réindustrialisation. Plus d’un quart des entreprises interrogées (28 %) annoncent en effet avoir des « projets de relocalisation en France pour la réalisation de pièces techniques aujourd’hui produites à l’étranger ». Ces résultats viennent en outre conforter une intuition acquise par les équipes de Premium Contact. « Nous avons constaté en 2014 une tendance au redéploiement en France d’activités de sous-traitance qui avaient été confiées à des entreprises étrangères, notamment en Asie », confirme Marie-Pierre Plas, chef de projet.
Sur ce même panel, 22 % des répondants ont déclaré voir leurs achats à l’étranger décroître et 22 % stagner, tandis qu’ils s’affichent en hausse pour une majorité de 56 %. Il est vrai que pour 58 %, cette sous-traitance offshore concerne encore moins de 25 % de leurs achats de sous-traitance. Les volumes concernés par ces projets de relocalisation sont donc eux-aussi très faibles et il n’y a probablement pas de quoi inverser la tendance à la désindustrialisation dont souffre la France. Il demeure toutefois indéniable que certains sous-traitants ont de nouvelles opportunités à saisir.

Le travail des métaux


Pour plus de la moitié des projets de « relocalisation », il s’agit de travail sur le métal (52 %), suivi à égalité par de la plasturgie (17 %) et du traitement de surface (17 %). Fortement touchés par la désindustrialisation du tissu économique français, les métiers de l’électronique et l’électricité, ne sont concernés que marginalement par ces projets (7 %), au regard de leur place dans les tâches sous-traitées à l’étranger (17 %). Certains métiers de la métallurgie, comme la fabrication de moules, semblent en revanche avoir une carte à jouer. « Nous constatons que des activités de fonderie reviennent vers la France. Ces décisions sont sans doute influencées par le fait qu’importer des produits aussi pondéreux entraîne des surcoûts de transport conséquents », suggère Marie-Pierre Plas.
Les auteurs de l’étude évoquent aussi l’influence positive de quelques pôles industriels régionaux – tels que le décolletage en vallée de l’Arve – qui incitent les entreprises à considérer positivement le fait de confier de la sous-traitance à des entreprises de proximité.
la relocalisation de sous-traitance est cela dit souvent une réponse à des difficultés imprévues imposées par le recours à des sous-traitants étrangers. Dans l’ordre, les trois premières difficultés ou coûts imprévus rencontrés par les participants à l’étude ayant eu recours à de la sous-traitance offshore sont des problèmes de qualité (55 %), le non respect de délais de fabrication (54 %), les délais de livraison et problèmes de transport (45 %), les coûts de transport (45 %), les difficultés de communication (40 %), les barrières administratives et douanières (36 %), l’importance des coûts cachés dans le prix final (30 %), ou encore le manque de qualité du management local (30 %).
Le fait est que les capacités de pilotage et de contrôle d’une grande partie de ces entreprises ayant eu recours à des sous-traitants étrangers sont très réduites. A la question « comment gérez-vous vos achats à l’étranger ? », 64 % indiquent le faire eux-mêmes depuis la France.
Les choses seront sans doute plus facile à maîtriser avec des sous-traitants plus proches, mais le chemin du retour n’est pas forcément plus simple à faire que celui du départ. « Externaliser a nécessité un travail important pour ces entreprises. Faire revenir cette part de sous-traitance leur demande également un travail très important », conclut Marie-Pierre Plas.



Panel
Cette enquête a été réalisée du 8 au 18 octobre auprès d’une centaine d’entreprises industrielles, dont seul un tiers de plus de 200 salariés, la moitié employant moins de 100 personnes. Les répondants sont essentiellement des responsables achats, mais aussi quelques responsables de bureau d’études.


Par Guillaume Trécan

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