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La Lettre des Achats - Février 2017 N°257
Février 2017

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EcoVadis Cdaf
La RSE fait gagner des parts de marché

EBG Oliver Wyman
L’acculturation des Achats à l’innovation fait son chemin

Par Guillaume Trécan

EcoVadis Cdaf

La RSE fait gagner des parts de marché

A l’occasion d’une matinée d’échanges sur le thème « évaluation RSE fournisseurs : qu'en pensent vos fournisseurs et les directions achats ? », les représentants d’EcoVadis sont revenus sur la nécessité d’inclure ces évaluations dans une dynamique de progrès continue.

Difficile d’engager ses fournisseurs dans une démarche d’achats responsables s’ils ne perçoivent pas le résultat des efforts qui leur sont demandés ! C’est à ce problème qu’a été confrontée la société d’évaluation de la performance fournisseurs EcoVadis, problème qu’elle s’est efforcée de régler par le dialogue avec l’aide de la Médiation des relations interentreprises. Lors d’une matinée organisée avec le Cdaf à Paris, mardi 10 janvier, l’équipe parisienne d’EcoVadis est revenue sur les enjeux du dialogue instauré avec les fournisseurs évalués et les aménagements envisagés pour les satisfaire.
« En 2014 un certain nombre de fournisseurs sont venus nous faire part d'une irritation croissante concernant les évaluations RSE », rappelle Françoise Odolant, responsable du pôle acheteurs, charte et label au sein de la Médiation, qui avec l’aide de Laurence Hulin, directrice du développement responsable de La Poste a mis en place des réunions entre des représentants des fournisseurs et d’EcoVadis, fin 2014, pour renouer le dialogue. « Les fournisseurs avaient globalement l’impression que les acheteurs "cochaient une case" en leur faisant remplir le questionnaire d’évaluations, qu’on leur faisait payer le prix de cette évaluation et qu’après cela ils n’en entendaient plus parler. Et surtout ils ne voyaient pas de résultats en termes de gains de parts de marché dans les appels d’offres », raconte Françoise Odolant, qui résume ainsi la question posée par les fournisseurs : « comment les acheteurs donnent-ils un sens aux évaluations RSE ? »

Questionnaires simplifiés et tarifs adaptés


Tenant compte de ces remarques, EcoVadis a apporté quelques aménagements dans son offre, notamment en simplifiant les questionnaires pour les TPE. Ainsi les sociétés de moins de 25 salariés ont la possibilité de ne répondre qu’à une dizaine de questions ciblées sur leur activité (au lieu des 21 critères habituels) et posées en des termes compréhensibles, même pour des non spécialistes de la RSE. La deuxième étape à l’étude pour 2017 devrait consister à quitter la voie de la tarification unique (490 euros par fournisseur depuis la création de la société), en baissant le ticket d’entrée des TPE.
La société a également étoffé sa communication sur les résultats des notations : vis-à-vis des fournisseurs notés, en leur adressant des fiches explicatives qui leur permettent de comprendre leur score et de définir des pistes d’amélioration et vis-à-vis des acheteurs pour qu’ils disposent de fiches d'évaluation complètes à partir desquelles adresser des feed-back constructifs aux fournisseurs évalués et les guider vers des pistes d'amélioration.
« Nous nous sommes rendu compte à travers ces discussions que, au-delà de ces évaluations, il était intéressant de mesurer les progrès réalisés par les fournisseurs », complète Sylvain Guyoton, vice-président recherche chez EcoVadis, qui a profité de cette matinée d’échanges pour présenter en avant-première les résultats de la deuxième édition de l’étude réalisée par EcoVadis sur les performances RSE des entreprises de différents pays de l’OCDE et des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Réalisée à partir des évaluations et du suivi de la performance RSE de 20 033 entreprises entre octobre 2014 et octobre 2016, cette étude montre que les fournisseurs français (17 % du panel, soit 3 470 sociétés) sont parmi les mieux notées, avec un score moyen de 48,27 contre 45,42 pour les autres pays de l’OCDE et 36,82 dans les Brics. La moyenne française progresse de plus de 10 % depuis 2015, là où elle ne progresse que de 7 % pour les autres pays de l’OCDE et de 4 % dans les Brics. En un an, la France passe du 7e au 4e rang de ce classement. « Les donneurs d’ordres français n'ont pas à avoir peur de pénaliser leurs fournisseurs en introduisant plus de critères RSE. Au contraire, en accordant plus d’importance à la RSE, ils rendent les fournisseurs français plus compétitifs en comparaison d’entreprises d’autres pays », en conclut Sylvain Guyoton.

RSE et parts de marché


Utilisatrice des services d’EcoVadis, la directrice des achats de Crédit Agricole SA (CASA), Sylvie Robin Romet, a illustré ce propos en rappelant l’importance des critères RSE dans l’attribution des appels d’offres de la « banque verte ». Si la RSE compte pour 10 % dans l’attribution des appels d’offres, elle est également prise en compte dans la note consacrée à la qualité de la soutenance du fournisseur. Au total Sylvie Robin Romet estime que la notation RSE pèse pour un tiers dans le choix d’attribution de ses marchés, soit autant que les critères purement financiers. La notation RSE des fournisseurs stratégiques est également incluse dans les discussions lors des business revues. A 51, la moyenne générale des scores RSE attribués par EcoVadis aux fournisseurs de CASA est d’ailleurs bien supérieure à la moyenne française. Autre preuve de l’importance du sujet pour le groupe, en 2017, l’équipe achats responsable sera impliquée en amont de pas moins de cinquante projets d’achats.
En 2017, la direction des achats va également poursuivre le déploiement d'EcoVadis dans les caisses régionales, dans le cadre d’une dynamique d’extension du SI Achats au-delà de la seule entité Crédit Agricole SA et un module d’e-learning achats responsables vient d'être lancé dans le programme Université interne CASA pour tous les acheteurs du groupe.
Evoquant les nouvelles obligations de transparence sociale et environnementale imposées aux donneurs d’ordres par la loi NRE (nouvelles régulations économiques) et peut-être prochainement par la loi sur le devoir de vigilance, la directrice des achats de Casa a également rappelé le besoin croissant des donneurs d’ordres de disposer d’outils leur permettant de recueillir les informations requises dans la profondeur de leur supply chain, au-delà des rangs 1. Autant de pistes de développement qu’EcoVadis pourrait saisir prochainement, forte de sa récente levée de fonds.

Par Guillaume Trécan

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