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La Lettre des Achats - Avril 2009 N°171
Avril 2009

Tendances

Chronique

La finance va-t-elle réinventer les achats d’avant ?

Par François-Charles Rebeix fcrebeix@lettredesachats.fr

La finance va-t-elle réinventer les achats d’avant ?

Si on voulait être caricatural à propos de la crise : les financiers nous ont mis dedans, les financiers vont nous en sortir ! En lisant leurs « recettes » pour tirer les entreprises du marasme, la solution « miracle » apparaît tout simplement : la renégociation… Il fallait y penser. Les achats n’auraient pas osé, eux si ! Plus c’est gros, plus cela peut passer ! En période d’expansion effrénée (à crédit, on le sait maintenant), on crache le cash. C’est facile : c’est toujours plus. En période de récession, l’argent manque partout. Il faut alors, par tous les moyens, retarder le moment de payer.

Les banques ne se font plus confiance entre elles ? Les entreprises les imitent : elles coupent dans les dépenses, retardent les commandes, les livraisons, les paiements, rediscutent leurs engagements. Faut-il alors parler d’une chaîne vertueuse ? Certaines mesures font quand même figure d’expédients. Si l’urgence commande de privilégier le court terme, il convient aussi de ne pas renoncer à mettre en œuvre des stratégies durables d’optimisation des coûts. Pour être optimisés, les achats ont besoin d’intervenir très en amont, d’être au cœur de tous les projets de l’entreprise. Ils ont besoin de temps. Les financiers en disposent-ils ? Sans doute pas. Mais il y a un risque à (trop) concentrer l’action des achats sur l’optimisation des délais de livraison, la gestion des stocks, la surveillance de l’application des contrats-cadres, etc. Les difficultés que les entreprises traversent auront-elles raison des acheteurs projets ?
Dans ce numéro, vous lirez le dossier que nous consacrons précisément à la performance achats. Une fois de plus, il sera question de la crise économique et de ses conséquences. Nous avons choisi de mener l’enquête d’une part auprès de directions des achats et d’autre part auprès de directions financières. Loin de nous l’idée de les opposer. Mais de souligner leur complémentarité. Les directions financières ont besoin d’appuyer leurs exigences de résultats sur les organisations et méthodes des directions des achats, lesquelles peuvent bénéficier en retour d’une mesure objective de leurs gains. Ensemble, elles contribuent aussi à une analyse des risques fournisseurs. Elles partagent de plus en plus d’outils, qu’il s’agisse de systèmes d’information favorisant un contrôle de gestion toujours plus pointu ou de services financiers sophistiqués pour optimiser les mouvements de cash de l’entreprise. Ce ne serait d’ailleurs que le début d’une financiarisation inéluctable de la fonction achats.
Preuve que tout change dans les achats, signalons la nomination, à la tête du futur Service des achats de l’État (SAE), d’une personnalité issue du privé : Jacques Barrailler, auparavant vice-président des achats d’Alcan. Qu’il soit directement rattaché à Éric Woerth, ministre du budget, témoigne des ambitions de la fonction au meilleur niveau de l’État. De quoi contrebalancer notre (relative) déception à lire le descriptif d’une des missions du nouveau directeur des achats de Renault et président de RNPO (Renault Nissan Purchasing Organization), Christian Vandenhende : veiller à la qualité et à la sécurisation des approvisionnements. Autre priorité : l’optimisation de la logistique avec la direction de la supply chain du groupe. Toutefois, lui aussi reporte au meilleur niveau : Patrick Pelata, le directeur général délégué du groupe. Tout va bien pour les achats !

Par François-Charles Rebeix fcrebeix@lettredesachats.fr

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