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La Lettre des Achats - Avril 2018 N°270
Avril 2018

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Ivalua Now Londres
Le changement d’échelle est enclenché

Forum Digital Achats
La digitalisation redessine le modèle de la fonction achats

Par Le Roux François

Forum Digital Achats

La digitalisation redessine le modèle de la fonction achats

La transformation digitale offre aux Achats l’opportunité de monter en performance et d’être créateur de croissance pour l’entreprise. Si ce point ne fait pas débat, les modes de transition vers le digital interrogent en revanche concernant la réorganisation des services et process.

Etre ou ne pas être digital n’est plus la question. Pour les directeurs achats et éditeurs de SI achats réunis le 22 mars, salle Gaveau, lors de la matinale Digital Achat, organisée par le Conseil National des Achats en partenariat avec Deloitte, l’utilité du digital ne souffre d’aucune interrogation. Du secteur privé au secteur public, pour les directions achats, la volonté est bel et bien de surfer sur la vague du digital pour délivrer toujours plus de valeur à l’entreprise. « Transactionnel, e-procurement, sourcing…, tous les process sont touchés. Le digital est structurant. Il apporte plus d’analyse. Et le métier d’acheteur va complément changer » estime Jean-Luc Baras, administrateur du CNA et directeur des achats du groupe Eiffage. « La fonction achats progresse aussi rapidement dans le public, les organisations se mettent en place et le digital est un facteur de décloisonnement, de transversalité dans les collectivités, dont l’achat public a globalement besoin » confirme Marc Sauvage, président du CNA et directeur général adjoint achats, commande publique et juridique de la région Île de France.

Les Achats, centres de profit


Mais pour gagner en efficacité, le digital doit être synonyme de libération de la data. « Le digital va permettre à tous les intervenants de la fonction achats dans l’entreprise, au-delà même des acheteurs, d’accéder aux données. Et au-delà de la donnée fournisseurs présente dans les SI Achats, les données métiers des ERP doivent sortir de leurs silos. L’acheteur doit également accéder aux données externes à l’entreprise pour mieux faire son travail » déclare Patrick Samama, Managing director chez Synertrade. Il ressort également des débats que ces sources de données doivent être capturées en temps réel sur toutes les étapes du process achats, à la fois sur les parties analyse, sourcing et approvisionnement. Ajouté à l’IA, se profile l’analyse de ces datas, avec à la clé des outils d’aide à la décision pour les acheteurs par exemple pour minimiser leur risque… et du prédictif pour générer des économies.
Avec le digital, les Achats ont ainsi l’opportunité de passer d’un centre d’optimisation des coûts à un centre de profit. A l’heure où les ressources des directions achats sont contraintes, le digital va permettre d’aller vers une fonction achats augmentée. « Nous sommes au bout d’un modèle. Le catégorie management est en place, tout comme la centralisation, et les portefeuilles ont été consolidés auprès de fournisseurs stratégiques. La digitalisation est vraiment pour nous une occasion d’aller plus loin » analyse Jean-Luc Baras. Symbole de cette digitalisation, le monde de l’e-procurement. « La plateforme d’e-procurement est devenue le site de e-commerce des directions achats, de plus en plus self-service, couvrant un nombre de catégories d’achats de plus en plus important. Résultat, l’objectif de baisse des coûts de transaction est atteint et les directeurs achats peuvent réallouer leurs ressources, moins centrées sur l’exécution, vers plus de stratégique. Deuxième conséquence, de ce e-commerce interne : cela donne un levier pour déployer sans limite de nouveaux contrats et changer de fournisseurs. Grâce à la digitalisation cette transformation est la portée des organisations les plus complexes pour créer de la valeur » souligne Martial Gerardin, Directeur Europe de Perfect Commerce.

Les défis de transition digitale


Dans un monde en perpétuelle mutation, l’agilité doit être au cœur des projets de transformation digitale. « La méthode agile vient du monde de l’IT. Elle est centrée sur la satisfaction du besoin du client. Elle repose sur quatre valeurs fondamentales : interaction plutôt que processus et outils ; fonctionnalité plutôt que spécifications ; collaboration plutôt que contractualisation et changement plutôt que respect des plans. Mais il faut la voir dans sa globalité, dans l’ensemble de l’entreprise, on parle désormais d’agilité à l’échelle » détaille Grégory Richard, senior manager achats et supply chain chez Ayming, tout en s’interrogeant sur la compatibilité entre centralisation achats et nouveaux modes de travail en écosystèmes : « Les organisations vont notamment devoir s’inspirer de modèles comme Safe ou Spotify, qui est un modèle de start-up, pour relocaliser les acheteurs au sein d’équipes pluridisciplinaires. Par ailleurs, les processus achats sont lourds et longs de l’avis des prescripteurs. Il faut les retravailler. Le mode d’engagement vis-à-vis des fournisseurs doit également être revisité pour passer du triptyque qualité-coût-délais dans les contrats à un principe où coût et délais sont figés pour rendre variable un périmètre ou un stock de travail, ce qui impose de revoir le frame work des contrats avec un mode de partenariat avec ses fournisseurs. »
Se distançant quelque peu de cette approche, Sylvie Robin-Romet, directrice des achats du Crédit Agricole, estime qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. « Il nous faut des acheteurs très proches du prescripteur pour répondre à leurs besoins, faire du sur-mesure, rapide, efficace. Mais ce n’est pas cette efficacité qui permet d’optimiser les dépenses. On a donc besoin de catégorie managers. Mais attention pas le bon vieil acheteur catégories qui fait de la massification, mais un acheteur qui travaille sur la co-construction des cahiers des charges, surtout dans un grand groupe de 150 000 personnes décentralisé comme le Crédit Agricole. Il faut aussi des acheteurs pouvant challenger la pertinence des produits achetés. »
Pour fluidifier les process end to end, les débats ont aussi porté, notamment entre éditeurs, sur la nécessité de disposer d’une plateforme unique, ou en tout cas ouverte et interopérable, pour plugger des apps… de plus en plus présentes avec le digital, l’intelligence artificielle ou le RPA, en particulier avec l’émergence d’un nombre croissant de start-ups venant challenger les éditeurs sur des applications de niche. David Khuat-Duy, fondateur d’Ivalua, rappelle toutefois : « l’innovation est un atout mais il faut savoir travailler sur l’existant, déployer ce qui a été pensé en théorie, répondre tout d’abord aux attentes des clients sur leur usage de l’outil en adaptant chaque écran, chaque fonctionnalité. »
Global CPO Survey / Deloitte : les acheteurs, vecteurs de croissance
2e objectif stratégique : La participation au développement de nouveaux produits et à l’expansion de nouveaux marchés, pour 58 % de directeurs achats
Business : 78 % des directeurs achats intègrent des collaborateurs dans les équipes business transverses
Visibilité : 65 % des directeurs achats avouent n’avoir pas ou très peu de visibilité sur leur supply chain

Par Le Roux François

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