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La Lettre des Achats - Décembre 2018 N°277
Décembre 2018

Marchés

Conjoncture

Compétitivité coût : la compétitivité de la maison France se redresse timidement

La compétitivité de la maison France se redresse timidement

Index global de compétitivité

Témoignage

Patrick Artus - Directeur de la recherche et des études - Natixis
« Les coûts salariaux français enregistrent un brusque redressement depuis fin 2017 »

Par François Le Roux

La compétitivité de la maison France se redresse timidement

Face à la mondialisation, la France s’est engagée sur la voie de l’innovation. Mais les réformes structurelles de son économie restent un défi.

Malgré les réformes mises en place depuis le début du quinquennat Macron pour stimuler l’activité économique, la croissance française ne parvient pas à décoller, pénalisée il est vrai par une conjoncture mondiale marquée par la hausse des prix du baril et les incertitudes sur la santé du commerce mondiale et de l’économie chinoise. La Banque de France estime que la progression du PIB français devrait stagner à 1,6 % en 2018, 2019 et 2020. Loin, donc, des 2,2 % enregistrés en 2017. Les dernières prévisions de croissance pour le quatrième trimestre, avec une activité attendue en hausse de 0,4 %, laissent même présager un ralentissement de la production industrielle.

Des efforts mais peut mieux faire


Pour la Banque mondiale, la France serait ainsi globalement en perte de vitesse. Dans la dernière édition de son classement annuel « Doing business », dont l’objet est de comparer les réglementations s’appliquant aux entreprises locales, l’Hexagone cède une place, récupérant le dossard 31 sur 190 nations étudiées. Cette baisse de régime de la France est toutefois relative car sa note globale a augmenté, passant de 76,13 à 77,29, soit la progression parmi les plus solides des pays développés. La France figure par exemple en 1er pour les facilités administratives liées au commerce international et 12e pour la mise en œuvre de contrats. Cependant, sa prestation est plus décevante pour les facilités à créer des entreprises, avec une 30e place, ou les impôts et taxes, avec une triste 55e position et même 99e pour l’obtention de prêts.
La France ne manque toutefois pas d’atouts pour affronter la concurrence mondiale. Dans le classement du Forum économique mondial (WEF), évaluant cette fois le potentiel des économies mondiales à atteindre une croissance soutenue à moyen et à long terme, la marque France gagne cinq places au 17e rang et entre dans le club des vingt premières économies mondiales en matière de compétitivité (voir graphique). La France affiche en particulier l’un des meilleurs systèmes de recherche au monde. A l’opposé, l’esprit entrepreneurial ou l’enseignement de l’esprit critique aux étudiants sont jugés défaillants.

Les États-Unis champions de la compétitivité


Dans la course mondiale à la compétitivité, les États-Unis figurent en tête du classement WEF, devant Singapour et l’Allemagne. L’accent mis sur l’investissement dans la formation numérique permet en particulier au pays de Donald Trump d’afficher une capacité d’innovation unique. Le constat est en revanche nettement plus contrasté dans le domaine de la santé, sans compter l’affaiblissement du tissu social et une forte détérioration du contexte sécuritaire aux États-Unis. Plus étrange, la nouvelle méthodologie employée par WEF considère que la dynamique de la dette est pleinement en ligne avec la vigueur de la croissance et la longévité du cycle économique outre-Atlantique.
Concernant les pays émergents, la Russie et la Chine sont les seules à figurer dans le top 50 de WEF, avec une 28e position pour la Chine, pénalisée par le ralentissement de son économie, et la Russie 43e, tandis que l’Inde accroche le 58e rang. En Asie, Singapour et le Japon sont les mieux classés, grâce aux réformes engagées pour rendre leur marché de l’emploi plus compétitif et intégrer les technologies d’avenir à leur économie.
La France parie sur l’innovation
Les industriels français se sentent, pour leur part, plus compétitifs, selon l’édition 2018 du baromètre Randstad Inhouse/OpinionWay de la compétitivité franco-allemande. Leur sentiment progresse de trois points par rapport à 2017, les entreprises se percevant moins compétitives reculant de cinq points. Comparé à leurs concurrents allemands ils s’estiment à 47 % aussi compétitifs et une minorité de 10 % se considère même plus compétitifs.
En France, la capacité à investir et à innover est considérée comme le premier levier de compétitivité, pour 84 % des répondants, à égalité avec la stratégie commerciale et juste devant le positionnement prix pour 81 % des sondés. A titre de comparaison, l’Allemagne privilégie le recrutement de main-d’œuvre qualifiée pour 77 % des industriels, suivi du business modèle pour 76 % et des process de production pour 74 %. L’enquête de Randstad Inhouse/OpinionWay met en évidence le positionnement premium de l’Allemagne quand l’industrie française se situe toujours sur le moyen de gamme et subit la concurrence de pays à bas coûts.

Par François Le Roux

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