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Par la rédaction

Saint-Gobain

L'e-sourcing après l'e-procurement

Dans un groupe de 180 000 salariés, composé de 1 200 sociétés consolidées dans plus de 49 pays, une douzaine de personnes supervise la conception et le déploiement des nouveaux projets achats : l'équipe de Saint-Gobain achats projets, rattachée au GIE Saint-Gobain achats. À son actif, l'e-procurement lancé en 2000, l'analyse des dépenses en 2003, la gestion des contrats également en 2003 et, dernier grand projet, l'e-sourcing.

Même si la discrétion reste de mise, Rémi Dautel, responsable des projets systèmes achats de Saint-Gobain, dresse un bilan très positif de ses actions : « L’e-procurement nous fait gagner au moins 4 % de rentabilité sur les achats traités, ne serait-ce qu’en évitant les erreurs de prix de la part des fournisseurs. Ce chiffre est une moyenne généralement admise dans ce domaine. Quant à l’analyse des dépenses, un seul rapport d’erreur sur les commandes suffit à rentabiliser l’outil, en évitant de reproduire un surcoût de quelques dixièmes de pour cent de nos achats ».
Le montant des achats du groupe, supérieur à 14 milliards d’euros, laisse entrevoir de belles opportunités de gains, même en sachant qu’un tiers seulement de ce chiffre est théoriquement accessible à l’e-achat. Rémi Dautel détaille : « Le deuxième tiers correspond à des achats stratégiques, notamment de matières premières et d’énergie, contrôlés différemment par les achats ; le dernier tiers est dépensé en local et reste inaccessible aux outils ».

Des efforts sur le hors catalogue

L’e-achat repose sur deux grands piliers : l’e-procurement depuis 2000 et l’analyse des dépenses depuis 2003. L’e-procurement, s’appuyant principalement sur la place de marché cc-hubwoo pour les achats généraux et Elemica pour la chimie, est très largement répandu dans le groupe : entre 4 000 et 5 000 utilisateurs passent plus de 10 000 lignes de commandes par mois sur plusieurs centaines de catalogues. À ce jour, l’outil est utilisé uniquement en Europe qui concentre près de 80 % des effectifs, mais dans un avenir proche, un déploiement sera effectué en Asie.
Après cinq années de montée en puissance, les catégories d’achats accessibles couvrent toute la palette du MRO (fournitures de bureau, équipements industriels, informatique, etc.) et même certains achats stratégiques. La part des dépenses traitée actuellement par l’outil n’est pas divulguée, mais comme le note le responsable e-achat, elle dépend fortement des catégories traitées : « Nos équipements informatiques, achetés en "punch out" chez notre fournisseur Dell, avoisinent les 100 %, ce qui est aussi le cas des commandes MRP. Nous ajoutons régulièrement de nouveaux catalogues mais le plus gros reste à faire sur le hors catalogue. Ce sujet offre de grandes possibilités. Rien n’empêche d’imaginer des achats d’intérim en ligne ».
Opérationnelle depuis deux ans, l’analyse des dépenses est « un outil de travail pour la direction des achats ». Reliée à quelque 130 ERP à travers le groupe, l’application SAP BW, complétée par D&B, extrait les données de la comptabilité fournisseurs.

L’analyse des dépenses liée aux ERP

Pas de rapprochement entre commandes et factures car pour Rémi Dautel, « ce qui est intéressant est d’obtenir par exemple l’évolution du chiffre d’affaires par fournisseur, par business unit ou par site. Du point de vue des achats, il nous suffit de comparer le chiffre d’affaires d’un fournisseur traité par e-procurement à celui donné par l’analyse des dépenses pour savoir s’il y a des achats dissidents ». La facture électronique est à l’étude.
Le nouveau chantier du moment concerne un quatrième projet, l’e-sourcing. « L’ordre idéal serait de commencer par l’analyse des dépenses pour enchaîner avec l’e-sourcing et ensuite l’e-procurement. Mais en lançant l’e-sourcing aujourd’hui, nous capitalisons sur l’expérience des projets précédents. En outre, lancé plus tôt, l’e-sourcing n’aurait pas été bien compris par nos collaborateurs », explique Rémi Dautel. Si ce dernier projet en est encore au stade du démarrage, sa partie conduite du changement illustre parfaitement les écueils de la mise en œuvre de tout outil d’e-achat.
Au sein de ce groupe très décentralisé, le responsable e-achat doit aller sur le terrain convaincre les acheteurs de procéder à des appels d’offres en ligne : « Notre culture d’entreprise veut que l’on n’impose rien », note Rémi Dautel. Dans ces conditions, s’assurer de l’appropriation de l’outil est une mission délicate. « Pour vendre l’e-sourcing en interne, nous mettons en avant les gains de productivité, de partage des connaissances, de traçabilité des données échangées autour des appels d’offres plus que les gains réalisés sur les enchères ».
Heureusement, d’autres applications ont demandé moins d’efforts pour convaincre, comme l’analyse des dépenses. « Elle a été beaucoup plus rapide à mettre en place car ce n’est qu’une question d’informatique. Notre "contrathèque" ne rencontre pas non plus de difficulté majeure », reprend le responsable. Ce tour d’horizon ne serait pas complet sans mentionner le « self booking tool » destiné à la commande en ligne des voyages d’affaires pour la quasi-totalité de ce type de dépenses.


Portrait

Rémi Dautel (34 ans, ingénieur et MBA) est responsable des projets systèmes achats de Saint-Gobain depuis janvier 2005. Précédemment en charge de l'architecture e-business de Saint-Gobain Glass, il a débuté sa carrière dans l'édition logicielle.



En chiffres

Saint-Gobain
Producteur, transformateur et distributeur de matériaux
Chiffre d’affaires : 32,025 milliards d'euros
Effectif : 180 000 personnes
Montant des achats : 14 milliards d'euros hors négoce (matières premières : plus de 4 milliards, transport et énergie : 1 milliard)
> e-procurement : plus 10 000 lignes de commandes mensuelles, 4 000 à 5 000 utilisateurs, plusieurs centaines de catalogues
> e-sourcing : en test
> analyse des dépenses : SAP BW, D&B
Effectif achats : 850 personnes

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