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Par Osamu Uehara

Japon

Hiroaki Hirano, CEO LowendalMasaï Japon : « Nos entreprises ne sont pas orientées optimisation des coûts »

Ici au Japon, nous avons touché le fond ! L’espoir de rebond, c’est l’année fiscale qui débute le 1er avril. Nous avons rencontré le patron de LowendalMasaï Japon. Pour lui, nos entreprises ont attaché plus d’importance au marketing et aux ventes. Mais celles qui ont développé une vision stratégique des achats apparaissent en position de force…

Vous êtes consultant spécialisé en optimisation des coûts. Comment voyez-vous la situation des entreprises japonaises dans cette tourmente financière ? Tous les jours, des entreprises encouragent les départs volontaires à la retraite, licencient du personnel ou réduisent leur production. Mais c’est l’arbre qui cache la forêt : elles ont surtout tardé à baisser leurs coûts. Et face à une telle situation, beaucoup considèrent qu’il est plus difficile d’augmenter les ventes. Aussi préfèrent-elles tenter de diminuer leurs coûts pour maintenir leurs profits. Comprenez-vous ce type d’attitudes lorsque l’on fait appel à vous ? Bien sûr ! Auparavant, bon nombre de clients avaient besoin de renforcer leur fonction achats. Les coûts passaient au second plan ou constituaient plutôt un objectif de long terme. Mais depuis peu, chacun veut s’assurer de profits immédiats : s’attaquer aux coûts apparaît donc beaucoup plus prioritaire. Est-ce une bonne démarche de recourir à un cabinet de conseil spécialisé en stratégie achats ? Oui, je le pense. Pour obtenir des résultats rapides, nous avons non seulement besoin de bâtir la bonne stratégie mais aussi d’avoir le juste niveau d’expertise et les méthodologies pour l’appliquer. Nous avons ainsi accumulé les expériences pour développer à la fois des stratégies et des actions opérationnelles. Des stratégies que vous déployez ? Nous ne pouvons pas obtenir de résultats si nous ne mettons pas en œuvre nos préconisations. Nous devons à la fois penser et faire. Bâtir une stratégie et la déployer. Ensuite, c’est à nos consultants d’obtenir les meilleurs résultats en un minimum de temps… Vos recommandations sont-elles suivies ? Je peux vous assurer que oui. Dans bon nombre de sociétés japonaises, les relations de travail se déroulent sur de longues périodes et sans tension. Dans ces conditions, nous pouvons recommander des stratégies audacieuses et les déployer sans difficulté. Souvent même, nous sommes capables de créer des synergies entre divisions, ce qui est toujours plus difficile à faire en interne, pour des questions organisationnelles ou politiques. A quels problèmes font face les sociétés japonaises ? Leur motivation à réduire les coûts est plutôt faible… Elles sont plus préoccupées de sécuriser leurs approvisionnements que d’élaborer des stratégies achats. En Europe ou aux États-Unis, il y a des CPO (Chief Purchasing Officers), concentrés sur la stratégie achats. Au Japon, rares sont les entreprises à disposer d’une telle vision stratégique. Que voulez-vous dire par vision stratégique ? C’est-à-dire capables de bâtir et déployer une stratégie à moyen ou long terme. Lorsque une entreprise adopte une telle démarche, elle peut réellement mesurer l’impact de ses actions dans ses comptes et donc ses profits. Les entreprises sont conscientes de leur niveau de coûts ? Elles y sont assez sensibles mais nombre d’entre elles restent plutôt passives. Et souvent, elles ne s’attaquent à leurs coûts qu’en cas de crise. Pourtant, celles qui ont commencé à y travailler au bon moment sont aujourd’hui en situation d’investir ou d’acheter d’autres sociétés. Il y aura forcément des gagnants à l’issue de cette période. Et les entreprises qui se seront contentées de réagir resteront derrière les leaders – un constat particulièrement vrai dans un contexte de mondialisation. Au fond, ces entreprises devraient être plus actives ? Sans aucun doute. J’ai remarqué les caractéristiques suivantes chez celles qui avaient pris en compte la question de leurs coûts et agi de façon constante dans ce domaine : elles maintiennent d’importants efforts de recherche et collectent toujours plus d’informations ; elles ressentent plus rapidement les changements qui interviennent sur leurs marchés ; du même coup, elles réagissent plus vite. D’ailleurs, notre métier consiste bien à apporter le maximum d’informations à nos clients et de ce fait à les renforcer le plus possible !

Portrait

Hiroaki Hirano, CEO de LowendalMasaï Japon

En chiffres

LowendalMasaï Japon Cabinet de conseil spécialisé  dans l’optimisation des coûts Création : 2003 Effectif : 15 personnes

Par Osamu Uehara

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