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Par François Le Roux

Géopolitique : avis de coups de vent

Brexit, guerre commerciale sino-américaine, extraterritorialité juridique américaine, durcissement des politiques monétaires… les menaces géopolitiques ne manquent pas sur la carte des vœux pour 2019. Les directions achats de tous les grands groupes s’y préparent autant que possible, mais le ralentissement de la croissance ramène un climat d’incertitude qui plaide plus pour la navigation à vue que pour les stratégies de long terme.

Parmi les périls qui guettent l’économie mondiale en 2018, le risque géopolitique incarné par les confrontations entre grandes puissances, ou encore la montée des populismes et les politiques protectionnistes qui les accompagnent, pourrait avoir des incidences sur les stratégies Achats et les politiques de sourcing de certaines entreprises.
Pour les entreprises françaises présentes à l’international, le Brexit constitue dans l’immédiat le principal dossier à gérer. La proximité de l’échéance du 29 mars 2019, date programmée du Brexit, n’y est pas étrangère, avec en ligne de mire une période particulièrement anxiogène, la phase de transition. « Depuis plus d’un an nous nous préparons au Brexit et depuis six mois nous sommes passés à la phase de mise en œuvre, et anticipons les conséquences. Des stocks additionnels sur certaines lignes de produits stratégiques sont en cours de constitution afin d’absorber des délais de livraison et de dédouanement potentiellement plus longs lors de la phase de transition. » explique Alain Frehring, directeur des achats de Safran Landing Systems (130 personnes aux Achats), qui dispose de deux sites au Royaume-Uni représentant près de 20 % de ses achats.
Mathilde Joubert, la directrice des achats du fabricant de matériaux composites Serge Ferrari (65 millions d’euros d’achats et cinq personnes dans le service achats) a pris les mêmes précautions. « Les stocks de composants en provenance du Royaume-Uni sont passés de un à trois mois en prévision de la phase de transition du Brexit », précise-t-elle.

Brexit : des délais rallongés et de nouvelles taxes incertaines


Le plus grand flou domine en ce qui concerne les éventuels droits de douanes auxquels seront assujetties les entreprises. « Une véritable réponse n’est attendue que courant mars » rappelle Stéphane Prudhomme, directeur des achats de Claas Tractor (415 millions d’euros d’achats et 37 personnes au sein de la direction des achats). Les anticipations sur la facture du Brexit varient d’ailleurs sensiblement selon les secteurs. « Un Brexit dur causerait un renchérissement d’un pourcentage à deux chiffres des coûts de tous nos produits importés depuis l’Angleterre » estime David Divialle-Corbière, directeur achats groupe de Daher (600 millions d’euros et 70 personnes aux Achats). Pour sa part, Yves Bataillon Debès, directeur des achats groupe d’Air Liquide (8,3 milliards d’euros d’achats et 830 personnes aux Achats), table sur des droits de douanes de 2 % à 3 % sur les produits importés en cas de Brexit sans accord.
Du côté du nouveau directeur des achats de Sagemcom (1,7 milliard d’euros d’achats et 90 personnes aux Achats voir son profil en page 18), Thibault Decoudun, qui dispose de trois grands clients opérateurs au Royaume-Uni, la sérénité reste de mise : « le Brexit ne devrait pas perturber outre mesure notre activité outre-Manche. Nous n’anticipons aucune nouvelle taxe sur nos gammes de produits ». Seul désagrément à l’horizon pour Sagemcom : « Comme pour toutes les marchandises, les délais de passage aux frontières devraient être rallongés, mais l’impact sera marginal, de l’ordre de 24 à 48 heures ».

Le « made in UK » dans le brouillard


Concernant l’impact du Brexit sur l’activité des entreprises françaises, là encore, les avis restent partagés. Début 2019, les responsables du Medef ont pourtant réitéré leurs inquiétudes face à une sortie sans accord, notamment pour des secteurs comme la pêche et l’agroalimentaire, soulignant que le Royaume-Uni constituait un partenaire de premier rang pour la France. Les exportations françaises outre-Manche s’élèvent à 32 milliards d’euros, pour un excédent de 12 milliards d’euros. Cette crainte n’est toutefois pas généralisée. « Le Brexit ne devrait pas avoir d’impact sur les volumes de nos ventes au Royaume-Uni. Nous avons simplement conseillé à nos clients de passer des commandes groupées pour réduire le nombre de passages en douane et d’éventuels retards de livraison » explique Mathilde Joubert. Les fluctuations de la livre sterling seront surveillées. « Nos activités en Grande-Bretagne sont essentiellement des activités de service pour des clients britanniques. L’impact du Brexit sera limité à la consolidation de nos comptes, en cas de fluctuations de la livre sterling ou de dévaluation » précise David Divialle-Corbière.
Avec le Brexit, le Royaume-Uni s’est néanmoins engagé de l’avis général sur une voie à l’issue potentiellement dangereuse pour le tissu économique national et d’éventuels fournisseurs d’entreprises françaises. « Si nos concurrents ou de grands industriels venaient à délocaliser leurs usines en Europe continentale, la santé financière de nos fournisseurs pourrait en pâtir », estime Stéphane Prudhomme, laissant présager sans la nommer une vague de faillites au Royaume-Uni.

Des approvisionnements britanniques sous surveillance


Pour les entreprises françaises et européennes, le Brexit suscite tout de même de lourdes interrogations quant à la pérennité de leurs sources d’approvisionnements britanniques. « Depuis dix-huit mois, Daher a engagé des processus pour réduire ses risques liés au Brexit, à l’image de l’ensemble des acteurs de la filière aéronautique européenne. Si un hard Brexit se confirme, pour ne pas mettre en péril nos propres clients, nous pourrions continuer à revoir notre sourcing au profit de fournisseurs moins risqués que nos actuels partenaires britanniques, en privilégiant des fournisseurs situés en Europe continentale, voire aux États-Unis, au Mexique ou au Maroc » explique David Divialle-Corbière. Cette volonté de sécuriser la supply chain est généralisée à tous les secteurs d’activité. « Notre dépendance vis-à-vis du Royaume-Uni en matière de sourcing se limite véritablement à un fournisseur stratégique. Pour parer à toute éventualité et sécuriser nos approvisionnements, nous avons d’ores et déjà lancé un appel d’offres visant une diversification géographique » confirme Yves Bataillon Debès.
Les entreprises se sont par ailleurs mobilisées pour palier d’éventuels changements des processus de certification qu’entraînerait un Brexit et s’assurer que leurs composants et produits passeront toujours la frontière sans encombre. « Un important travail de documentation a été effectué pour pérenniser les certifications de nos produits, notamment les moteurs, une fois le Brexit rentré en vigueur » déclare Stéphane Prudhomme (Claas Tractor), tout en ajoutant « Nous avons constitué des stocks de composants en Europe comme au Royaume-Uni pour éviter toute rupture de notre supply chain durant la période de transition du Brexit ».

Le coût de la guerre commerciale sino-américaine


Le bras de fer commercial entre les États-Unis et la Chine occupe également les esprits, ses répercussions sur le long terme pouvant se révéler bien plus profondes que le Brexit. « La montée du protectionnisme dans le sillage de la guerre commerciale lancée par les États-Unis constitue un sujet de préoccupation. Ses effets se ressentent d’ores et déjà sur l’économie mondiale. Pourtant les taxes douanières sur les produits chinois ne touchent aujourd’hui que 50 milliards de dollars. Mais Donald Trump menace d’imposer la Chine à hauteur de 500 milliards de dollars » avertit Elvire Régnier-Lussier, directrice des achats Groupe du spécialiste des oléagineux Avril (1,3 milliard d’euros d’achats et 30 personnes aux Achats).
Un no deal entre Washington et Pékin aurait fatalement un impact pour toutes les entreprises opérant aux Etats-Unis si les deux grandes puissances économiques mondiales relevaient leurs taxes douanières, avec un renchérissement immédiat des composants importés de Chine entrant dans la composition de leurs produits finaux. Réciproquement, les entreprises présentes en Chine et utilisant des composants américains seraient aussi pénalisées. « Nous avons estimé que l’absence d’accord entre les Etats-Unis et la Chine pourrait engendrer des hausses de prix de l’ordre de 5 % à 10 % pour une part de nos achats » indique Benoît Avril, directeur des achats de JCDecaux, tout en précisant que « globalement, l’impact serait marginal. Cela ne toucherait que quelques millions d›euros sur plus de 700 millions d’euros d’achats effectués par l’ensemble du groupe JCDecaux ».

La menace de l’extraterritorialité juridique américaine


Face à la bataille commerciale engagée par les États-Unis, l’absence de réponse tangible de l’Europe constitue une faiblesse structurelle pour les entreprises européennes. Début 2018, l’Union européenne s’était contentée de menacer de taxer davantage les produits de plusieurs entreprises emblématiques comme les motos Harley-Davidson, les jeans Levi’s ou le bourbon face à la décision de Donald Trump de taxer les importations d’acier et d’aluminium. « Même si la réactivité de l’Europe à 28 s’est améliorée, ses entreprises restent pénalisées face à de grands blocs, comme les États-Unis, le Brésil, la Chine, susceptibles de modifier leurs réglementations, notamment douanières, en l’espace de moins d’un trimestre », constate Benoît Avril.
Le manque de réactivité face au péril d’une hausse des barrières douanières n’est pas seul en cause. La fébrilité de l’Union européenne face à l’épée de Damoclès constituée par l’extraterritorialité de la législation américaine est également criante dans le climat de compétition commerciale que se livre les grandes zones économiques. Total, Thalès, PSA et Renault ont ainsi dû renoncer à établir ou poursuivre leurs activités commerciales avec l’Iran, sous peine de lourdes sanctions américaines.
Sous l’impulsion de la France, l’Union européenne tente actuellement de mettre en œuvre un outil, baptisé « véhicule spécial », destiné à contourner partiellement un embargo américain, mais les discussions au sein des 28 n’ont à ce stade pas abouti. « Parallèlement à l’instauration de taxes douanières, les États-Unis disposent d’un puissant arsenal juridique extra territorial pour sanctionner les entreprises commerçant avec des pays comme l’Iran. Il n’est pas certain que les entreprises européennes prennent le risque de commercer avec des pays sous embargo américain, même si la Commission européenne parvenait à voter l’instauration du "véhicule spécial" » estime toutefois Philippe Grall, directeur des achats du sous-traitant automobile Walor (150 millions d’euros d’achats et 16 personnes aux Achats).

Un nouvel attrait des fournisseurs chinois pour l’Europe


Paradoxalement, l’absence d’accord entre les États-Unis et la Chine pourrait apporter quelques motifs de satisfaction aux entreprises européennes. « Le bras de fer commercial entre les États-Unis et la Chine crée des opportunités. La Chine cherche à vendre plus en Europe, ce qui en matière de sourcing permet de bénéficier de tarifs avantageux. Par ailleurs, certains de nos fournisseurs nous ont indiqué être sollicités par de nouveaux clients américains. Les logiques du commerce mondial sont quelque peu redistribuées » explique Mathilde Joubert (Serge Ferrari). Les experts de la Cnuced (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) ont ainsi estimé que, en cas de hausse à 25 % des barrières douanières américaines sur les produits chinois, les exportateurs européens récupéreraient 50 milliards de dollars sur les produits chinois jusqu’alors vendus en Amérique, et 20 milliards de dollars sur les produits américains vendus en Chine.
Si la perspective de taxes généralisées à l’entrée des États-Unis peut créer des sueurs froides, ces barrières douanières restent à ce stade hypothétiques. « Une hausse des taxes douanières sur nos importations aux États-Unis serait pénalisante. Mais à ce jour cette hypothèse ne constitue nullement un risque avéré, même si le repli sur soi des États-Unis impose une certaine vigilance » rappelle David Divialle-Corbière, tout en soulignant l’importance du marché nord-américain pour Daher qui représente aujourd’hui 15 % des ventes du groupe, « avec plus de la moitié des nouveaux projets signés outre-Atlantique ».

Gare aux positions de long terme


Prenant acte des tensions commerciales existantes et de la montée des risques politiques, le Fonds monétaire international n’a pas hésité lors du Forum de Davos en janvier, à abaisser ses prévisions de croissance mondiale pour 2019. Le FMI table désormais sur une croissance de 3,5 % cette année, soit 0,2 point de moins que sa précédente estimation d’octobre qui avait déjà été abaissée. « Après onze années d’expansion ininterrompue aux États-Unis, la croissance mondiale a mangé son pain blanc. Si une nouvelle crise économique n’est pas pressentie dans l’immédiat, un ralentissement de l’activité mondiale se dessine a priori pour 2019 ou 2020. Pour le second semestre 2019, les carnets de commandes des producteurs d’acier, qui constituent un véritable indicateur avancé de l’activité ont du mal à se remplir, signe d’une certaine incertitude sur les perspectives économiques pour les prochains mois » analyse Philippe Grall.
La nature de la croissance économique mondiale a en tout cas changé au passage de 2019. « Après une période de grande visibilité et de croissance, 2019 marque le retour des incertitudes. La croissance est toujours présente mais plus erratique. Nous notons une forte accélération des cycles », explique Mathilde Joubert. Face à ce changement d’environnement, les entreprises ont dû adapter leurs stratégies. « 2019 s’apparente à une année de basculement. En 2018, l’économie mondiale affichait une belle santé, tirant notre activité. Le défi était de trouver des composants. Nous avons en l’occurrence été amenés à faire des stocks et à prendre des engagements sur le long terme avec nos fournisseurs. Cette année, c’est le contraire. Il faut éviter de faire des stocks, ne pas prendre d’engagements sur le long terme et renégocier le plus souvent possible » détaille Thibault Decoudun (Sagemcom), tout en ajoutant : « les durées de cycle sont de plus en plus courtes, de un à deux ans contre trois à cinq ans au préalable ».

L’automobile et l’électronique en état d’alerte


Pour les entreprises, l’impact du ralentissement de la croissance variera toutefois grandement en fonction de la nature de leur activité. Les secteurs cycliques seront les premiers à subir cette baisse de régime. « La contraction de l’économie mondiale constitue une véritable d’inquiétude pour 2019. L’industrie électronique y est particulièrement sensible dans le contexte de guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, tout comme le secteur automobile, Pékin tablant sur un recul de son marché automobile de l’ordre de 4 % par trimestre, après un repli de 3 % en 2018, une première après 30 ans d’expansion continue » indique Thibault Decoudun.
Dans des secteurs qui bénéficient par nature d’une grande visibilité sur leurs carnets de commandes, comme l’aéronautique le ralentissement de la croissance mondiale n’inquiète pas outre mesure et la perspective d’une récession mondiale n’est nullement évoquée. « Nous ne sommes pas dans la configuration de 2009-2010, période à laquelle l’économie mondiale s’était grippée et les compagnies aériennes repoussaient ou gelaient leurs commandes d’avions » souligne Alain Frehring, tout en soulignant la bonne santé persistante de l’aéronautique : « Le ralentissement de la conjoncture mondiale sur fond de bras de fer commercial entre les États-Unis et la Chine n’a pour le moment pas d’incidence sur notre activité. Les carnets de commandes dans l’aéronautique restent florissants. Le défi réside au contraire dans la capacité à continuer à accroître les rythmes de production et continuer à renforcer notre Supply Chain externe ».

Argent plus cher, salaires en hausse en Europe de l’Est…


Les politiques monétaires des grandes banques centrales, dont la BCE, seront également attentivement scrutées, avec la fin annoncée des stratégies d’assouplissement monétaire. « L’économie mondiale se caractérise actuellement par un renchérissement du coût du loyer de l’argent. Les taux d’intérêt américains et le dollar remontent avec la fin du QE (Quantitative Easing) de la Fed. La BCE devrait suivre, même si dans l’immédiat un resserrement de sa politique monétaire est peu probable, sauf hausse surprise de l’inflation. Et même en cas de hausse des taux dans la zone euro, un décalage persistera sur les deux à trois prochaines années avec les États-Unis », déclare Christophe Allain, directeur achats métaux non-ferreux groupe de Nexans (4 milliards d’euros d’achats et 200 personnes dans le service achats).
Son confrère de Claas Tractor, Stéphane Prudhomme, s’étonne tout de même du faible écho relatif aux hausses de salaires en Europe de l’est : « Le coût de la main-d’œuvre a sensiblement progressé en Europe de l’est depuis deux ans. Les hausses de salaires en Hongrie sont de 20 % et la Pologne affiche également une croissance à deux chiffres ».
2019 pourrait également marquer un regain de volatilité sur les marchés des changes. « Nos achats sont réalisés à 95 % en dollar. En revanche, nos recettes sont multi-devises, relève le directeur des achats de Sagemcom. Les dévaluations de toutes les monnaies, comme récemment le peso argentin ou la livre turque, sont donc attentivement surveillées, nos clients ne pouvant plus acheter les mêmes quantités de matériels. Quand c’est possible, nous essayons d’indexer nos contrats sur le dollar. Mais dans le cas d’une dévaluation de 30 % à 40 %, le contrat est quoi qu’il en soit caduque. » Mais les entreprises sont plus que jamais en ordre de bataille pour minimiser l’impact des variations de changes. C’est en particulier le cas chez JCDecaux, où Benoît Avril explique : « nous sommes relativement bien protégés contre les fluctuations observées sur les devises et en particulier les monnaies des pays émergents puisque nos achats, essentiellement en euro, dollar et renminbi, font systématiquement l’objet d’une couverture de change par notre direction trésorerie et financement. »
Malgré la montée des barrières douanières et le ralentissement de la croissance aux États-Unis, en Chine et en Europe, une nouvelle crise économique comparable à 2008 n’est pas anticipée par les acteurs économiques. Comme à l’issue de toute phase d’expansion, une période de vaches maigres de deux à trois ans n’est pas exclue. Mais en bon ordre.
Portraits

Alain Frehring
Directeur des achats, Safran Landing Systems


" Des stocks additionnels sur certaines lignes de produits stratégiques sont en cours de constitution "




David Divialle Corbière
Directeur des achats, Daher


" Un Brexit dur causerait un renchérissement d’un pourcentage à deux chiffres des coûts de tous nos produits importés depuis l’Angleterre "



Yves Bataillon Debès
Directeur des achats groupe, Air Liquide


" Notre dépendance vis-à-vis du Royaume-Uni en matière de sourcing se limite véritablement à un fournisseur stratégique "




Benoit Avril
Directeur des achats, JCDecaux

" L’absence d’accord entre les États-Unis et la Chine pourrait engendrer des hausses de prix de l’ordre de 5 % à 10 % pour une part de nos achats "



Mathilde Joubert
Directrice des achats, Serge Ferrari


" La Chine cherche à vendre plus en Europe, ce qui en matière de sourcing permet de bénéficier de tarifs avantageux "

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