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La Lettre des Achats - Décembre 2018 N°277
Décembre 2018

Éditorial

Encadrés

Par la rédaction

Encadrés

Organisé par le CNA, le 4e Forum des Achats Publics Achats Publics était hébergé cette année par le ministère des Armées, à l’intérieur de son ultramoderne ensemble de bâtiments,quartier Balard, le Pentagone à la française. À voir arriver la ministre des Armées, Florence Parly, devant tous les participants invités à se lever par un militaire, quasiment au garde à vous, l’observateur (exempté !) pouvait risquer une pensée taquine : « cette fois, c’est parti, les dépenses publiques n’ont qu’à bien se ternir ! Ça sonne comme une reprise en mains. Elles seront belles et bien maîtrisées. Rompez ! ».

Hasard du calendrier, ce 15 novembre serait le jour « à partir duquel l’Etat français ne couvre plus ses dépenses par ses recettes » selon Le Point qui cite comme source l’institut économique Molinari (un think tank libéral basé à Paris, Bruxelles et Montréal). L’affaire est sérieuse. Le triptyque déficit-dette-dépenses alimente le débat public depuis longtemps. Pour 2019, le projet de loi de finances laisse apparaître un déficit de près de 99 milliards d’euros, l’écart entre les recettes (291 milliards) et les dépenses (390 milliards). L’an prochain, la part des dépenses publiques dans le PIB, à 54 %, ne baissera toujours pas. La vérité, c’est que ces dépenses continuent de progresser. La dette (2 400 milliards d’euros) frôlera les 100 % du PIB. Le service de cette dette sera de 42 milliards d’euros. À comparer aux montants des achats de l’Etat soit 31 milliards d’euros, 15 milliards pour les achats de défense et sécurité, et 16 milliards pour les autres catégories de dépenses comme l’immobilier, les prestations, les fournitures, les véhicules, l’énergie, l’informatique et les télécoms, etc. De tous ces chiffres, il n’a pas été question lors de ce Forum des Achats Publics. La ministre ne rappelle pas les objectifs. Pas de faux semblant. L’enjeu des dépenses publiques n’est plus à démontrer. Pour autant, le message claque et ne souffre pas la contestation. Science complexe, sport de combat, art nécessaire, les images pour décrire cette vision nouvelle des achats dans la sphère de l’Etat se superposent jusqu’à la conclusion : ces achats doivent être simples, innovants, numériques. Des opérateurs aux répondants. Après, libre à chacun de percevoir toutes les nuances : des achats imaginatifs, responsables, curieux, ouverts au monde extérieur, aux PME, aux startups, etc. Etat, collectivités, santé, tous les intervenants qui se sont succédé à la tribune avaient la même feuille de route.
Nous consacrons justement une bonne part de ce numéro aux achats publics. Un dossier très complet qui détaille l’exceptionnel maillage mis en place depuis la DAE (Direction des Achats de l’Etat) jusqu’aux établissements de santé, en passant par les ministères et leurs plateformes régionales. Le mouvement est parti. Il a des allures d’organisation matricielle. Les collectivités territoriales ne sont pas en reste. Les baisses de dotation fixent de nouvelles exigences. Toutes les régions présentent peu ou prou un organigramme achats. Les élus se convertissent aux nouvelles approches de la commande publique : analyse des besoins, anticipation, sourcing, qualifications des fournisseurs, mesure de la performance, etc. Autre bonne nouvelle : la professionnalisation des équipes s’accélère, grâce au transfert de compétences entre privé et public. Si la haute fonction publique a gagné depuis longtemps le coeur des entreprises, les cadres du privé n’hésitent plus à rejoindre les institutions publiques. Un terrain d’opérations de plus en plus quadrillé pour répondre à ce qui ressemble à un vrai plan de bataille : réduire les coûts mais aussi créer de la valeur pour le citoyen.

Par la rédaction

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